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	<title>Michel Louis Lévy</title>
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	<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 10:33:37 +0000</pubDate>
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		<title>19. Le Salut et le Sauveur</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 21:14:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Il vient un moment pour tout auteur, et Moïse en était un, où l&#8217;œuvre étant jugée satisfaisante, il convient de la garder en l&#8217;état et de la soumettre à des tiers. Cela s’appelle aujourd’hui «sauvegarder un fichier, to save a file». 
Il ne s’agit pas seulement de conserver un travail achevé - texte, programme, image&#8230; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il vient un moment pour tout auteur, et Moïse en était un, où l&#8217;œuvre étant jugée satisfaisante, il convient de la garder en l&#8217;état et de la soumettre à des tiers. Cela s’appelle aujourd’hui «sauvegarder un fichier, <em>to save a file</em>». </p>
<p><span id="more-721"></span>Il ne s’agit pas seulement de conserver un travail achevé - texte, programme, image&#8230; - il s’agit aussi de le privilégier entre tous les brouillons, essais, tentatives et tâtonnements qui n’ont pas été retenus, en espérant qu’au moins un lecteur, utilisateur ou spectateur en prendra connaissance. Il ne suffit pas d’avoir écrit un message. Et l’avoir envoyé, “bouteille à la mer”. Encore faut-il qu’il soit ouvert et lu. Élu.</p>
<p><strong>Salut individuel et collectif</strong></p>
<p>Notre première cellule contient un assortiment des gènes de notre père et de notre mère, sauvegardé par le Hasard, béni soit-Il, à la suite d’une course folle de milliers de spermatozoïdes, dont le plus rapide gagne le privilège de féconder l&#8217;ovule maternel. Après les Frères Jacques (<em>Les trois cents millions</em>) et Woody Allen (<em>Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander</em>), Jean-Jacques Goldman a chanté cette course dans &#8220;<em>Bonne idée</em>&#8221; :<br />
<em>Qu&#8217;importe si j&#8217;ai gagné la course, et parmi des milliers<br />
Nous avons tous été vainqueurs même le dernier des derniers<br />
Une fois au moins les meilleurs, nous qui sommes nés.</em></p>
<p>À peine sortis d&#8217;Egypte, les Enfants d&#8217;Israël se retrouvent coincés, face à la Mer, avec la cavalerie de Pharaon à leurs trousses. Ils se plaignent à Moïse avec véhémence   : &#8220;<em>Pourquoi nous as-tu fait sortir ? Nous aurions préféré servir les Egyptiens plutôt que mourir au désert ! </em> À quoi Moïse répond : &#8220;<em>Ne craignez rien, restez en place, et regardez le salut (AT-YSWŒT </em>Ète-Yeshou&#8217;at<em>) que YHWH va vous accorder en ce jour</em> (<em>Exode</em> 14, 12-13). Là-dessus, Moïse lève son bâton, la Mer s&#8217;ouvre, Israël passe à pied sec, la Mer se referme, l&#8217;armée de Pharaon est engloutie. &#8220;<em>Alors Moïse et les enfants d&#8217;Israël chantèrent ce cantique à YHWH. Ils dirent: Je chanterai à YHWH, (&#8230;) Il est pour moi le salut (WYHY-LY LYSWŒH, </em>Vayehi-Ly LiYeshou&#8217;a)&#8221; (<em>Exode</em> 15, 1-2). </p>
<p>Le &#8220;salut&#8221;, c&#8217;est en français le fait d&#8217;être sauvé. Ici, le salut, YSWŒ, <em>Yeshu&#8217;a</em>, est à la fois individuel (Il est &#8220;pour moi&#8221; le salut) et collectif : tous les Enfants d&#8217;Israël entonnent le cantique. On retrouve cette signification de &#8220;<em>to save</em>&#8221; dans le &#8220;<em>God save the King (Queen)</em>&#8221; britannique. Un membre d&#8217;une entité transcendante sait que non seulement son existence personnelle, mais aussi la trace qu&#8217;il laissera, dépendent de la sauvegarde de cette entité. Quand nous nous exclamons &#8220;Vive la République !&#8221;, c&#8217;est que non seulement la stabilité de notre existence actuelle, mais aussi la bonne administration de notre parentèle, de notre dépouille et de nos biens après notre mort, dépendent de la pérennité des institutions de la Républque. </p>
<p>Au passage, notons que &#8220;chanter le cantique&#8221;, YSYR AT-HSYRH, <em>Yashir Ète-HaShirah</em>, assonne avec YSRAL, Israël. Comme déjà vu, Israël, ce n&#8217;est pas seulement celui qui lutte avec Dieu, c&#8217;est aussi celui qui chante avec, ou pour, Dieu.</p>
<p><strong>La guerre contre Amaleq</strong></p>
<p>Un peu plus loin, en <em>Exode</em> 17, alors qu&#8217;Israël chemine vers le Sinaï, Amaleq (ŒMLQ) l&#8217;attaque sans aucune raison.  Apparaît alors le personnage de Josué, YHWSŒ, <em>Yehochou&#8217;a</em> : &#8220;<em>Alors Moïse dit à Josué: Choisis-nous des hommes, sors, et combats &#8216;Amaleq; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main. Josué fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amaleq. Et Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline. Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort; et lorsqu&#8217;il baissait sa main, Amaleq était le plus fort. Les mains de Moïse étant fatiguées, ils prirent une pierre qu&#8217;ils placèrent sous lui, et il s&#8217;assit dessus. Aaron et Hur soutenaient ses mains, l&#8217;un d&#8217;un côté, l&#8217;autre de l&#8217;autre; et ses mains restèrent fermes jusqu&#8217;au coucher du soleil. Et Josué vainquit Amaleq et son peuple, au tranchant de l&#8217;épée</em>&#8221; (<em>Exode</em> 17, 9-13). </p>
<p>Contre l&#8217;hostilité des forces naturelles, le salut vient à celui, individu ou peuple, qui ne renonce pas, qui ne baisse pas les bras. Face aux multiples dangers qui assaillent l&#8217;embryon puis le foetus, beaucoup succombent. Si vous êtes là, c&#8217;est que vous y avez échappé. &#8220;<em>L&#8217;Eternel dit à Moïse: &#8220;Ecris cela pour t&#8217;en souvenir (ÇKRWN, <em>Zikharone</em>) dans le livre (BXFR, <em>BaSefer</em>), et déclare à Josué que j&#8217;effacerai le souvenir (ÇKR, <em>Zékhèr</em>)  d&#8217;Amaleq de dessous les cieux. Moïse (&#8230;) dit: Parce que la main a été levée sur le trône de YHWH, il y aura guerre de YHWH contre Amaleq, de génération en génération</em>&#8221; (MDR DR, <em>MiDor Dor</em>)&#8221;. Chaque nouvelle conception humaine est soumise aux mêmes dangers, mais chaque naissance vivante témoigne de la victoire d&#8217;une force transcendante. C&#8217;est le mérite d&#8217;Israël de répandre l&#8217;habitude de la noter dans un registre, de l&#8217;&#8221;enregistrer&#8221;.</p>
<p>Dans la version grecque de la Septante, Josué est transcrit ἰησοῦς, comme Jésus. Dans l’édition dirigée par Cécile Dogniez et Marguerite Harl (« <em>Le Pentateuque. La Bible d’Alexandrie</em>« , Gallimard, Folio-Essais, 2001), deux notes p. 731-732 précisent : « <em>Il n’y a pas de raison de distinguer en français ce qui est dit de la même manière dans la Septante et dans le Nouveau Testament, puisque c’est le même nom pour les deux personnages. Les Pères ne manqueront pas d’utiliser cette homonymie: c’est « Jésus [Christ]&#8221; qui assurera la victoire finale sur Amaleq. (&#8230;) Le geste de Moïse illustre pour la tradition juive le pouvoir de la prière et, pour les chrétiens, la puissance de la croix figurée par l&#8217;extension des bras de Moïse</em>&#8220;.</p>
<p><strong>Les explorateurs</strong></p>
<p>Au chapitre 13 du livre des <em>Nombres</em>, Moïse choisit douze explorateurs, un par tribu, chargés de reconnaître le pays de Canaan. Au verset 16, il ajoute un <em>Yod</em> initial au nom de HWSŒ, <em>Hoché&#8217;a</em>, fils de <em>Noun</em>, transcrit en général par &#8220;Osée&#8221;, et qui signifie « Sauvé » ; le nom devient alors YHWSŒ, <em>Yehochou&#8217;a</em>, Josué, « il sauvera », ce qui transforme ce &#8220;Sauvé&#8221; en un possible Sauveur. Abram et Saraï étaient devenus Abraham et Sarah en devenant de futurs parents, Jacob était devenu Israël en passant du statut de fils à celui d&#8217;ancêtre, Osée devient Josué en partant découvrir le pays dont il fera la conquête. Tout fils a vocation à devenir père, tout lieutenant commandant, tout donataire donateur. </p>
<p><em>Noun</em>, ce fut d&#8217;abord &#8220;l’Océan primordial&#8221;, la &#8220;soupe primitive&#8221;, dans le panthéon de l’Égypte antique. C&#8217;est devenu la quatorzième lettre de l’alphabet hébreu (N est toujours la quatorzième lettre de notre alphabet). Or quatorze, c&#8217;est le nombre de morceaux du corps d&#8217;Osiris, que disperse le méchant Seth, son frère, et que recherche Isis, leur sœur ; elle les retrouve un par un et reconstitue son frère qui renaît à la vie…  Quatorze, la double semaine, c&#8217;est le nombre de jours qui séparent la Nouvelle Lune de la Pleine Lune ; quatorze jours et quatorze morceaux pour former un dieu à l’image de l’homme, et non à tête de babouin, de crocodile ou de faucon.  Moïse s&#8217;en souvient en décidant que  &#8220;<em>le premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir</em>&#8221; (<em>Exode</em> 12, 18), était le jour de <em>Pessa&#8217;h</em>, de la Sortie d&#8217;Egypte des Enfants d&#8217;Israël. Et en décidant que Josué était &#8220;fils de <em>Noun</em>&#8220;, il le faisait présider à ce mystère suprême, à ce miracle de l&#8221;Incarnation&#8221;, dont chacun de nous est issu, la fécondation de chaque mère par chaque père. Josué devenait ainsi symétrique de <em>Efrone</em>, ŒFRWN, le fils de <em>&#8216;Het</em>, qui préside à l&#8217;Inhumation, <em>Noun</em>, quatorzième lettre, et <em>&#8216;Het</em>, huitième, étant les deux lettres qui, dans un sens, composent le nom de Noé, NE, <em>Noa&#8217;h</em>, et, dans l&#8217;autre, celui de EN, <em>&#8216;Hen</em>, la Grâce. </p>
<p>Les douze explorateurs font un récit enthousiaste, ce pays &#8220;ruisselle de lait et de miel&#8221;. Mais dix d’entre eux ne croient pas possible d’en faire la conquête, tant sont redoutables ses habitants. Il n’y en a que deux à avoir confiance en la Providence, bénie soit-Elle : <em>Caleb</em>, fils de <em>Yefouné</em>, et <em>Josué</em> fils de <em>Noun</em>, les seuls à échapper au châtiment divin, à survivre aux quarante ans de désert et à entrer en Terre promise. Ces deux finalistes de la course évoquent la célèbre boutade de Mark Twain, qui expliquait son pseudonyme (<em>Twain</em> est une prononciation américaine de <em>Twin</em>, jumeau) par le fait qu’à sa naissance sa mère attendait des jumeaux. « <em>Oui, disait-il, je me demande qui, de mon frère jumeau ou de moi, est mort à la naissance, nous nous ressemblions tellement.</em> ».  En l&#8217;occurrence, c&#8217;est à Josué, fils de Noun, que Moïse confie la sauvegarde du Livre et du Peuple. Après Josué, une fois la Terre d&#8217;Israël conquise, le Peuple sera chargé de sa propre sauvegarde et de celle du Livre, assurées &#8220;de génération en génération&#8221;, DR WDR, <em>Dor vaDor</em>, à ses risques et périls. </p>
<p><strong>Rites d&#8217;automne et de printemps</strong></p>
<p>YSWŒ, <em>Yeshou&#8217;a</em>, le Salut, est un concept souvent manié par les Prophètes, en particulier Isaïe, YSŒYHW, <em>Yeschayahou</em>. Dans les invocations des Psaumes, il apparaît conjointement avec le verbe HWSYŒ, <em>Hoshy&#8217;a</em>, par exemple sous la forme HWSYŒNY, <em>Hoshy’ény</em>, « Sauvegarde-moi ! » (Voir A 34 : <em><a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/10/17/hosanna/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Hosanna !</a></em>).  Dans le psaume 118, verset 25, figure l’invocation ANA YHWH HWSYŒH NA ! <em>Ana Adonaï Hoshy’ah-Na !</em> Ah Adonaï sauvegarde donc ! </p>
<p>Durant les six premiers jours de <em>Soukkot</em>, la fête des Cabanes, les fidèles en procession font le tour de l’estrade où est lue la Torah, les palmes en main, au rythme d’hymnes dont le refrain est &#8220; <em>Hosha‘-na !</em>  ». Le septième jour, dit <em>Hosha‘na Rabba</em>, le « grand Hosha’na », on fait sept fois le tour de la Torah. Or c’est par l’acclamation « Hosanna ! » du Psaume 118 que la foule accueille Jésus à Jérusalem le jour des Rameaux :<br />
« <em>Les foules le précédaient et le suivaient en criant : Hosanna pour le Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! </em>» (<em>Matthieu</em> 21,9)</p>
<p>Comment le rite de Soukkot, fête d&#8217;automne, est devenu celui des Rameaux, fête de printemps, n&#8217;est pas expliqué dans les livres d&#8217;histoire, encore moins dans ceux d&#8217;histoire sainte.  De même, on n&#8217;explique pas que la généalogie messianique qui ouvre l’Évangile de Matthieu fait discrètement référence à <em>Josué</em>, fils de <em>Noun</em> : <em>Matthieu</em>, 1, 17-21 : &#8220;<em>Il y a donc en tout <strong>quatorze</strong> générations d&#8217;Abraham jusqu’à David, <strong>quatorze</strong> générations de David jusqu’à la déportation à Babylone, et <strong>quatorze</strong> générations de la déportation à Babylone jusqu’au Christ (&#8230;) Un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : &#8220;( &#8230; Marie, ta femme, &#8230;) enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de <strong>Jésus</strong> ; c’est lui qui <strong>sauvera</strong> son peuple de ses péchés.</em>.</p>
<p>« Saluer » quelqu’un, c’est lui souhaiter le « Salut », la survie. Dieu vous garde !</p>
<p>À suivre</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/category/la-revelation/">Liste des chapitres précédents</a><br />
1. Le parti monothéiste<br />
2. L’ordre alphabétique<br />
3. Que la lumière soit !<br />
4. La nomination des jours<br />
5. L’Arche de Moïse<br />
6. La Tour du babil<br />
7. Des noms chargés de sens<br />
8. Son Altesse le père (Abraham)<br />
9. On rira (Isaac)<br />
10. Le double et la moitié<br />
11. Maîtresse femme (Sarah)<br />
12. Par malice ou par ruse (Jacob)<br />
13. Le quatrième fils (Juda)<br />
14. Il y a une récompense (Issacar)<br />
15. Le nom de famille (Rachel)<br />
16. La bavure (Dina)<br />
17. Le Nom imprononçable (YHWH)<br />
18. Les cornes de Moïse (Cyrène)<br />
19. Le Salut et le Sauveur (Josué)</p>
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		<title>18. Les cornes de Moïse</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/24/18-les-cornes-de-moise/</link>
		<comments>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/24/18-les-cornes-de-moise/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 21:30:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la célèbre statue de Michel-Ange, Moïse porte deux petites cornes, souvent attribuées à une erreur qu&#8217;aurait commise Jérôme de Stridon, auteur vers l&#8217;an 400 de la &#8220;Vulgate&#8221;, traduction de la Bible hébraïque en latin.
Rayonnement
La dite erreur concernerait Exode 34, 29 et 30, puis 35 : “Lorsque Moïse redescendit de la montagne du Sinaï, les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la célèbre statue de Michel-Ange, Moïse porte deux petites cornes, souvent attribuées à une erreur qu&#8217;aurait commise Jérôme de Stridon, auteur vers l&#8217;an 400 de la &#8220;Vulgate&#8221;, traduction de la Bible hébraïque en latin.</p>
<p><span id="more-720"></span><strong>Rayonnement</strong></p>
<p>La dite erreur concernerait <em>Exode</em> 34, 29 et 30, puis 35 : “<em>Lorsque Moïse redescendit de la montagne du Sinaï, les deux tables du Témoignage étaient dans la main de Moïse ; quand il descendit de la montagne, Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait (QRN, </em>Qarane<em>) parce qu’il avait parlé avec Lui. Aaron et tous les Enfants d&#8217;Israël virent Moïse, et voici que la peau de son visage rayonnait (QRN, </em>Qarane<em>), et ils avaient peur de l’approcher (…) et les Enfants d&#8217;Israël voyaient le visage de Moïse rayonner (QRN, </em>Qarane<em>)</em>”.</p>
<p>Pour rendre ce triple QRN <em>Qarane</em>, la Vulgate porte &#8220;<em>cornuta</em>&#8220;, ce qui donne à Moïse un visage (<em>facies</em>) &#8220;cornu&#8221;. Il ne s&#8217;agit pas là d&#8217;une simple assonnance (QoRNu ?). QRN, vocalisé <em>Qérène</em>, signifie bel et bien “corne”. La première occurrence de QRN dans la Torah est celle de <em>Genèse</em> 22, 13 dans laquelle QRN désigne les cornes du bélier substitué à Isaac ligoté : « Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson &#8220;par les cornes&#8221; (BQRNYW, <em>Beqarnayiv</em>) ». Ensuite une occurrence fréquente est celle des « cornes de l’autel » (QRNT HMÇBE, <em>Qarenot’ HaMizbéa’h</em>) du Désert. Celles-ci évoquent les quatre pointes d’une &#8220;couronne&#8221; (<em>QouRoNne</em> ?). &#8220;<em>L&#8217;interprétation des Pères de l&#8217;Eglise fera de ces cornes une allégorie de la croix du Christ, de sa puissance et de la diffusion du salut aux quatre coins de l&#8217;Univers</em>&#8221; (1). Remarquons au passage que ces quatre cornes sont aux quatre coins de l&#8217;autel, et qu&#8217;en anglais &#8220;coin&#8221; se dit <em>corner</em>. </p>
<p>Le rayonnement de Moïse se retrouvera dans l’épisode évangélique de la “Transfiguration” (<em>Matthieu</em> 17:1-9; <em>Marc</em> 9:2-10; <em>Luc </em>9: 28-36), Moïse, symbole de la Loi, qui descend du Sinaï, et Elie, symbole des Prophètes, qui monte au Ciel, fusionnent en Jésus, le Salut, qui rayonne seul : (<em>Matthieu</em>, 17, 2) &#8221; <em>Il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière</em>&#8220;. Il y a là l&#8217;origine de l’iconographie chrétienne, dans laquelle le « rayonnement » des Saints est figuré par une « auréole ». Précisément, c’est la peau, ŒWR, <em>‘Or</em>, du visage de Moïse qui rayonne : QRN ŒWR FNY, <em>Qarane ‘Or Peney</em> : &#8220;la peau de son visage rayonnait&#8221;. ŒWR, <em>‘Or</em>, peau, avec un <em>‘Ayin</em>, est très proche de AWR, <em>Or,</em> Lumière, avec un <em>Alef</em> : YHY AWR, Yehi <em>Or</em>, &#8220;Que la Lumière soit&#8221;. Si Michel-Ange avait mis une auréole à Moïse, il l&#8217;aurait abusivement christianisé, et son chef d&#8217;œuvre n&#8217;en serait pas un&#8230;</p>
<p>Dans cet épisode, les &#8220;cornes&#8221; ont disparu. Le grec a trouvé d&#8217;autres mots pour &#8220;rayonner&#8221; ou &#8220;resplendir&#8221;. Mais la racine QRN réapparaît de façon inattendue dans les Évangiles. &#8220;<em>Lorsque Jésus porte narrativement sa croix durant la Passion, il bénéficie, chez Matthieu, Marc et Luc, de l&#8217;aide de Simon &#8220;de Cyrène&#8221;. Pourquoi &#8220;de Cyrène&#8221; ? - parce que &#8220;Cyrène&#8221; est, en hébreu, le jumeau de la racine QRN, que QRN y est &#8220;la corne, la force&#8221;, et que QRN, dans la Bible, s&#8217;accouple très volontiers avec la racine YSŒ/&#8221;sauver&#8221; (racine de Jésus YSWŒ, </em>Yeshou&#8217;a<em>, et de Josué, YHWSŒ, </em>Yehoshu&#8217;a<em>) pour y désigner &#8220;la force - la corne - du Salut&#8221; (cf. </em>2Samuel<em> 22, 3, </em>Psaume<em> 18, 3). De sorte que la Cyrène d&#8217;où est soi-disant originaire (ce Simon) n&#8217;est, en réalité, qu&#8217;un lieu obtenu par midrash</em>&#8221; (2). </p>
<p><strong>Elaborations midrashiques</strong></p>
<p>Rappelons que “Cyrène”, capitale de la Cyrénaïque, sur la côte libyenne, à mi-chemin entre Alexandrie et Carthage, fut un comptoir phénicien (= punique) avant d&#8217;être colonie grecque puis romaine. Son nom est en grec <em>Kurênê</em>, avec un <em>Kappa</em>. La thèse de Bernard Dubourg est que les évènements rapportés dans le Nouveau Testament n&#8217;ont rien d&#8217;&#8221;historique&#8221; (ni, en l&#8217;occurrence, de &#8220;géographique&#8221;) mais résultent d&#8217;élaborations sur le texte hébraïque de l&#8217;Ancien par les procédés connus sous le nom générique de &#8220;<em>midrash</em>&#8220;.</p>
<p>Le soleil a de nombreux rayons, l&#8217;autel a quatre cornes, le cerf a des cornes emmélées, le bélier a deux cornes. Mais la corne à laquelle fait allusion Dubourg est unique, comme celle du rhinocéros (du grec <em>rhinos</em>, nez, et <em>keras</em>, corne). Elle est non seulement associée à l&#8217;idée de Salut, donc au nom de Jésus, mais aussi à l&#8217;onction, donc au mot &#8220;Messie&#8221; (MSYE, <em>Mashya&#8217;h</em>, &#8220;Oint&#8221;) et à l&#8217;huile, SMN, <em>Shémèn</em> en hébreu, qui assonne avec &#8230; Simon (Voir A 32 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/02/25/la-corne-de-cyrene/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">La corne de Kyrène</a>), avec SMWNY, <em>Chemoné</em>, &#8220;huit&#8221; et &#8230; en français, avec &#8220;semence&#8221; et &#8220;séminal&#8221;. (Voir A 33 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/02/08/lonction-du-grand-pretre/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">L&#8217;onction du Grand-Prêtre</a> et <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2012/01/23/de-lhuile-a-la-semence/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">De l&#8217;huile à la semence</a>). C&#8217;est avec une &#8220;corne d&#8217;huile&#8221; que Samuel oint David : <em>1.Samuel</em>, 16, 1 : <em>YHWH dit à Samuel : ” (&#8230;) Emplis ta corne d’huile (QRNK SMN, </em>Qarénekha Shèmèn<em>) et va ! Je t’envoie chez Jessé de Bethléem, car je me suis choisi un roi parmi ses fils.</em>” Et au verset 13 : “<em>Samuel prit la corne d&#8217;huile (AT-QRN HSMN, <em>Ète-Qérène haShèmèn</em>) et oignit (WYMSE, <em>Vayimecha’h</em>) (David) au milieu de ses frères</em>”.</p>
<p>Ces rapprochements expliquent, selon Dubourg, pourquoi un &#8220;Simon de Cyrène&#8221; intervient dans l&#8217;histoire du &#8220;Messie&#8221; et de &#8220;Jésus&#8221;. Mais pourquoi ce personnage aide-t-il précisément Jésus à porter sa croix ? C&#8217;est que la montée au Golgotha contient elle-même une élaboration midrashique sur l&#8217;épisode du &#8220;sacrifice d&#8217;Abraham&#8221;, dit par la tradition juive &#8220;ligature d&#8217;Isaac&#8221;. Or en Genèse 22, 6 &#8220;<em>Abraham prit le bois pour l&#8217;holocauste, le chargea sur son fils Isaac &#8230;</em>&#8220;, c&#8217;est Isaac qui &#8220;porte le bois&#8221;. Simon de Cyrène, qui porte la croix, serait donc une image d&#8217;Isaac. Cette hypothèse est confirmée par les détails donnés par Marc 15, 21 : <em>Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.</em>. Isaac est le père de Jacob et d’Esaü. Celui-ci est autrement appelé <em>Edom</em>, le roux, <em>Rufus</em> en latin. Le lien entre &#8220;Jacob&#8221; et &#8220;Alexandre&#8221; est moins clair, il semble que l&#8217;étymologie d&#8217;&#8221;Alex-andros&#8221;, &#8220;l&#8217;homme qui défend, qui protège&#8221; fasse allusion à la vaillance de Jacob dans son combat avec l&#8217;ange. Quant au détail &#8220;revenant des champs&#8221; (présent aussi chez Luc 23,26), il fait aussi une claire allusion à Isaac (procédé typique du <em>midrash</em>) ; en <em>Genèse</em> 24, 63-65, Rebecca, choisie pour épouse et ramenée de Mésopotamie par le serviteur Eliezer, découvre son futur époux :  &#8220;<em>Un soir qu’Isaac était sorti pour méditer dans les champs, il leva les yeux, et regarda ; et voici, des chameaux arrivaient. Rebecca leva aussi les yeux, vit Isaac, et descendit de son chameau. Elle dit au serviteur : Qui est cet homme, qui vient dans les champs à notre rencontre ?</em>&#8221;</p>
<p>Le parallèle entre le Sacrifice d&#8217;Abraham et la Passion du Christ n&#8217;est pas complètement ignoré des exégètes chrétiens. Mais il est réservé aux études érudites, pour lesquelles c&#8217;est une de ces concordances entre les événements et les figures de l’Ancien et du Nouveau Testament qui sont censées annoncer l’incarnation, la mort et la résurrection du Christ, sous couvert de &#8220;l&#8217;accomplissement des Ecritures&#8221;. La faible minorité de Chrétiens qui connaissent et étudient les subtilités du midrash juif sont considérés comme aux bornes de l&#8217;hérésie. Pour tout dire, &#8220;c&#8217;est de l&#8217;hébreu&#8221;. </p>
<p>Quand Philippe Sollers édita en 1987 <em>L’invention de Jésus</em>, de Bernard Dubourg, il croyait susciter une grande curiosité publique :  « <em>Ses livres mettent en évidence une découverte révolutionnaire … Il s’agit d’un événement considérable…</em> »… Mais le peu de retentissement qu’eut cette publication le fit déchanter : « <em>La découverte de Dubourg a tout de suite fait l’objet d’un enfouissement absolu. Personne ne voulait en entendre parler. En tant qu’éditeur, je me rappelle cette surdité générale. (&#8230;) Enfouissement chrétien, enfouissement scientiste, enfouissement juif. Les obscurantismes chrétiens, juifs et scientistes se soutiennent mutuellement »</em> » (3). </p>
<p>Il n&#8217;y a aucune chance que les érudits juifs ou chrétiens se saisissent de ces questions, pourtant fondamentale : comment furent écrits les textes &#8220;révélés&#8221; ? Quels liens entretiennent-ils entre eux ?  Le seul espoir ne peut venir que de l&#8217;Université &#8220;laïque&#8221;, si elle veut bien donner au mot de laïcité un sens plus proche de la curiosité intellectuelle de Jean-Jacques Rousseau que dela méchanceté ironique de Voltaire.</p>
<p>(1) &#8220;Le Pentateuque&#8221;, op. cit. note sur <em>Genèse</em> 30, 2, p. 742<br />
(2) Bernard Dubourg, &#8220;<em>L&#8217;invention de Jésus</em>&#8221; t. 2 p. 261-2<br />
(3) Philippe Sollers, <em>Ligne de risque</em> n° 23, novembre 2007, “Il faut parler dans toutes les langues (entretien)“.</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/02/04/19-le-salut-et-le-sauveur/">À suivre</a></p>
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		<title>17. Le Nom imprononçable</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/11/17-le-nom-imprononcable/</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 11:49:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme vu au chapitre 3, &#8220;Que la Lumière soit&#8221;, Moïse calcula, à côté du nom commun AL, El, &#8220;dieu&#8221;, un Nom du Dieu Unique de quatre lettres, le &#8220;Tétragramme&#8221;, YHWH, béni soit le Nom.
Le Troisième Commandement
Les deux moitiés de ce Nom sont aujourd&#8217;hui des marques d&#8217;affirmation en allemand, &#8220;Ja !&#8221;, et en français, &#8220;Oui !&#8221;, mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme vu au chapitre 3, &#8220;Que la Lumière soit&#8221;, Moïse calcula, à côté du nom commun AL, <em>El</em>, &#8220;dieu&#8221;, un Nom du Dieu Unique de quatre lettres, le &#8220;Tétragramme&#8221;, YHWH, béni soit le Nom.</p>
<p><span id="more-719"></span><strong>Le Troisième Commandement</strong></p>
<p>Les deux moitiés de ce Nom sont aujourd&#8217;hui des marques d&#8217;affirmation en allemand, &#8220;Ja !&#8221;, et en français, &#8220;Oui !&#8221;, mais il faut les imaginer dites d&#8217;un seul souffle, comme deux fiancés répondant simultanément en ces deux langues au célébrant de leur mariage. Imaginer seulement, car personne ne sait comment ce Nom se prononce, si même il se prononce. Moïse tira en effet une conséquence prodigieuse de l&#8217;Unicité de Dieu, l&#8217;interdiction absolue de prononcer Son Nom. Ce n&#8217;est pas une superstition : si les hommes se mettaient à prononcer le Nom de Dieu, ils adoreraient autant de dieux qu&#8217;il y aurait de prononciations. </p>
<p>Cette affaire est si importante que Moïse en fit le troisième pilier du monothéisme, à savoir le Troisième des Dix Commandements. Le premier est l&#8217;affirmation &#8220;<em>Je suis YHWH ton <em>Elohim</em> (&#8230;)</em>&#8220;, le second est une longue négation de tout autre dieu : &#8220;<em>Tu n&#8217;auras pas d&#8217;autres <em>Elohim</em> devant Ma face (&#8230;)</em>&#8220;. Vient le Troisième (Exode 20, 7) : &#8220;<em>Tu ne prononceras pas en vain le Nom de YHWH ton </em>Elohim<em> (AT-SM-YHWH ALHYK, </em>Ète-Chem-Adonaï Elohéykha<em>); car YHWH ne laisse pas impuni celui qui prononce son Nom en vain</em>&#8220;.</p>
<p>Bien sûr, les traductions de l&#8217;hébreu LA TSA, <em>Lo Tissa</em> divergent (Voir A 30 : &#8220;<a href="http://www.judeopedia.org/blog/2008/07/23/le-troisieme-commandement/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">le Troisième Commandement</a>&#8220;). D&#8217;aucuns disent &#8220;Tu ne porteras pas&#8230; &#8220;, d&#8217;autres &#8220;Tu n&#8217;invoqueras pas&#8230;&#8221; Toujours est-il que la pratique juive est de ne jamais prononcer &#8220;Yahvé&#8221; ni &#8220;Jehovah&#8221; et de toujours prononcer autrement, souvent <em>Adon-Aï</em>, &#8220;Mon Seigneur&#8221;, proche du dieu égyptien <em>Aton</em> et du dieu grec <em>Adonis</em>, mais aussi <em>HaQadosh</em>, &#8220;le Saint&#8221;, ou encore AL-SDY, <em>El-Shadday</em>, &#8220;Dieu Tout-puissant&#8221;. <em>Adonaï</em> est surtout en usage à la synagogue et dans les prières et bénédictions quotidiennes. Dans l&#8217;usage courant contemporain, en Israël et en Diaspora, YHWH se prononce aussi <em>HaChem</em>, &#8220;le Nom&#8221;. On fait souvent suivre la prononciation choisie d&#8217;une formule de révérence, comme &#8220;<em>Baroukh Hou</em>&#8220;, béni soit-Il, d&#8217;où l&#8217;appellation fréquente de YHWH, <em>HaQadosh-Baroukh-Hou</em>, &#8220;le Saint-béni-soit-Il&#8221;. </p>
<p>Une fois ces précautions élémentaires prises, reste à comprendre que le Troisième Commandement vise le blasphème, l&#8217;injure faite au Nom de YHWH, prononcé &#8220;en vain&#8221;, &#8220;pour le mensonge&#8221; dit la traduction du Rabbinat. Cette injure consiste en quelque sorte à &#8220;dé-finir&#8221; Dieu, c&#8217;est-à-dire à en faire un concept fini, résumé en un nom, alors que Sa caractéristique fondamentale est d&#8217;être &#8220;in-fini&#8221;, et même transcendant à toute &#8220;dé-finition&#8221;. La formule &#8220;YHWH ne laisse pas impuni (celui qui blasphème)&#8221; indique à la fois que le blasphème contient sa propre punition, et qu&#8217;il est impossible de s&#8217;en repentir. Le blasphémateur s&#8217;isole, par le fait même, de toutes les autres créatures. Il reste un blasphémateur, quoi qu&#8217;il dise ou fasse pour s&#8217;en affranchir, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il voit &#8220;le sol s&#8217;ouvrir sous ses pas&#8221;, comme le rebelle Coré, QRE, <em>Qora&#8217;h</em>, qui se rebelle contre l&#8217;autorité de Moïse au chapitre 16 du Livre des Nombres et qui est finalement englouti par la terre. </p>
<p>Un cas particulier est celui de l&#8217;antisémite (anti-<em>Chem</em>-ite) qui, au lieu de s&#8217;en prendre au Nom, au <em>Chem</em>, YHWH, s&#8217;en prend à son dérivé YHWDY, <em>Yehudi</em>, &#8220;Jéhovien&#8221;, dont la langue allemande a fait  &#8221;<em>Jud</em>&#8220;, et la langue française &#8220;Juif&#8221;. Tout jugement enfermant les Juifs dans un qualificatif, fût-il élogieux, risque le blasphême, <em>a fortiori</em> s&#8217;il est péjoratif. La qualité de Juif n&#8217;empêche rien, comme le montre le cas récent de l&#8217;historien israélien Shlomo Sand, auteur de &#8220;<em>Comment le peuple juif fut inventé</em>&#8221; (traduit de l&#8217;hébreu, Fayard, 2008). Le processus habituel est que le blasphémateur antisémite, immédiatement dénoncé comme tel, voit dans les mesures d&#8217;isolement prises contre lui une justification de ses injures, et les réitère &#8220;indéfiniment&#8221;, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il résolve à &#8230; changer de nom, possibilité interdite à YHWH, béni-soit-Il.</p>
<p><strong>Personnes morales</strong></p>
<p>Parallèlement à YHWH, Moïse utilise le nom ALHYM, <em>Elohim</em>, parfaitement prononçable, lui. Quoique de forme plurielle - le suffixe YM est la marque du pluriel masculin en hébreu, - c&#8217;est un singulier, qu&#8217;on peut rendre par &#8220;La Totalité des dieux&#8221;. Il est vraisemblable que <em>Elohim</em> ait donné le &#8220;<em>Allah</em>&#8221; arabe, mais aussi le &#8220;<em>Ille</em>&#8221; latin, d&#8217;où vient notre pronom personnel &#8220;Il&#8221;. On peut donc rendre <em>Elohim</em> par &#8220;Il&#8221;, comme dans l&#8217;expression &#8220;Béni-soit-Il&#8221;, ou mieux, par &#8220;Ils&#8221;, comme quand on fait familièrement allusion à des forces qui nous dépassent : &#8220;Qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils ont encore manigancé ?&#8221;  </p>
<p>C’est <em>Elohim</em> qui crée le monde dans le premier chapitre de la Genèse. Pour la Création de l&#8217;Homme apparaît le Nom double, YHWH-ALHYM (<em>Genèse</em> 2, 4). Ensuite les deux Noms sont utilisés alternativement, mais non pas indifféremment. C&#8217;est faire injure au fondateur du monothéisme que de parler, comme le fait l&#8217;&#8221;hypothèse documentaire&#8221;, d&#8217;un &#8220;document yahviste&#8221; et d&#8217;un &#8220;document élohiste&#8221;. Comme si Edmond Dantès et le Comte de Monte-Cristo avaient été imaginés par deux auteurs différents ! De même, s&#8217;il y a deux récits de la Création, c&#8217;est que la conception d&#8217;un enfant peut être décrite du point de vue des parents ou de celui de l&#8217;enfant conçu, bien que ce soit la même conception. </p>
<p>Le recours à la notion de personne morale, qui nous est familière, permet d&#8217;approcher la différence entre <em>Elohim</em> et YHWH. Une personne morale, des entreprises de toutes tailles jusqu&#8217;aux États souverains, peut notamment &#8220;ester en justice&#8221;. Elle représente à la fois des gens décédés et des gens qui ne sont pas encore nés, puisqu&#8217;elle est censée survivre à ceux qui la composent aujourd&#8217;hui. <em>Elohim</em> est la &#8220;personne morale&#8221; représentative de la totalité du genre humain, de la totalité des humains déjà nés, non compris soi-même. <em>Elohim</em> nous est extérieur. Tandis que YHWH, au Nom imprononçable, représente tous les hommes déjà nés et à naître, y compris soi-même. YHWH nous inclut. &#8220;Écoute Israël, YHWH et <em>Elohim</em> ne font qu&#8217;UN&#8221;.</p>
<p>Le mot ETAT, en français, a quatre lettres, comme le Tétragramme <em>Yod Hé Vav Hé</em>, et ses deuxième et quatrième lettres sont identiques, le T pour Etat, le <em>Hé</em> pour YHWH. Au delà de cette analogie formelle, l’essentiel est que le mot Etat et le Tétragramme imprononçable sont chacun, dans leurs langues respectives, de la famille du verbe « Être ». YHWH est souvent traduit par « Celui Qui était, Qui est et Qui sera » avec force majuscules, et l’Etat, avec une majuscule, est en effet une personne morale qui non seulement préexistait à notre naissance et survivra à notre mort, mais dont une des fonctions est précisément d’enregistrer notre naissance et notre décès, et de développer toutes sortes de conséquences de notre venue au monde puis de notre présence dans notre famille et dans la société, et aussi tard que possible, de la gestion de nos restes, de notre héritage et de la trace, aussi ténue soit-elle, que nous laissons derrière nous.</p>
<p>Dans l’épisode du ”Buisson ardent” (<em>Exode</em> 3, 13-14), &#8220;<em>Moïse dit à l&#8217;Elohim : “Or, je vais trouver les enfants d’Israël et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m’envoie vers vous… S’ils me disent: &#8220;Quel est son nom?&#8221; (MH SMW, </em>Mah Chemo?<em>) que leur dirai-je ?”. </em>Elohim<em> dit à Moïse: “Je suis Celui Qui suis (AHYH ASR AHYH </em>Ehyé Acher Ehyé<em>), ” Et il ajouta: “Ainsi diras-tu aux enfants d’Israël: &#8220;Je suis&#8221; (AHYH, </em>Ehyé<em>) m’a envoyé vers vous.” </em> (Voir A 31 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2007/12/26/le-buisson-ardent/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Le Buisson Ardent</a>)</p>
<p><em>Genèse</em> 1, 27 : &#8220;<em>Elohim</em> crée l&#8217;<em>Adam</em> à son image, il le crée à l&#8217;image d&#8217;<em>Elohim</em>, il le crée mâle et femelle&#8221;.<br />
René Descartes (1637) : &#8220;Je pense, donc je suis&#8221;. &#8220;<em>Cogito ergo sum</em>&#8220;.</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/24/18-les-cornes-de-moise/">À suivre</a></p>
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		<title>16. La bavure</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/10/16-la-bavure/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 09:49:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous n&#8217;en avons pas fini avec les fils de Jacob. Deux d&#8217;entre eux se conduisent très mal. 
En Genèse 34, Sichem (SKM, Chekhèm), fils de Hamor, s&#8217;éprend de Dinah, DYNH, fille de Jacob, et couche avec elle. Très amoureux, il propose de l&#8217;épouser, prêt à payer sa dot, aussi élevée soit-elle. Les frères de Dinah [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous n&#8217;en avons pas fini avec les fils de Jacob. Deux d&#8217;entre eux se conduisent très mal. </p>
<p><span id="more-718"></span>En <em>Genèse</em> 34, Sichem (SKM, <em>Chekhèm</em>), fils de Hamor, s&#8217;éprend de Dinah, DYNH, fille de Jacob, et couche avec elle. Très amoureux, il propose de l&#8217;épouser, prêt à payer sa dot, aussi élevée soit-elle. Les frères de Dinah objectent qu&#8217;elle ne saurait épouser un incirconcis et demandent à leurs voisins de se faire circoncire : ainsi &#8220;<em>nous serons un seul peuple</em> (WHYYNW LŒM AED, <em>VeHayénou Le&#8217;Èm E&#8217;had</em>&#8220;). Marché conclu, mais c&#8217;était un traquenard : Versets 24-25 : <em>Tous les mâles se firent circoncire (&#8230;). Le troisième jour, pendant que ceux-ci étaient souffrants, deux fils de Jacob, Siméon et Lévi, frères de Dina, prirent chacun leur épée, tombèrent sur la ville qui se croyait en sécurité, et tuèrent tous les mâles. Ils passèrent aussi au fil de l&#8217;épée Hamor et Sichem, son fils</em>. Ce n&#8217;est pas tout : Versets 27-29 : &#8220;<em>Les fils de Jacob se jetèrent sur les morts, et pillèrent la ville, parce qu&#8217;on avait déshonoré leur sœur. Ils prirent leurs troupeaux, leurs bœufs et leurs ânes, ce qui était dans la ville et ce qui était dans les champs; ils emmenèrent comme butin toutes leurs richesses, leurs enfants et leurs femmes, et tout ce qui se trouvait dans les maisons</em>&#8220;.</p>
<p>Le lecteur, horrifié (il ne faut pas oublier que le premier lecteur de la Torah est Moïse, qui, comme tout auteur inspiré, valide le Texte par le raisonnement et le calcul), s&#8217;attend qu&#8217;au moins Siméon et Lévi soient châtiés; ils sont responsables de ces cruelles représailles, qui visent non seulement l&#8217;auteur du viol, mais des sujets poussant la bonne volonté jusqu&#8217;à se faire circoncire. Or Jacob se montre indulgent ; il ne punit pas ses deux fils, et craint seulement la ruine de sa réputation. Versets 30-31 :  &#8220;&#8221;<em>Alors Jacob dit à Siméon et à Lévi: &#8220;Vous me rendez odieux aux habitants du pays (&#8230;) ils se rassembleront contre moi, ils me frapperont, et je serai détruit, moi et ma maison&#8221;</em>. À quoi ils répondent seulement : &#8220;<em>Traitera-t-on notre sœur comme une prostituée ?</em> &#8220;. </p>
<p>Violer une jeune fille est un crime, passible du tribunal (le nom de Dina, DYNH, renvoie au juge, DYN, <em>Dayan</em> et au Palais de justice, BT-DYN, <em>Bet-Din&#8217;</em>). Or un peuple sans tribunal ne saurait subsister, ce qui voue Sichem au sort de Sodome. Croire, par ailleurs, que la circoncision suffit pour faire partie de la famille et du peuple d&#8217;Israël (Jacob a reçu ce nom deux chapitres auparavant), c&#8217;est n&#8217;avoir rien compris à l&#8217;histoire d&#8217;Abraham, de l&#8217;annonciation à la ligature d&#8217;Isaac : la circoncision est un &#8220;signe&#8221; de l&#8217;alliance conclue avec YHWH, ce n&#8217;est pas l&#8217;alliance. Entrer dans un peuple, et ceci ne vaut pas seulement pour celui d&#8217;Israël, suppose en assumer l&#8217;histoire et en partager le destin, ce qui n&#8217;est pas impossible mais exige des formalités autrement plus complexes qu&#8217;une simple opération chirurgicale, aussi douloureuse soit-elle.</p>
<p>Mais Jacob n&#8217;en reste pas là. La violence dont ont fait preuve ses deuxième et troisième fils lui reste en travers de la gorge. Sur son lit de mort, au moment de bénir ses enfants, il s’écrie (Genèse 49, 5-7) : &#8220;<em>Siméon et Lévi sont frères; leurs glaives sont des instruments de violence. (&#8230;) Maudite soit leur colère, car elle est violente, Et leur fureur, car elle est cruelle! Je les disséminerai dans Jacob, Et je les disperserai dans Israël</em>&#8220;.</p>
<p>Aux termes de cette dernière prophétie, la tribu de Lévi n&#8217;aura pas de territoire propre ; en raison de leur fonction sacerdotale, ses membres seront répartis sur l’ensemble du pays d&#8217;Israël. Quant à la tribu de Siméon, elle sera enclavée dans le territoire de celle de Juda (Voir A30 : <a href="http://" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/');">Le châtiment de Siméon</a>). « Ainsi neutralisée, la menace représentée par les mœurs violentes des deux frères se trouvera écartée, et leur dispersion parmi les tribus d’Israël aura un effet salutaire sur la nation. Car ils apporteront à leurs frères, et notamment aux époques de persécution et de défaite, leur courage, leur force, leur flamme sacrée et un noble sentiment de fierté. » (1)</p>
<p>L&#8217;État, transcendant aux mortels qui le constituent à chaque instant, est détenteur de la violence légitime : il peut déclarer la guerre à d&#8217;autres États et contraindre par la force les individus qui ne respectent pas la loi, mais la violence a des limites. Le bombardement de Dresde ou la bombe atomique de Nagasaki furent de trop, mais ces excès n&#8217;ont pas mis en cause la légitimité du combat que menaient alors le Royaume-Uni contre l&#8217;Allemagne et les Etats-Unis contre le Japon. Il appartient à chaque État en guerre de proportionner les moyens employés aux buts poursuivis et de sanctionner l&#8217;usage excessif de la force, sous peine de voir la ruine de sa réputation servir d&#8217;arme à ses ennemis. Quant aux fanatiques, il y a lieu de punir leurs transgressions, mais pour le reste, il importe d&#8217;en canaliser la violence et d&#8217;encadrer leur ardeur. </p>
<p>(1) D&#8217;après Elie Munk, <em>La voix de la Torah</em>, commentaire sur <em>Genèse</em> 34, 7</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/11/17-le-nom-imprononcable/">À suivre</a></p>
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		<title>15. Le nom de famille</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jan 2012 22:15:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Le parfum des mandragores a des effets puissants. 
Il donne non seulement à Léa ses deux derniers garçons et sa fille, Dina (Voir A 25 : Les Mandragores), mais il obtient l&#8217;impossible : Rachel met enfin au monde un fils. 
Belles-familles
Genèse 30, 22-24 : Et Elohim se souvint de Rachel; et Elohim l&#8217;écouta et ouvrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le parfum des mandragores a des effets puissants. </p>
<p><span id="more-715"></span>Il donne non seulement à Léa ses deux derniers garçons et sa fille, Dina (Voir A 25 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/11/11/les-mandragores/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Les Mandragores</a>), mais il obtient l&#8217;impossible : Rachel met enfin au monde un fils. </p>
<p><strong>Belles-familles</strong></p>
<p><em>Genèse</em> 30, 22-24 : <em>Et Elohim se souvint de Rachel; et Elohim l&#8217;écouta et ouvrit sa matrice. Et elle conçut, et enfanta un fils, et dit: Elohim a ôté (AXF, </em>Assaf<em>) mon opprobre. Et elle appela son nom Joseph (YWXF, </em>Yossef<em>) en disant: Que YHWH m&#8217;ajoute (YXF, </em>Yossef<em>) un autre fils </em>. La racine XF, <em>Samek Pé</em>, signifie à la fois &#8220;ôter&#8221; et &#8220;ajouter&#8221; ; une composante bien connue du &#8220;blues de l&#8217;accouchée&#8221; est que l&#8217;enfant né n&#8217;est pas l&#8217;enfant rêvé ; toute naissance est pour la mère un don de Dieu, mais c&#8217;est aussi un renoncement à toutes sortes de rêves, ne serait-ce que parce que l&#8217;enfant est garçon ou fille. Or Joseph sera un spécialiste des rêves.</p>
<p>Pour Jacob, le compte est bon : de Léa, il a six fils et une fille, des servantes quatre fils, dix au total ; et même Rachel a un nouveau-né, le onzième fils, que son père chérit. Il est temps pour lui de rentrer à la maison. <em>Genèse</em> 30, 25-26 &#8220;<em>Lorsque Rachel eut enfanté Joseph, Jacob dit à Laban: Laisse-moi partir, pour que je m&#8217;en aille chez moi, dans mon pays. Donne-moi mes femmes et mes enfants, pour lesquels je t&#8217;ai servi, et je m&#8217;en irai; car tu sais quel service j&#8217;ai fait pour toi.</em>&#8221; </p>
<p>Ça n&#8217;est pas si simple. Laban proteste : ces femmes, ces enfants, ces troupeaux, sont tout autant à lui qu&#8217;à Jacob. Comment les partager ? On essaye un critère génétique, les pelages tachetés. C&#8217;est mêler l&#8217;Eternel à l&#8217;affaire, ce qui favorise Jacob, et ne laisse rien à son beau-père. Les deux sœurs, filles de Laban et épouses de Jacob, s&#8217;inclinent : <em>Genèse</em> 31 14-16 &#8220;<em>Rachel et Léa répondirent, et dirent à Jacob : Avons-nous encore une part et un héritage dans la maison de notre père? Ne sommes-nous pas regardées par lui comme des étrangères, puisqu’il nous a vendues, et qu’il a mangé notre argent? Toute la richesse qu&#8217;Elohim a enlevée à notre père, elle est à nous et à nos fils. Fais maintenant tout ce que Elohim t’a dit.</em>&#8221;</p>
<p>Jacob part donc, avec ses gens et ses troupeaux, Rachel dérobant de plus les idoles domestiques, les TRFYM, <em>Térafim</em> qu&#8217;elle cache sous son séant. Mais Laban rattrape les fugitifs et cherche les idoles. Au verset 35, Rachel dit à son père : “<em>Que mon seigneur ne se fâche point si je ne puis me lever devant toi, car j’ai ce qui est ordinaire aux femmes</em>“, c’est-à-dire ses règles. Finalement, au verset 43, Laban propose de traiter :  <em>&#8220;Maintenant, viens, nous ferons une alliance, moi et toi; et elle sera en témoignage entre moi et toi.&#8221;</em> Une borne (en hébreu GL, <em>Gal</em>) matérialise cette alliance, marquant une frontière linguistique, floue, source de malentendus : le verset 47 en donne le nom pour les deux parties : GL-ŒD, <em>Galed</em>, &#8220;Borne-témoin&#8221;, dans la langue de Jacob, l&#8217;hébreu, YGR SHDWTA, <em>Yegar Sahadouta</em>, dans la langue de Laban, l&#8217;araméen. Au moins, cette affaire se termine sans violence ni sang, sauf celui des règles féminines. On aurait cependant tort d&#8217;y voir une médiocre rupture entre belles-familles ; il s&#8217;agit de l&#8217;identité d&#8217;une famille. </p>
<p><strong>Ascendants </strong></p>
<p>Jacob, avec ses femmes et leurs règles, avec les idoles domestiques de sa belle-famille, part avec son patrimoine génétique “araméen”, venu de Laban, que Léa, Rachel et leur descendance, vont désormais transmettre, de génération en génération, et dans lequel vont piocher, silencieusement, les descendants de Jacob. Ce nom d&#8217;Aram, ARM, renvoie aux origines géographiques et généalogiques de la famille d&#8217;Abram, AB-RM (Voir A 26 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/11/17/laban-larameen/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Laban l&#8217;Araméen</a>). Lorsqu&#8217;il s&#8217;était agi de trouver une épouse à Isaac, Abraham avait demandé à son serviteur Eliezer de partir la lui choisir  : &#8220;<em>Tu iras dans mon pays et dans mon lieu natal </em>&#8221; (<em>Genèse</em> 24, 4) ; il est bien entendu que l&#8217;élue devra donner son consentement. Eliezer prévoit de désigner, une fois arrivé, celle qui lui donnera à boire, à lui d&#8217;abord, puis à ses chameaux ; celle qui satisfait à ces exigences se trouve être Rébecca, RBQH,<em>Rivqah</em>, une cousine d&#8217;Isaac, <em>fille de Bethuel l&#8217;Araméen, de Paddan-Aram, sœur de Laban l&#8217;Araméen</em>. (<em>Genèse</em> 25, 20). Sa famille habite un lieu vague, plutôt toute une contrée, Paddan-Aram, FDN-ARM, la &#8220;plaine d&#8217;Aram&#8221;, quelque chose comme &#8220;le Haut-Plateau&#8221;. La longueur du récit de la mission d&#8217;Eliézer, aux détails répétés, témoigne de l&#8217;importance que les parents doivent accorder au choix et à la généalogie des conjoints de leurs enfants. </p>
<p>Le nom de Laban peut se lire L-BN, &#8220;pour fils&#8221;, Pour que naisse un fils, il faut un père et une mère, il faut deux grands-pères. Chacun de nous a deux parents, quatre grands-parents dont deux grands-pères&#8230; et ainsi de suite. Sauf mariages entre cousins, nous avons, à la septième génération, 128 ancêtres des deux sexes, et à la huitième 128 ancêtres masculins. Mais un seul de ces ancêtres est notre AB-RM, notre père &#8220;en haut&#8221; de l&#8217;arbre généalogique, le père du père du père &#8230; en lignée &#8220;agnatique&#8221;, dont nous portons le nom. Les 127 autres, à la même génération, sont aussi nos ancêtres &#8220;d&#8217;en haut&#8221; de l&#8217;arbre, nos ancêtres &#8220;araméens&#8221;, mais entre eux et nous, il y a une ou plusieurs femmes, une ou plusieurs mères. De cette foule, de cette multitude d&#8217;ancêtres, nous reçevons une part de patrimoine génétique, mais nous perdons leurs noms. Jacob, après son corps-à-corps avec l&#8217;ange, reçoit le nom d&#8217;Israël. Il demande alors le sien à son adversaire et ne reçoit pas de réponse : &#8220;<em> Pourquoi demandes-tu mon nom? Et il le bénit là.</em> (<em>Genèse</em> 32, 30)&#8221;. Quand un père marie son fils, il espère perpétuer son nom avec la naissance de petit-fils. Le père de la mariée, lui, espère seulement une descendance, au nom indifférent.</p>
<p><strong>Descendants</strong></p>
<p>Jacob est un descendant, Israël sera un ancêtre. <em>Genèse</em> 35, 9-12 <em>Elohim apparut encore à Jacob, à son retour de Paddan-Aram, et le bénit; et Elohim lui dit: Ton nom est Jacob; ton nom ne sera plus appelé Jacob, mais Israël sera ton nom. Et il appela son nom Israël. Et Elohim lui dit: Je suis le Tout-puissant; fructifie et multiplie; une nation, et une assemblée de nations seront de toi; et des rois sortiront de tes reins. </em> </p>
<p>Alors que la prophétie faite à Abraham parlait d&#8217;engendrer des nations (GWYM, <em>Goyim</em>), celle faite à Jacob dit &#8220;<em>une nation et une assemblée de nations</em>&#8221; (GWY WQHL GWYM, <em>Goy OuQehal Goyim</em>) ! Le piquant est que ce mot QHL, <em>Qehal</em>, &#8220;assemblée&#8221;, va donner QHLH, <em>Qehilah</em>, &#8220;communauté&#8221; ou plutôt &#8220;congrégation&#8221;, au sens protestant du terme, et <em>Qohelet</em>, traduit par &#8220;Ecclésiaste&#8221;.  QHL, c&#8217;est <em>ecclésia</em> en grec puis en latin, d&#8217;où &#8220;église&#8221; ; d&#8217;aucuns disent que <em>Ecclésia</em> et <em>Qehilah</em> sont phonétiquement apparentés. Toujours est-il que dans la Septante grecque, dans ce verset de la Genèse, QHL est traduit par &#8230; synagogue ! Une synagogue de Goyim ! (Voir A 27  &#8220;<a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/12/21/une-assemblee-de-peuples/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Une assemblée de peuples</a>&#8220;). Il fut un temps où une synagogue et une église, c&#8217;était la même chose, une assemblée de fidèles lisant la Bible en grec ! comment ces fidèles pouvaient-ils imaginer que le 29 novembre 1947, après quelques péripéties dramatiques, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies déciderait la création d&#8217;un État juif en Palestine ? et que cet État juif prendrait le nom d&#8217;Israël ? </p>
<p>Rachel, elle, ne voit pas se constituer sa descendance. <em>Genèse</em> 35, 16-20. &#8220;<em>Ils partirent de Béthel. Il restait un bout de chemin pour arriver à Éphrata quand Rachel accoucha. Ses couches furent pénibles. Et, comme elle accouchait difficilement, la sage-femme lui dit : &#8220;Rassure-toi, c&#8217;est encore un fils que tu as !&#8221; Au moment de rendre l&#8217;âme, car elle se mourait, elle le nomma Ben-Oni, BNAWNY, mais son père l&#8217;appela Benjamin, BNYMYN, </em>Binyamine<em>. Rachel mourut et fut enterrée sur le chemin d&#8217;Éphrata - C&#8217;est Bethléem. Jacob dressa une stèle sur son tombeau; c&#8217;est la stèle du tombeau de Rachel, qui existe encore aujourd&#8217;hui</em>.&#8221; La mort de Rachel marque profondément Jacob, au point que sur son lit de mort, en Egypte, il la rappelle à Joseph : <em>Genèse</em> 48, 7 &#8220;<em>A mon retour de Paddan, Rachel mourut en route auprès de moi, dans le pays de Canaan, à quelque distance d&#8217;Ephrata; et c&#8217;est là que je l&#8217;ai enterrée, sur le chemin d&#8217;Ephrata, qui est Bethléem.</em>&#8220;. </p>
<p>Rachel, mère de Joseph, à qui l&#8217;Eternel &#8220;ôte&#8221; la vie en lui &#8220;ajoutant&#8221; un deuxième fils, symbolise toutes les douleurs de la maternité. Se reconnaissent en elle les femmes dont l&#8217;enfant tarde à venir, les mères dont l&#8217;enfantement est douloureux et celles dont l&#8217;enfant vit sous un autre nom que celui qu&#8217;elle leur aurait donné, tel Ben-Oni, et par extension celles qui perdent un enfant avant le terme, ou prématurément avant qu&#8217;il reçoive un nom&#8230;  Le chemin d&#8217;Ephrata, AFRTH, nom formé (comme celui d&#8217;Ephraïm, AFRYM, nom d&#8217;un petit-fils de Rachel) sur AFR, &#8220;cendre&#8221; et FRT, FeRTile (Voir A 28, &#8220;<a href="http://www.judeopedia.org/blog/2007/07/15/cendre-et-poussiere/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Cendre et poussière</a>&#8220;, <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2007/07/22/bethleem/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Bethléem sur l&#8217;Euphrate</a>), lieu inaccessible et ambigu, mène là &#8220;où l&#8217;on renaît de ses cendres&#8221;. Le tombeau de Rachel, à la porte de Bethléem côté Jérusalem, devient dès lors un lieu de pélerinage féminin.</p>
<p><strong>Nés quelque part</strong>  </p>
<p>Une seule fois Moïse réutilisera le mot ARMY, <em>arami</em>, &#8220;araméen&#8221;. Peu avant sa mort, faisant ses dernières recommandations aux Enfants d’Israël au seuil de la Terre Promise, il leur prescrit, en <em>Deutéronome</em> 26,5, le rite de la fête de <em>Pessa&#8217;h</em>, FXE, qui consiste à commémorer chaque année en famille la Sortie d&#8217;Egypte. Le récit qu&#8217;il en fait commence par trois mots énigmatiques :  ARMY ABD ABY, <em>Arami Oved Avi</em>, généralement traduits par “Mon père (était) un Araméen perdu” (ou “errant”, ou “nomade”, ou &#8220;qui périssait&#8221;&#8230; )&#8230;  &#8220;Il venait de la haute&#8221;, en somme&#8230; D&#8217;ailleurs la suite du verset dit : &#8220;Il descendit en Egypte &#8230;&#8221;. Le retour des exilés en Terre d&#8217;Israël sera appelé <em>Alyah</em>, &#8220;montée&#8221;.</p>
<p>Mais le Targoum (traduction commentée de la Torah en&#8230; araméen) comprend : « l’Araméen voulait tuer mon père. » Les démêlés avec &#8220;Roma&#8221;, autre &#8220;Ville haute&#8221; (aux sept collines), sont passés par là. &#8220;Araméen&#8221; devient un nom codé pour &#8220;Romain&#8221; : le Romain, ce &#8220;hautain&#8221;, veut tuer mon père, il veut me priver de mon identité. La <em>Haggadah</em> lue chaque année pendant le <em>Seder</em> de <em>Pessa’h</em> applique logiquement le verset à Laban dans un parallèle saisissant avec Pharaon : “<em>Considérons ce que Laban l’Araméen méditait de faire à Jacob, notre père : Pharaon, dans ses ordres cruels, ne visait que les enfants mâles, tandis que Laban voulait tout détruire, comme il est dit : ARMY ABD ABY</em>, <em>Arami Oved Avi</em>.&#8221; En voulant accaparer la descendance de Jacob, Laban &#8220;tue dans l&#8217;œuf&#8221; toute idée de &#8220;peuple d&#8217;Israël&#8221;.  Laban n&#8217;est pas méchant, il est simplement &#8220;négationniste&#8221; : pour lui, une descendance ne forme pas un peuple.</p>
<p>Le nom &#8220;Israël&#8221;, et ceux de Jacob et de ses fils, ouvrent le Livre de l&#8217;Exode, le deuxième livre de Moïse, qu&#8217;on appelle en hébreu précisément SMOT, <em>Chemot&#8217;</em>, &#8220;Noms&#8221;. Ces noms font ainsi le lien, l&#8217;interface, avec le premier livre, <em>Bereshit</em>, BRASYT, &#8220;Au commencement&#8221;. <em>Exode</em> 1, 1-9 : &#8220;<em>Voici les noms des Enfants d&#8217;Israël (SMWT BNY YSRAL, </em>Chemot&#8217; Bnéy Israël<em>) venus en Egypte avec Jacob et la famille de chacun d&#8217;eux: Ruben, Siméon, Lévi, <strong>Juda, Issacar</strong>, Zabulon, Benjamin, Dan, Nephthali, Gad et Aser. Les personnes issues de Jacob étaient soixante-dix ; <strong>or Joseph était en Egypte</strong>. Et Joseph mourut, et tous ses frères, et toute cette génération-là. Et les fils d&#8217;Israël fructifièrent et foisonnèrent, et multiplièrent, et devinrent très très forts; et le pays en fut rempli. Et un nouveau roi (MLK EDS, <em>Melèkh &#8216;Hadash</em>) se leva sur l&#8217;Egypte, qui n&#8217;avait point connu Joseph. Et il dit à son peuple: Voici, le peuple des fils d&#8217;Israël (ŒM BNY YSRAL, <em>&#8216;Am Benéy Israël</em>) est nombreux et plus fort que nous</em>&#8220;. </p>
<p>Un peuple distinct du peuple d&#8217;Egypte est donc né, dont Pharaon s&#8217;efforce d&#8217;interrompre la multiplication. Au verset 22, après avoir constaté le privilège du sexe féminin, celui de mettre au monde, &#8220;<em>Pharaon commanda à tout son peuple, disant: Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve; mais toute fille, laissez-la vivre !</em>. Au chapitre 2, pour échapper au décret de Pharaon, une femme de la tribu de Lévi fait flotter un petit garçon sur le Fleuve. Moïse, &#8220;sauvé des eaux&#8221;, désigné comme &#8220;hébreu&#8221; puis nommé par la fille de Pharaon qui le recueille, s&#8217;identifie en grandissant avec les Hébreux persécutés, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;Elohim, au chapitre 3 (6-11) lui révèle le nom d&#8217;Israël, et celui de ses ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob, lors de la scène du &#8220;Buisson Ardent&#8221; .</p>
<p><strong>Être ou ne pas être</strong></p>
<p>Nous sommes tous &#8220;nés quelque part&#8221;, comme dit la chanson de Maxime Leforestier, nous ne choisissons ni notre sexe, ni nos parents, ni notre lieu de naissance. Nos parents choisissent notre prénom, mais ils ne choisissent pas notre nom de famille. Chacun de nous a vogué comme embryon puis foetus dans sa &#8220;<em>Tebah</em>&#8220;, TBH, arche et corbeille, puis a été &#8220;sauvé des eaux&#8221; quand la sage-femme nous a présenté à notre mère. Une fois adulte, chaque fils se demande : &#8220;Pourquoi suis-je moi, et pas un autre ?&#8221;. Moïse répond : &#8220;Parce que le Hasard, béni soit-Il, a d&#8217;abord choisi mon sexe, puis a éliminé tous les autres petits garçons que mes parents auraient pu avoir&#8221;. </p>
<p>La métaphore de Moïse va loin, si loin que l&#8217;Évangile de Matthieu &#8220;accomplit&#8221; le récit de l&#8217;Exode, en couplant la naissance de Jésus avec le &#8220;massacre des Innocents&#8221;, par lequel le roi Hérode élimine, non plus les seuls bébés mâles, mais les petits enfants des deux sexes, de moins de deux ans. Jésus, comme Moïse, échappe à ce massacre. Lui, c&#8217;est parce que Joseph, le mari de sa mère, dûment averti en songe, fuit en Egypte avec sa famille. Dans son récit, Matthieu accumule les allusions à Joseph, fils de Jacob et de Rachel. Et il se réfère aussi à un verset du prophète Jérémie, où il est question de Rachel.<br />
<em>Matthieu</em> 2, 13-21 : &#8220;<em>Lorsqu’ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut <strong>en songe</strong> à Joseph, et dit : &#8220;Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, <strong>fuis en Égypte</strong>, et restes-y jusqu’à ce que je te parle ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr&#8221;. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et <strong>se retira en Égypte</strong>. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : &#8220;<strong>J’ai appelé mon fils hors d’Égypte</strong>&#8220;. Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète : &#8220;On a entendu des cris à Rama, des pleurs et de grandes lamentations : Rachel pleure ses enfants, et n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont plus&#8221;. <strong>Quand Hérode fut mort</strong>, voici, un ange du Seigneur <strong>apparut en songe à Joseph, en Égypte</strong>, et dit : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et <strong>va dans le pays d’Israël</strong>, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts. Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère, et alla dans le pays d’Israël. </em>&#8220;.</p>
<p>Le prophète Jérémie, dont le nom YRMYHW, <em>Yirmeyahou</em>, &#8220;Dieu élèvera&#8221;, contient la syllabe RM, connaît la Torah de Moïse, il sait que le peuple élu s&#8217;est établi en <em>Erets Israel</em>, il connaît <em>Ramah</em>, RMH, la Haute, résidence du prophète Samuel, celui qui a sacré (&#8221;oint&#8221; disent les spécialistes) les deux premiers Rois d&#8217;Israël, Saül et David ; il sait que David a transféré l&#8217;Arche sainte à Jérusalem, où son fils Salomon a bâti le Temple. Or, contemporain de la prise de Jérusalem par les Assyriens, il est témoin de l&#8217;exil forcé des Enfants d&#8217;Israël. La question est donc de savoir si le peuple peut subsister ailleurs que sur sa terre. La réponse du Prophète est &#8220;Pourquoi pas ?&#8221; Resté à Jérusalem, il invente la Diaspora. Il écrit à ses compatriotes exilés à Babylone, de la part de l’Éternel : &#8220;<em>Bâtissez des maisons et habitez-y ; plantez des jardins et mangez-en les fruits; prenez des femmes pour vos fils et donnez vos filles à des maris et qu&#8217;elles enfantent des fils et des filles ; et multipliez-vous là et ne diminuez pas. Et cherchez la paix de la ville où Je vous ai transportés et priez YHWH pour elle; car dans sa paix sera votre paix</em> &#8221; (<em>Jérémie</em> 29, 5-7). Ce n&#8217;est pas parce que vous êtes dispersés que vous n&#8217;êtes plus un peuple, dès lors que vous gardez la Torah, et que vous avez les yeux tournés vers Jérusalem.<br />
Vient le chapitre 31, qui commence ainsi : &#8220;<em>En ce temps, dit YHWH, je serai un Elohim pour toutes les familles d’Israël, et elles me seront un peuple</em>&#8220;. Et de décrire en termes lyriques le rassemblement des dispersés et des exilés. Mais au milieu de l&#8217;exultation, au verset 15, une note discordante : <em>On a entendu des cris à Ramah (BRMH, </em>BeRamah<em>), des pleurs et de grandes lamentations : Rachel pleure ses enfants, et n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont pas (AYNNW, </em>Eynénou). &#8220;Ils ne sont pas&#8221; ? ou &#8220;Ils ne sont plus&#8221; ?</p>
<p>Dans la Genèse, la première occurrence de AYNNW, <em>Eynénou</em>, concerne précisément &#8230; Laban. Genèse 31, 2 : <em>Jacob regarda le visage de Laban; certes il n&#8217;était pas (AYNNW, </em>Eynénou<em>) envers lui comme avant.</em>. Les occurrences suivantes visent les allers-retours des frères de Joseph entre Canaan et l&#8217;Egypte. A chaque fois, il en manque un : Benjamin, retenu par Jacob, Siméon, otage de Joseph &#8230; A chaque fois, AYNNW, <em>Eynénou</em>, &#8220;il n&#8217;est pas là&#8221;.  AYN, <em>Eyn</em> c’est le « Non-Être » absolu, « Il n’y a pas ». AYNNW, <em>Eynènou</em>, « Il n’y a pas « pour nous » est relatif. (Voir A 29 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/12/19/realite-et-apparence/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Réalité et apparence</a>, <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/12/20/etre-ou-ne-pas-etre/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Être ou ne pas être</a>). Dans le texte de Jérémie, Rachel, de là-haut, ne pleure pas des morts, elle pleure des absents, les exilés qui ne rentrent pas d&#8217;exil, &#8220;assimilés&#8221; qu&#8217;ils sont à la civilisation environnante. Rachel de Ramah, l’Araméenne.</p>
<p>Pharaon fait noyer les petits garçons hébreux de la génération de Moïse, sauf Moïse. Hérode fait massacrer les petits enfants nés à Bethléem les deux années précédentes, l&#8217;an Zéro avant Jésus-Christ et l&#8217;an Zéro après Jésus-Christ. Sauf Jésus-Christ.</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/10/16-la-bavure/">À suivre</a></p>
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		<title>Proximité de Hanouka et de Noël</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/12/20/proximite-de-hanouka-et-de-noel/</link>
		<comments>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/12/20/proximite-de-hanouka-et-de-noel/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 12:25:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Concordances]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.hemmelel.fr/blog/?p=717</guid>
		<description><![CDATA[Hanouka et Noël sont cette année, très proches. Voici quelques articles ou billets sur les dates de Hanouka, du solstice d&#8217;hiver et de Noël.
Jésus est-il né au solstice d&#8217;hiver ?
Le méridien de Jérusalem 
Du 25 Kislev au 25 décembre
Questions sur les Macchabées
Inauguration et Dédicace
Hanouka, fête de l&#8217;Inauguration
Les encénies
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hanouka et Noël sont cette année, très proches. Voici quelques articles ou billets sur les dates de Hanouka, du solstice d&#8217;hiver et de Noël.</p>
<p><span id="more-717"></span><a href="http://www.cdweb.com/mll/Textes/baer.htm" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.cdweb.com');">Jésus est-il né au solstice d&#8217;hiver ?</a><br />
<a href="http://www.cdweb.com/mll/Textes/meridien.htm" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.cdweb.com');">Le méridien de Jérusalem</a> </p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2006/12/18/du-25-kislev-au-25-decembre/">Du 25 Kislev au 25 décembre</a><br />
<a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2009/01/07/questions-sur-les-maccabees/">Questions sur les Macchabées</a><br />
<a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2009/05/22/inauguration-et-dedicace/">Inauguration et Dédicace</a></p>
<p><a href="http://www.judeopedia.org/blog/2010/11/28/hanouka-fete-de-linauguration-2/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Hanouka, fête de l&#8217;Inauguration</a><br />
<a href="http://www.judeopedia.org/blog/2009/05/25/les-encenies/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Les encénies</a></p>
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		<title>Sur le cumul des mandats</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/12/16/sur-le-cumul-des-mandats/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 22:48:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>

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		<description><![CDATA[La condamnation de Jacques Chirac donne l&#8217;occasion de republier ce billet, écrit lors du décès de Philippe Seguin.
Je peux témoigner que le principal grief que Philippe Séguin avait contre Jacques Chirac et Alain Juppé, du temps de la première cohabitation, tenait à leurs cumuls de mandats, inconcevables en tous pays démocratiques.
Jacques Chirac, nommé Premier Ministre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La condamnation de Jacques Chirac donne l&#8217;occasion de republier ce billet, écrit lors du décès de Philippe Seguin.</p>
<p><span id="more-716"></span>Je peux <a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2010/01/07/pleurons-philippe-seguin/">témoigner</a> que le principal grief que Philippe Séguin avait contre Jacques Chirac et Alain Juppé, du temps de la première cohabitation, tenait à leurs cumuls de mandats, inconcevables en tous pays démocratiques.</p>
<p>Jacques Chirac, nommé Premier Ministre en 1986, était resté Maire de Paris, Alain Juppé, ministre délégué au Budget, était resté Maire-adjoint, chargé des finances. Une des célèbres colères de Philippe Séguin se produisit un jour, en ma présence, lorsque saisi, en tant que Ministre des Affaires Sociales, d&#8217;une plainte d&#8217;un employé de la Ville de Paris contre celle-ci, Philippe Séguin s&#8217;écria furibard  : &#8221; Vous me voyez condamner la Ville de Paris à payer une indemnité à ce brave homme, et être désavoué par le ministère des Finances et Alain Juppé ??? &#8221; </p>
<p>Il était de notoriété publique que ce cumul de mandats servait la future candidature de Jacques Chirac à l&#8217;Elysée, contre François Mitterrand. L&#8217;électorat ne fut pas dupe, et réélut François Mitterrand. Sans doute pouvait-on chicaner Philippe Seguin d&#8217;être resté Maire d&#8217;Epinal, et d&#8217;employer son épouse à son cabinet. Mais il n&#8217;y a aucune commune mesure entre ces péchés véniels et cet énorme scandale qu&#8217;aurait dû dénoncer la France entière, que le Maire de Paris soit aussi Premier Ministre, etaccessoirement Président du RPR  ?!!! Imaginez-vous le Maire de Londres Premier Ministre de Sa Majesté, ou le Maire de New-York Secrétaire d&#8217;État ? </p>
<p>Tous les ennuis judiciaires ultérieurs de Jacques Chirac et d&#8217;Alain Juppé découlent de ce &#8220;péché originel&#8221;. Il n&#8217;est pas indifférent que Philippe Séguin soit finalement devenu Premier Président de la Cour des Comptes, ce rôle de &#8220;redresseur de torts&#8221; lui allait comme un gant. La République en a-t-elle d&#8217;autres de sa carrure ? </p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p><em>La Bible hébraïque présentée, traduite (8 versions) sur <strong><a href="http://www.judeopedia.org/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">JUDÉOPÉDIA</a></strong><br />
et commentée <a href="http://www.judeopedia.org/blog/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">sur son blog</a></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Livre-calendrier des 3 religions 2012</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/12/04/livre-calendrier-des-3-religions-2011/</link>
		<comments>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/12/04/livre-calendrier-des-3-religions-2011/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2011 11:26:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Parutions et citations]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.hemmelel.fr/blog/?p=666</guid>
		<description><![CDATA[Les grandes figures du monothéisme
Vient de paraître
LIVRE-CALENDRIER DES 3 RELIGIONS 2012
Illustrations de Dominique THIBAULT
Introduction, par Elisabeth RENAUD
Textes de Yves OUAHNON
 7,50 Euros.
Editions Ecrire 3 rue de Saint-Senoch 75017 Paris
Dans les bonnes librairies et chez La Procure, arrêtauxpages
Voir aussi aux mêmes éditions
Ibn Hicham : &#8220;Une biographie du Prophète &#8221;, un récit abrégé illustré de miniatures orientales. Traduction [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les grandes figures du monothéisme</p>
<p><span id="more-666"></span>Vient de paraître
<p><strong>LIVRE-CALENDRIER DES 3 RELIGIONS 2012</strong></p>
<p>Illustrations de Dominique THIBAULT</p>
<p>Introduction, par Elisabeth RENAUD<br />
Textes de Yves OUAHNON
<p> 7,50 Euros.</p>
<p><a href="http://www.editionsecrire.com/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.editionsecrire.com');">Editions Ecrire</a> 3 rue de Saint-Senoch 75017 Paris</p>
<p>Dans les bonnes librairies et chez <a href="http://www.laprocure.com/livres/calendrier-des-trois-religions-2012_9782912534248.html" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.laprocure.com');">La Procure</a>, <a href="http://www.arretauxpages.com/fiche_6168_Livre-calendrier-des-3-religions-2012" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.arretauxpages.com');">arrêtauxpages</a></p>
<p>Voir aussi aux mêmes éditions<br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Hicham" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/fr.wikipedia.org');">Ibn Hicham</a> : &#8220;<em>Une biographie du Prophète</em> &#8221;, un récit abrégé illustré de miniatures orientales. Traduction française : Wahib Atallah<br />
&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p><em>La Bible hébraïque présentée, traduite (8 versions) sur <strong><a href="http://www.judeopedia.org/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">JUDÉOPÉDIA</a></strong><br />
et commentée <a href="http://www.judeopedia.org/blog/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">sur le blog</a></em><br />
<a href="http://www.cdweb.com/mll/articles.htm" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.cdweb.com');"> Démographie, Bible et société</a><br />
<a href="http://ehdlt.blogspot.com/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/ehdlt.blogspot.com');">En hébreu dans le texte</a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>14. Il y a une récompense</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/11/28/14-il-y-a-une-recompense/</link>
		<comments>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/11/28/14-il-y-a-une-recompense/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Nov 2011 22:39:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Après que Léa ait &#8220;supplanté&#8221; Rachel et que soient nés quatre fils de Jacob, la descendance de celui-ci continue de se constituer à coups de substitutions. 
Rachel, stérile, est jalouse de Léa ; comme Sarah avec Hagar, elle charge sa servante Bilha de faire &#8220;pour elle&#8221; un enfant à Jacob. Naissent alors Dan et Nephtali, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après que Léa ait &#8220;supplanté&#8221; Rachel et que soient nés quatre fils de Jacob, la descendance de celui-ci continue de se constituer à coups de substitutions. </p>
<p><span id="more-714"></span>Rachel, stérile, est jalouse de Léa ; comme Sarah avec Hagar, elle charge sa servante Bilha de faire &#8220;pour elle&#8221; un enfant à Jacob. Naissent alors Dan et Nephtali, ces noms étant, comme les précédents et les suivants, expliqués par diverses assonnances (Voir A 21 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/11/02/les-contorsions-de-dieu/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Les contorsions de Dieu</a>). Là-dessus, Léa réplique en demandant le même service à sa propre servante, Zilpa, d&#8217;où les enfants Gad, &#8220;Chanceux&#8221; et Asher, &#8220;Heureux&#8221; ; ces deux noms font allusion au plaisir sexuel ; avoir une &#8220;bonne fortune&#8221;, n&#8217;est-ce pas bénéficier des faveurs d&#8217;une femme ? (Voir A 22 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/11/04/2689/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Allitérations</a>). </p>
<p><strong>Les mandragores</strong></p>
<p>Survient alors l&#8217;épisode énigmatique qui donne naissance à Issacar, &#8220;l&#8217;homme du salaire&#8221;. <em>Genèse</em> 30, 14-18 : <em>Et Ruben sortit aux jours de la moisson du froment, et il trouva des mandragores (DWDAYM, </em>Doudayim<em>) dans les champs, et les apporta à Léa, sa mère. Et Rachel dit à Léa: Donne-moi, je te prie, des mandragores (MDWDAY, </em>MiDoudaéy<em>) de ton fils. Et elle lui dit: Est-ce peu de chose que tu m’aies pris mon mari, et tu prends aussi les mandragores (AT-DWDAY, </em>Ète-Doudaéy<em>) de mon fils! Et Rachel dit: Eh bien, il couchera avec toi cette nuit pour les mandragores (MDWDAY, </em>MiDoudaéy<em>) de ton fils. Et Jacob vint des champs sur le soir, et Léa sortit à sa rencontre, et dit: C’est vers moi que tu viendras, car je t’ai loué, salarié (SKR SKRTYK </em>Sakor Sekartikha<em>), pour les mandragores (בְּדוּדָאֵי, BDWDAY, </em>BeDoudaéy<em>) de mon fils. Et il coucha avec elle cette nuit-là. Et Dieu entendit Léa, et elle conçut, et enfanta à Jacob un cinquième fils. Et Léa dit: Dieu m’a donné mon salaire (SKRY, </em>Sekari<em>), parce que j’ai donné ma servante à mon mari. Et elle appela son nom Issacar (YSSKR, </em>Yisaskar).</p>
<p>A en croire ce dernier verset, Léa est &#8220;salariée&#8221;, &#8220;récompensée&#8221;, pour avoir offert sa servante Zilpa à Jacob. Ce serait donc un salaire d&#8217;entremetteuse. Mais à quoi sert, dans ce cas, l&#8217;insistance mise sur les mandragores ? A y regarder de plus près, il y a un autre &#8220;salaire&#8221;, <em>Sakor</em>, SKR, dans cette histoire : Léa a &#8220;loué&#8221; son mari à Rachel, en échange des mandragores. Encore une substitution, rémunérée celle-là ! </p>
<p>DWDAYM, <em>Doudaym</em> évoque <em>Daoud</em>, DWD, &#8220;bien-aimé&#8221;, qui sera le nom de David, en arabe &#8220;<em>Daoud</em>&#8221; (en provençal, &#8220;Daudet&#8221; est un diminutif de David : &#8220;le petit David&#8221;).  Dans le <em>Cantique des Cantiques</em>, le mot <em>DWDY</em>, Dodi, &#8220;mon bien-aimé&#8221;, revient dans 18 versets ; dans une occurrence (7, 14) , les <em>Doudaym</em> leur font écho : <em>Viens, mon bien-aimé (LKH DWDY, </em>Lekha Dodi<em>), sortons dans les champs, demeurons dans les villages ! Dès le matin nous irons aux vignes, nous verrons si la vigne pousse, si la fleur s’ouvre, si les grenadiers fleurissent. Là je te donnerai mes amours (AT-DDY, </em>Ète-Dodaï<em>). Les mandragores (HDWDAYM, </em>HaDoudayim<em>) répandent leur parfum, et sur nos portes il y a les meilleurs fruits, nouveaux et anciens. Mon bien-aimé (DWDY, </em>Dodi<em>), je les ai gardés pour toi.</em></p>
<p>Il n&#8217;y a pas de doute : qu&#8217;on traduise <em>Doudaym</em> par &#8220;mandragores&#8221; ou, comme d&#8217;autres, par &#8220;pommes d&#8217;amour&#8221;, ces fleurs invitent à l&#8217;amour ; leur parfum, comme on dit, est &#8220;aphrodisiaque&#8221; (de Aphrodite, déesse grecque de l&#8217;amour, équivalente à la Vénus latine). Mais alors, Ruben, en offrant des mandragores à sa mère, allait l&#8217;inviter à l&#8217;amour ! Et Rachel, en détournant les mandragores et en mettant Jacob dans le lit de Léa, évite un épouvantable inceste. Par cette métaphore, ce n&#8217;est rien moins que la prohibition de l&#8217;inceste fils-mère dont traite la Torah !</p>
<p><strong>Le Midrach</strong></p>
<p>Certes, la Torah édictera plus loin des interdits précis. <em>Lévitique</em> 18, 7 - <em>Tu ne découvriras point la nudité de ton père, ni la nudité de ta mère. C&#8217;est ta mère: tu ne découvriras point sa nudité. </em> Mais dans la Genèse, la Loi n&#8217;est pas encore promulguée. Par quel cheminement Rachel en vient-elle à sacrifier sa nuit d&#8217;amour avec Jacob, et à l&#8217;offrir à Léa ? Et quel &#8220;salaire&#8221; symbolise la mandragore reçue ? En remplaçant dans l&#8217;urgence une union incestueuse par une union conjugale, Rachel fait régner l&#8217;ordre là où risquait d&#8217;apparaître de graves désordres, tant pour la société que pour l&#8217;enfant conçu dans ces conditions, ce qu&#8217;illustre le mythe d&#8217;Antigone, issue de l&#8217;union d&#8217;Œdipe avec sa mère Jocaste. Le &#8220;salaire&#8221; de Rachel, c&#8217;est au moins la satisfaction que soit respecté &#8220;l&#8217;ordre des choses&#8221;. Nul besoin &#8220;d&#8217;ordre divin&#8221; explicite. Nous voilà loin de la lecture brute des cinq versets apparement anodins de <em>Genèse</em> 30, 14-18. Nous venons de pratiquer sans le dire la forme d&#8217;exégèse dite &#8220;Midrach&#8221;, qui fouille le Texte dans ses moindres recoins, et qui y trouve des enseignements invisibles en première lecture. Mais il faut y passer du temps et recevoir l&#8217;aide d&#8217;un maître. </p>
<p>C&#8217;est le parfum des mandragores qui inspire Rachel. Le Midrach voit dans le verset cité du <em>Cantique des Cantiques</em> : &#8220;<em>Les mandragores répandent leur parfum</em>&#8220;, l&#8217;image de la Loi qui se répand en Israël (Voir A 23 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/11/23/un-erudit-en-torah/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Un érudit en Torah</a>). Les parfums symbolisent l&#8217;étude et la connaissance de la Loi, et Rachel a &#8220;la science infuse&#8221; : les parfums flottent dans l&#8217;air, comme les lois qui n&#8217;ont plus à être énoncées pour être connues. Le Midrach explore comment Jacob, à la fin de la Genèse, puis Moïse, à la fin du Deutéronome, parlent d&#8217;Issachar et de son frère Zabulon. De cette enquête résulte que Issacar, la tribu s&#8217;entend, passe tout son temps à l&#8217;étude, et devient &#8220;érudit en Torah&#8221; ; Zabulon doit subvenir à ses besoins. Au passage, Issacar est traduit par YS SKR, <em>Yéch Sakar</em>&#8220;, &#8220;Il y a une récompense&#8221;&#8230;</p>
<p>Ce n&#8217;est pas tout. Le Midrash va aussi chercher le verset 12, 33 du <em>Premier Livre des Chroniques</em> qui attribue aux fils d’Issacar <em>l’intelligence pour les temps</em> (BYNH LŒTYM, <em>Vinah La&#8217;Ittim</em>)&#8221;. Un Sage, dont on ne dit pas s&#8217;il appartient à la tribu d&#8217;Issachar, explique que ces ŒTYM, <em>&#8216;Ittim</em>, ces temps, sont ceux de&#8230; la grossesse. Nous voici revenus à Rachel et Léa. La connaissance que répandent les parfums est aussi celle du cycle féminin et des périodes favorables à la procréation. Si favorables que le Midrash complète &#8220;<em>Léa sortit à sa rencontre</em>&#8221; par cette précision inattendue : &#8220;<em>elle ne lui laissa même pas le temps de se laver les pieds</em>&#8220;. Il y avait vraiment urgence, pour engendrer Issacar ! </p>
<p>Le parfum des mandragores conduit donc le lecteur de la Torah à réfléchir tant à la prohibition de l&#8217;inceste qu&#8217;au calendrier Ogino&#8230; Vous sentez-vous après cela plus intelligent ? Eh bien, c&#8217;est cela votre récompense&#8230;</p>
<p><strong>Écoute, Israël</strong></p>
<p>Cinq chapitres après l&#8217;affaire des mandragores, après la naissance de Joseph, après la mort de Rachel et la naissance simultanée de Benjamin, après le combat avec l&#8217;ange qui vaut à Jacob le nom d&#8217;Israël, le texte revient furtivement sur une coucherie de Ruben, puis récapitule les douze fils de Jacob : <em>Genèse</em> 35, 22-26 : <em>Et c&#8217;est quand Israël demeure en cette terre, Ruben va coucher avec Bilha, concubine de son père. Israël l&#8217;entend. Les fils de Jacob étaient douze. Fils de Léa: Ruben, premier-né de Jacob, et Siméon, et Lévi, et Juda, et Issacar, et Zabulon; Fils de Rachel: Joseph et Benjamin; Fils de Bilha, la servante de Rachel: Dan et Nephthali. Fils de Zilpa, la servante de Léa: Gad et Asher. Ce sont là les fils de Jacob, qui lui naquirent à Paddan-Aram.</em> La coexistence, dans le verset exposant l&#8217;acte de Ruben (<em>Elohim a vu mon humiliation</em>), des deux noms de Jacob/Israël manifeste que l&#8217;individu Jacob est en train de devenir le collectif Israël, d&#8217;autant que la mention &#8220;Israël l&#8217;entend&#8221; se dit WYSMŒ YSRAL, <em>Vayichema&#8217; Israël</em>, ce qui ne vaut pas seulement dire que Jacob connaît son &#8220;infortune&#8221;, mais évoque aussi le <em>Chema</em>, c&#8217;est-à-dire l&#8217;affirmation de l&#8217;Unité de YHWH : &#8220;<em>Adonaï, votre Elohim, Adonaï est UN</em>&#8220;. Or le long énoncé des unions interdites de Lévitique 18, dont nous avons vu plus haut la première (fils-mère) et dont la seconde vise précisément ce comportement de Ruben (<em>Tu ne découvriras point la nudité de la femme de ton père. C&#8217;est la nudité de ton père </em>), s&#8217;achève au verset 30 par un tonitruant ANY YHWH ALHYKM, <em>Ani Adonaï Eloheykhem</em>, Moi, Adonaï, votre Elohim ! Autrement dit, on ne discute pas, c&#8217;est Moi le Patron !</p>
<p>Ruben a manifestement commis une faute, mais le texte s&#8217;en tient là et enchaine sur la liste des fils de Jacob, classés selon leur mère. Ruben y conserve le titre de &#8220;premier-né&#8221;, ce que le Midrash interprète en disant que &#8220;<em>Ruben était premier conçu, premier à naître, premier en droit d&#8217;aînesse, premier en héritage, premier en péché, et premier en repentance</em>&#8220;. Cette liste fait comprendre que dans le peuple d&#8217;Israël, les gens savent qui sont leur père et leur mère. C&#8217;est l&#8217;exact opposé de Sodome. Le Cinquième Commandement de Moïse &#8220;Honore ton père et ta mère&#8221; pourra se lire &#8220;Sache qui sont ton père et ta mère et sois-en fier&#8221;.</p>
<p><strong>Dans l&#8217;Évangile</strong></p>
<p>Dans la liste des fils de Jacob (A 24 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2009/08/18/douze-freres-douze-tribus/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Les douze fils de Jacob</a>), Juda, quatrième fils de Léa, est suivi d&#8217;Issacar, le cinquième. Il est étonnant, pour ne pas dire plus, que cela ne soit pas considéré comme la source étymologique la plus vraisemblable du nom de Judas Iscariote. Ceci permettrait de mieux comprendre l&#8217;épisode de la vente de Jésus. En <em>Matthieu</em> 26, cette vente est immédiatement précédée par un curieux récit (&#8221;l&#8217;onction de Béthanie&#8221;) où il est question d&#8217;une femme qui répand un parfum de grand prix sur la tête de Jésus. Les apôtres s&#8217;indignent de ce gaspillage mais Jésus prend la défense de cette femme : &#8220;<em>En répandant ce parfum sur mon corps, elle l&#8217;a fait pour ma sépulture. Je vous le dis en vérité, partout où cette bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu&#8217;elle a fait.</em>&#8220;. Le récit parallèle de <em>Jean</em>, 12, 4-8, est  : &#8220;<em>Un de ses disciples, Judas Iscariote, fils de Simon, celui qui devait le livrer, dit: Pourquoi n’a–t–on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres ? Il disait cela, non qu’il se mît en peine des pauvres, mais parce qu’il était voleur, et que, tenant la bourse, il prenait ce qu’on y mettait. Mais Jésus dit : Laisse–la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture. Vous aurez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m’aurez pas toujours.</em>&#8221;</p>
<p>La problématique générale est &#8220;l&#8217;entrée des païens dans l&#8217;Alliance&#8221; (1). Le parfum est une métaphore des <em>mitsvot</em>, de l&#8217;accomplissement des commandements divins ; Judas symbolise le peuple juif qui a reçu la Torah, qui a donc la &#8220;connaissance des temps&#8221;, ce qui explique <em>Matthieu</em> 26, 16 &#8220;<em>Depuis ce moment, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus</em>&#8220;. Voir aussi <em>Marc</em> 14, 11.  Les Juifs s&#8217;inquiètent de ce que la Loi, sous sa forme nouvelle, devienne universelle (&#8221;<em>cette bonne nouvelle sera prêchée dans le monde entier</em>). Ne peut-on craindre que les païens soient sauvés alors qu’ils n’ont pas supporté le joug de la Loi et que les Juifs ne reçoivent plus la &#8220;récompense&#8221;, le &#8220;salaire&#8221; de leurs <em>mitsvot</em>. Ils seraient alors dits &#8220;<em>pauvres</em>&#8221; (Béthanie, c&#8217;est la maison des pauvres). Mais Jésus assure que le peuple juif n&#8217;est pas destiné à disparaître après lui : &#8220;<em>Vous aurez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m’aurez pas toujours.</em>&#8220;. Le souvenir de Léa qui a nommé son fils Issacar parce qu&#8217;elle a mis sa servante dans le lit de Jacob/Israël, contre rétribution, se retrouve dans le fait que l&#8217;Iscariote livre Jésus aux prêtres, contre rétribution. Et le souvenir du midrash décrivant Issacar, étudiant et enseignant la Torah à temps complet, entretenu par son frère Zabulon, se renverse dans l&#8217;appréciation de <em>Jean</em> faisant de l&#8217;Iscariote &#8220;<em>un voleur, qui tient la bourse, et qui y prend ce qu’on y met</em>&#8220;. </p>
<p>Pourquoi dit-on d&#8217;un texte antisémite qu&#8217;il est &#8220;nauséabond&#8221; ?</p>
<p>(1) Voir à ce sujet Maurice Mergui : &#8220;<em><a href="http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&#038;pg=263" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.lechampdumidrash.net');">La pécheresse pardonnée et Rahab</a></em>&#8221; et &#8220;<em><a href="http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&#038;pg=265" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.lechampdumidrash.net');">Un vendeur nommé Judas</a></em>&#8221; sur le site &#8220;Le champ du Midrash&#8221;. </p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/02/15-le-nom-de-famille/">À suivre</a></p>
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		<title>13. Le quatrième fils</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/11/01/le-quatrieme-fils/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 17:39:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[De la vente de Joseph à celle du fils de Joseph
Jacob n&#8217;en a pas fini avec les coups fourrés. Tombé amoureux de sa cousine Rachel, REL, Ra&#8217;hel, fille cadette de Laban, le frère de Rébecca, sa mère, il accepte de travailler pour Laban sept ans pour gagner le droit d&#8217;épouser sa belle. Mais le jour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De la vente de Joseph à celle du fils de Joseph</p>
<p><span id="more-712"></span>Jacob n&#8217;en a pas fini avec les coups fourrés. Tombé amoureux de sa cousine Rachel, REL, <em>Ra&#8217;hel</em>, fille cadette de Laban, le frère de Rébecca, sa mère, il accepte de travailler pour Laban sept ans pour gagner le droit d&#8217;épouser sa belle. Mais le jour venu, Laban organise un festin, et sa fille aînée, Léa, LAH, &#8220;supplante&#8221; sa sœur dans le lit de Jacob, qui ne se rend compte de la supercherie qu&#8217;au matin et doit prolonger son séjour pour épouser aussi Rachel.</p>
<p>D&#8217;être mariée sans être aimée de son mari tourmente Léa, qui donne à ses trois premiers fils des noms liés à cette obsession. Ce n&#8217;est que la naissance du quatrième qui la libère.</p>
<p><em>Genèse</em> 29, 32-35 : &#8220;<em>Léa devint enceinte, et enfanta un fils, à qui elle donna le nom de Ruben (RAWBN, </em>Reouven<em>); car elle dit: L&#8217;Eternel a vu ma peine (KY-RAH YHWH BŒNYY, </em>Ki Raah Adonaï Be&#8217;Aneyi<em>, et maintenant mon mari m&#8217;aimera. Et elle conçut encore et enfanta un fils, et dit: Parce que l&#8217;Eternel a entendu ( KY-SMŒ YHWH, </em>Ki-Chema&#8217; Adonaï<em>) que j&#8217;étais haïe, il m&#8217;a donné aussi celui-ci; et elle appela son nom Siméon (SMŒWN, </em>Chime&#8217;one<em>) Et elle conçut encore, et enfanta un fils et dit: Maintenant, cette fois, mon mari s&#8217;attachera (YLWH, </em>Yelavèh<em>) à moi, car je lui ai enfanté trois fils; c&#8217;est pourquoi on appela son nom Lévi (LWY, </em>Lévi<em>).  Et elle conçut encore, et enfanta un fils, et dit: Cette fois, je louerai (AWDH, </em>Odéh<em>) l&#8217;Eternel; c&#8217;est pourquoi elle appela son nom Juda (YHWDH, </em>Yehoudah<em>)>; et elle cessa d&#8217;enfanter</em>.</p>
<p>Le nom de Juda, YHWDH, <em>Yehoudah</em>) reproduit le Tétragramme divin, YHWH, qui vaut 26, auquel est adjointe au quatrième rang la lettre D, <em>DLT, Dalet</em>, quatrième lettre ; YHWDH vaut donc 26 +4 = 30. Ce D vient du verbe AWDH, <em>Odéh</em>, &#8220;louer&#8221;, mais <em>Dalet</em> signifie aussi &#8220;porte&#8221; : la louange de Dieu est une façon efficace d&#8217;ouvrir la porte des Cieux, béni soit le Nom&#8230;</p>
<p>Juda prendra l&#8217;ascendant sur ses dix frères dès la vente du onzième, Joseph. Ce sera une catastrophe. Ses frères envisagent, comme on sait, de tuer Joseph, YWXF, <em>Yossef</em>, &#8220;celui qui s&#8217;ajoute&#8221;, qu&#8217;ils ont de bonnes raisons de haïr. &#8220;<em>Ils s&#8217;assoient pour manger le pain</em>&#8221; Juda a alors ce mot terrible (1), dont les conséquences vibrent au long des siècles jusqu&#8217;à nous : &#8220; <em>Quel profit (MH-BZŒ, </em>Mah-Betzah<em>) aurions-nous à tuer notre frère ? Venez, vendons-le aux Ismaélites; et que notre main ne soit pas sur lui; car il est notre frère, notre chair. Et ses frères l&#8217;écoutèrent. (&#8230;) Et ils vendirent Joseph pour vingt pièces d&#8217;argent aux Ismaélites; et ceux-ci emmenèrent Joseph en Egypte.</em>&#8221; (<em>Genèse</em> 37, 24-27)</p>
<p>Les livres des Rois et de Jérémie parlent des <em>Yehoudim</em> comme des habitants de la Judée, au moment où ils en sont expulsés, mais ce n&#8217;est que dans le livre d&#8217;Esther que des <em>Yehoudim</em> apparaissent ailleurs qu&#8217;en terre d&#8217;Israël, en Perse en l&#8217;occurrence. Or un <em>Midrash</em> cité par Elie Munk énonce à propos de la vente de Joseph :  « <em>Vous avez vendu votre frère, s’écria une voix du ciel, tout en vous attablant au festin ; or l’heure viendra où vos enfants seront vendus au milieu d’un festin</em> » . Ce fut, bien des siècles plus tard, à Suse, la capitale de la Perse, lorsque « <em>le Roi et Aman s’attablèrent pour boire</em> » et décrétèrent d’exterminer les Juifs (<em>Esther</em> 3, 15). Un autre Midrash fait dire à Rabbi Hanin &#8221; <em>Vois jusqu’où la vente de Joseph projette son ombre, car le châtiment était encore dû, aux jours de Mardochée</em> &#8221; (2). Mais c&#8217;est un troisième Midrash, le Midrash chrétien, qui perpétue à jamais le geste de Juda, avoir vendu son frère. </p>
<p>Evangile de Matthieu 26, 14 et 15 : « <em>Alors Judas Iscariote se rendit auprès des grands prêtres et leur dit : “Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ?” Ils lui comptèrent trente pièces d’argent. 27,3 Alors Judas, qui l’avait livré, voyant qu’il était condamné, fut pris de remords et rapporta les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens. 27,5 Jetant alors les pièces dans le sanctuaire, il s’en alla se pendre. 27,7 Après délibération, les grands prêtres achetèrent avec cet argent le champ du potier comme sépulture pour les étrangers.</em> »</p>
<p>« <em>Judas</em> » , par allusion au vendeur de Joseph. &#8220;Iscariote&#8221;, parce que SKR, <em>Sekar,</em> c&#8217;est le salaire, et que AYS SKR, <em>Ish Sakar</em>, l&#8217;homme du salaire, justifie le nom d&#8217;Issacar, cinquième fils de Léa et Jacob (Voir A20 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/11/16/les-deux-recompenses-de-lea/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Les deux récompenses de Léa</a>) ; les &#8220;Grands Prêtres&#8221; et le &#8220;sanctuaire&#8221;, parce que la tribu de Juda est la tribu royale d&#8217;Israël, et la Judée le siège de son Temple et de sa capitale, Jérusalem. « Trente » parce que YHWDH, <em>Yehoudah</em> vaut 26 + 4 = 30. « <em>Acheter un champ pour sépulture</em> » parce qu’Abraham a acheté un champ à Makhpela en sépulture pour Sarah. Et le Potier, YWZR, <em>Yotser</em>, parce qu’en <em>Genèse</em> 2, 7, YHWH pétrit, YYZR, <em>yitser</em>, l’homme, AT-HADM, <em>Ète-haAdame</em>, avec la glaise du sol MN-HADMH, <em>Min-haAdamah</em>.</p>
<p>On ne saurait détailler les cheminements qui inversèrent les choses. Les livres des Prophètes sont pleins d&#8217;imprécations contre les pêcheurs, fussent-ils judéens ; la dynastie hasmonéenne, celle de Juda Macchabée, fut dénoncée comme fidèle à l&#8217;hellénisme. Qui s&#8217;avise que la vente de Joseph par Juda, fils de Jacob, lui sauve la vie, tandis que celle du fils de Joseph par Judas Iscariote le condamne à mort ? Il s&#8217;agit, paraît-il, d&#8217;accomplir les Écritures. Mais le nom de Juda, c&#8217;est-à-dire celui des Juifs, reste irrémédiablement associé à l&#8217;argent, à la vénalité et à la trahison. Tout cela parce que Joseph a été vendu pour &#8220;vingt pièces d&#8217;argent&#8221;, et Jésus pour &#8220;trente deniers&#8221;.</p>
<p>(1) Mot auquel Armand Abécassis a consacré un livre entier &#8220;<em>Judas et Jésus. Une liaison dangereuse</em>&#8220;, Editions n° 1, 2001</p>
<p>(2) Maurice Mergui <em>Le Midrah Rabba sur Esther</em>, op. cit. p. 276</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2011/11/28/14-il-y-a-une-recompense/">À suivre</a></p>
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