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	<title>Michel Louis Lévy</title>
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	<pubDate>Thu, 26 Apr 2012 07:24:32 +0000</pubDate>
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		<title>22. La grâce et l&#8217;onction</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Apr 2012 11:46:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Où l&#8217;on entend &#8216;Hannah, mère de Samuel, chanter Yeshou&#8217;a, le Salut, et Mashia&#8217;h, l&#8217;Oint.
Le nom de Noé, NE, Noa&#8217;h, disions-nous, est l&#8217;inverse du mot &#8220;grâce&#8221;, EN, &#8216;Hen. Ce nom lui est donné par son père, Lémec, et se rattache à l&#8217;idée de &#8220;consoler&#8221; (Voir A 40: Grâce et consolation). La consolation est un changement d&#8217;état [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Où l&#8217;on entend &#8216;Hannah, mère de Samuel, chanter <em>Yeshou&#8217;a</em>, le Salut, et <em>Mashia&#8217;h</em>, l&#8217;Oint.</p>
<p><span id="more-724"></span>Le nom de Noé, NE, <em>Noa&#8217;h</em>, disions-nous, est l&#8217;inverse du mot &#8220;grâce&#8221;, EN, <em>&#8216;Hen</em>. Ce nom lui est donné par son père, Lémec, et se rattache à l&#8217;idée de &#8220;consoler&#8221; (Voir A 40: <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2012/03/28/grace-et-consolation/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Grâce et consolation</a>). La consolation est un changement d&#8217;état : j&#8217;étais malheureux, je redeviens heureux. La naissance de n&#8217;importe quel enfant est une &#8220;bonne nouvelle&#8221;, qui console les parents de leurs peines et douleurs. Mais pour le &#8220;nouveau-NE&#8221; lui-même, recevoir la vie, et tout un patrimoine génétique, est une &#8220;grâce&#8221; ; cela lui est offert &#8220;gracieusement&#8221;, &#8220;gratuitement&#8221;. </p>
<p><strong>Les faces de &#8216;Hannah</strong></p>
<p>De <em>&#8216;Hen</em>, la grâce, dérive le verbe &#8216;ENN, <em>&#8216;Hanan</em>, &#8220;favoriser&#8221;, &#8220;gratifier&#8221;. Utilisé comme nom masculin, ENN, <em>&#8216;Hanan</em> évoque la &#8220;gratitude&#8221; des parents à la naissance d&#8217;un garçon. En <em>Genèse</em> 36, 31 et suiv, dans la liste &#8220;des rois ayant régné au pays d’Edom, avant qu’un roi régnât sur les Enfants d’Israël&#8221;, figure un &#8220;<em>Ba&#8217;al &#8216;Hanan</em>, BŒL ENN, &#8220;<em> Seigneur &#8216;Hanan</em>&#8220;, nom qui s&#8217;inversera à Carthage en &#8220;Hanni-bal&#8221; : le dialecte phénicien, ou punique, parlé à Carthage, est d&#8217;origine sémitique, proche de l&#8217;hébreu (1). </p>
<p>Mais EN, <em>&#8216;Hen</em>, la grâce, est d&#8217;abord un attribut féminin, que personnifie <em>&#8216;Hannah</em>, ENH en trois lettres <em>&#8216;Heth, Noun, Hé</em>, la mère de Samuel. Longtemps stérile, &#8216;Hannah prie avec ferveur pour avoir un garçon, qu&#8217;elle promet de consacrer au Seigneur. Exaucée, elle exalte Dieu dans un cantique éloquent, et tient sa promesse en confiant son fils au sanctuaire de Silo. </p>
<p>Au verset 18 du premier chapitre de <em>1Samuel </em>se trouve une mention énigmatique : &#8220;&#8216;Hannah change de visage&#8221;. L&#8217;hébreu ne dit pas tout à fait cela : &#8220;ses faces (FNYH, <em>Fanèykha</em>) n’étaient plus à elle&#8221;, traduit Chouraqui. En quelque sorte, &#8220;elle ne s&#8217;appartient plus&#8221;. Depuis le deuxième verset de la Bible, Chouraqui traduit <em>Penéy</em>, FNY, par &#8221; les faces&#8221; : &#8220;<em>la terre était tohu-et-bohu, une ténèbre sur les faces (ŒL-FNY, </em>‘Al-Penéy<em>) de l’abîme, mais le souffle d’Elohîm planait sur les faces (ŒL-FNY, </em>‘Al-Penéy<em>) des eaux</em>&#8220;. De même traduit-il la préposition LFNY, <em>Lifnéy</em>, par &#8220;face à &#8220;, et non par &#8220;devant&#8221;, comme le font les dictionnaires usuels. Les informaticiens nous ont familiarisés avec la notion d&#8217;&#8221;interface&#8221;. C&#8217;est cela, &#8216;Hannah change d&#8217;interface : au lieu d&#8217;espérer un enfant de son mari, elle l&#8217;attend désormais de YHWH, à Qui elle a promis de consacrer son garçon. </p>
<p>Si &#8216;Hannah change de faces, ce n&#8217;est pas qu&#8217;elle tombe enceinte et prenne un &#8220;masque de grossesse&#8221;, non : ce n&#8217;est qu&#8217;aux versets suivants, 19-20, qu&#8217;Elqanah &#8220;connaît&#8221; sa femme. La formule &#8220;<em>Et Elqanah connaît &#8216;Hannah sa femme</em>&#8220;, WYDŒ ALQNH AT-ENH ASTW, <em>VaYid&#8217;a Elqanah Ète-&#8217;Hannah Ichto</em> reproduit <em>Genèse</em> 4,1 &#8220;<em>Et l&#8217;Adame connaît Ève sa femme</em>&#8220;, WHADM YDŒ AT-EWH ASTW, <em>VeHaAdame Yad&#8217;a Ète-Hawa Ichto</em>, verset qui se prolonge par l&#8217;engendrement de <em>Caïn</em>, QYN, le Jaloux, ce qui éclaire le nom d&#8217;<em>Elqanah</em>, ALQNH, &#8220;jaloux de Dieu&#8221;. Il y a de quoi : son fils ne sera pas le sien !</p>
<p>L&#8217;importance des &#8220;faces&#8221;, FNY, <em>Penéy</em>, de &#8216;Hannah est soulignée par plusieurs noms du récit : l&#8217;autre femme de Elqanah s&#8217;appelle <em>Pennina</em>, FNNH, et les deux fils du prêtre &#8216;Eli, s&#8217;appellent <em>Hophni</em>, EFNY, et <em>Pin&#8217;has</em>, FNEX, qualifiés de &#8220; <em>Cohanim</em> pour Adonaï, KHNYM LYHWH&#8221;. Autre allitération remarquable : le nom de &#8216;Eli, ŒLY, avec un <em>Ayin</em>, évoque la préposition ŒL, <em>&#8216;Al</em>, &#8220;sur&#8221;, &#8220;au-dessus-de &#8221; et la &#8220;montée&#8221;, ALYH, <em>Alyah</em>. Or &#8216;Hannah et son mari n&#8217;en finissent pas de &#8220;monter&#8221;, année après année, sacrifier au sanctuaire de Silo où officient &#8216;Eli et ses fils. Et ils habitent <em>Rama</em>, la Haute, qui sera le domicile de Samuel.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui les <em>Cohanim</em>, descendants d&#8217;Aaron, ne reçoivent plus de sacrifices. Mais ils continuent, à chaque office de <em>Shabbat</em> ou de fête, à bénir le peuple, selon les termes de l&#8217;antique &#8220;bénédiction sacerdotale&#8221;, instituée par Moïse lui-même en <em>Nombres</em> 6, 24-26. Ces termes contiennent deux fois la &#8220;face&#8221; et une fois la &#8220;grâce&#8221; :<br />
<em>Que YHWH te bénisse et te garde ;<br />
Qu’Il fasse luire sa face (FNYW, </em>Panayv<em>) vers toi, et te fasse grâce (WYENK, </em>Viy&#8217;Hounèka<em>) ;<br />
Que YHWH lève sa face (FNYW, </em>Panayv<em>) vers toi, et mette en toi la paix</em>.<br />
Tous ces gens, Pennina, Hophni, Pinhas, les Phéniciens, les Puniques, sont des gens vers qui YHWH tourne &#8220;ses faces&#8221;, FNY, <em>Peney</em>, le plus souvent la face favorable, mais quelquefois l&#8217;autre, celle qui ni ne fait grâce ni n&#8217;apporte la paix. </p>
<p><strong>La succession des Cohanim</strong></p>
<p>L&#8217;enjeu du récit est la succession de &#8216;Eli : l&#8217;enfant Samuel va entrer au service du sanctuaire et faire progressivement fonction de Cohen, tandis que les deux fils de &#8216;Eli accumulent les turpitudes : &#8220;<em>le crime de ces jeunes était très grand à la face de YHWH (AT-FNT YHWH, </em>Ète Peney Adonaï)&#8221;. YHWH annonce qu&#8217;ils mourront le même jour, ce qui surviendra au chapitre 4, verset 11. Cette circonstance rappelle le mystérieux épisode de <em>Lévitique</em> 10, 1-2 quand les deux premiers fils d&#8217;Aaron, Nadab et Abihou, meurent brutalement, <em>face à YHWH</em> (LFNY YHWH, <em>Lifnéy Adonaï</em>), apparemment pour avoir mal choisi le moment de leur service de Cohen. Les voies de YHWH sont impénétrables. Les deux fils foudroyés sont alors remplacés par leurs deux frères Eléazar et Itamar. Naïtre fils de <em>Cohen</em> est une &#8220;grâce&#8221; nécessaire pour accéder à la fonction, mais n&#8217;est pas suffisante ; encore faut-il s&#8217;en montrer digne. Samuel, fils de &#8216;Hannah, est &#8220;touché par la grâce&#8221;.</p>
<p>En <em>Exode</em> 6, 23-25, on avait appris que la femme d&#8217;Aaron, mère des quatre fils, s&#8217;appelle  Èlishéba&#8217;, ALYSBŒ, et que Eleazar fils d&#8217;Aaron est le père d&#8217;un autre <em>Pin&#8217;has</em>, FYNEX</em>&#8230;, cette fois avec un <em>Yod</em>. En <em>Nombres</em> 25, 7-8, celui-ci s&#8217;illustre à <em>Baal-Pe&#8217;or</em> BŒL FŒWR (d&#8217;où vient le nom de Belphégor, le démon séducteur)  en tuant d&#8217;un seul coup de lance le couple enlacé de l&#8217;Israélite Zimri, de la tribu de Siméon, et de la Madianite Kozbi, KÇBY, dont le nom signifie à peu près &#8220;mon mensonge&#8221;.  Ce zèle meurtrier vaut à la lignée de Pin&#8217;has la promesse du sacerdoce à perpétuité. (Voir A 41 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/07/11/le-geste-de-pinhas-2/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Le geste de Pin&#8217;has</a> + <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2010/07/22/que-sest-il-passe-a-peor/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Que s&#8217;est-il passé à Pe&#8217;Or ?</a>). </p>
<p>Bref la seule institution pérenne créée par la Torah est celle du &#8220;prêtre oint&#8221;, HKN MMSYE, <em>HaCohen HaMashya&#8217;h</em> (<em>Lévitique</em> 4, 3, 5 et 16 ; 6, 15), d&#8217;abord réservée à Aaron et à ses quatre fils. Après que le vêtement de cérémonie du Grand-prêtre ait été longuement décrit en <em>Exode</em> 28, l&#8217;&#8221;huile de l’onction sainte&#8221; (SMN MSET-QDS, <em>Shemène Mish’hat-Qodèsh</em>) est mentionnée au verset 41, puis sa composition décrite en <em>Exode</em> 30, 25. Sans avoir été oint lui-même, Samuel, qui reçoit directement les ordres de YHWH, sera celui qui sacrera les deux premiers rois d&#8217;Israël, Saül avec une fiole d&#8217;huile, puis David avec une &#8220;corne d&#8217;huile&#8221; (Voir A 33 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/02/08/lonction-du-grand-pretre/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">L&#8217;onction du Grand-Prêtre</a>, <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2012/04/10/lhuile-donction/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">L&#8217;huile d&#8217;onction</a>). D&#8217;ailleurs, si on sait que Saül est fils de Kish, QYS, et David fils de Jessé YSY, <em>Ishaï,</em>, les mères de ces rois ne sont pas nommées : tout se passe comme si &#8216;Hannah était leur mère, par Samuel interposé.</p>
<p><strong>Le cantique de &#8216;Hannah</strong></p>
<p>En attendant, YHWH &#8220;visite &#8221; (FQD, <em>paqad</em>) &#8216;Hannah&#8217; pour lui donner d&#8217;autres enfants en remplacement de Samuel, voué au service divin (2, 20-21). &#8216;Eli n&#8217;a aucune part à ces nouvelles naissances ! Avant même ces naissances, &#8216;Hannah avait exalté YHWH dans un cantique (<em>1Samuel</em> 2, 1-10) qui mérite d&#8217;être lu en hébreu. Les cantiques sont jusqu&#8217;ici une spécialité féminine : Myriam et ses tambourins accompagnent le cantique dit de la Mer en <em>Exode</em> 15, 1-21 (évoqué plus haut : 19. Le Salut et le Sauveur), Déborah célébre les tribus d&#8217;Israël en <em>Juges</em> 5. Ce genre musical et littéraire s&#8217;épanouira dans les <em>Psaumes</em>, attribués à David. Entonnés par des générations de fidèles, ces textes hébraïques populaires vont déboucher sur les invocations évangéliques en grec. Mais toute traduction affadit le texte original, et les chants conservent de multiples souvenirs des expressions hébraïques originales, ne serait-ce que le célèbre HLLW YH, <em>Hallelou Yah</em>, &#8220;Louons Dieu&#8221;, qui ouvre huit psaumes (111-113, 135, 147-150). Hannah chante (6-8) : <em>YHWH fait mourir et fait vivre, fait descendre au Sheol et en fait remonter. YHWH appauvrit et enrichit, abaisse et relève. Il tire de la poussière l’indigent, du fumier il relève le nécessiteux</em> Le verset 5 contient une belle allitération : &#8220;<em>Les rassasiés (SBŒYM, </em>Sevé&#8217;im<em>) se sont salariés pour du pain; les affamés ont cessé de l’être; même la femme stérile enfante sept fois (SBŒH, </em>Chive&#8217;ah<em>), et celle qui avait beaucoup de fils dépérit</em>. </p>
<p>Tous les couples du monde savent qu&#8217;il ne suffit pas d&#8217;avoir une relation sexuelle pour avoir un enfant. Mais si la louange de &#8216;Hannah est celle de la femme stérile dont le désir de maternité est exaucé, c&#8217;est aussi celle de la mère qui rêve ou s&#8217;émerveille du destin de son fils. Myriam, au début du cantique de la Mer, avait entonné : &#8220;<em> Je chanterai à YHWH, (&#8230;) Il est pour moi le Salut (WYHY-LY LYSWŒH, </em>Vayehi-Ly LiYeshou&#8217;a)&#8221; (<em>Exode</em> 15, 1-2). &#8216;Hannah, au début du sien, proclame : &#8220;<em>Haute est ma corne en YHWH (RMH QRNY BYHWH, </em>Ramah Qareni BaAdonaï<em>)(&#8230;) Car je me réjouis en ton Salut (KY SMETY BYSWŒTK, </em>Ki Sama&#8217;heti BiYoshou&#8217;atekha)&#8221;. Voila la corne associée au Salut, comme l&#8217;avait relevé Bernard Dubourg (cf 18. Les cornes de Moïse). Et quand la corne revient au dernier verset du cantique, elle est celle de l&#8217;Oint : &#8220;<em>YHWH juge les extrémités de la terre; il donne la victoire à son roi, et relève la corne de son oint (WYRM QRN MSYEW, </em>VeYarém Qèrène Meshiy&#8217;ho)&#8221;.  Le roi sera Saül, l&#8217;oint sera David. Chouraqui traduit : &#8220;<em>la corne de son messie</em>&#8220;.</p>
<p>Selon une tradition attestée depuis le neuvième siècle, la &#8220;Sainte-Ampoule&#8221; contenant l&#8217;huile, le &#8220;Saint-Chrême&#8221;, dont on se servait pour sacrer les &#8220;par la grâce de Dieu rois de France&#8221;,  a été apportée à Reims par un Ange sous la figure d&#8217;une colombe, et a servi au baptême de Clovis, l&#8217;an 496. Charles X, en 1825, fut le dernier roi à être ainsi sacré. Le baume du sacre est toujours conservé à l&#8217;archevêché de Reims. Pourquoi la France, &#8220;fille aînée de l&#8217;Église&#8221;, a-t-elle perdu le souvenir de <em>&#8216;Hannah</em>, la Grâce, mère de Samuel, qui chantait en hébreu Jésus, <em>Yeshu&#8217;a</em>, et le Messie, <em>Mashya&#8217;h</em> ? </p>
<p>(1) Selon Marc-Alain Ouaknin, le nom de Carthage lui-même est apparenté à <em>Qyriat &#8216;Hadash</em>, QRYT EDS, Ville nouvelle.</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/category/la-revelation/">Liste des chapitres précédents</a><br />
1. Le parti monothéiste<br />
2. L’ordre alphabétique<br />
3. Que la lumière soit !<br />
4. La nomination des jours<br />
5. L’Arche de Moïse<br />
6. La Tour du babil<br />
7. Des noms chargés de sens<br />
8. Son Altesse le père (Abraham)<br />
9. On rira (Isaac)<br />
10. Le double et la moitié<br />
11. Maîtresse femme (Sarah)<br />
12. Par malice ou par ruse (Jacob)<br />
13. Le quatrième fils (Juda)<br />
14. Il y a une récompense (Issacar)<br />
15. Le nom de famille (Rachel)<br />
16. La bavure (Dina)<br />
17. Le Nom imprononçable (YHWH)<br />
18. Les cornes de Moïse (Cyrène)<br />
19. Le Salut et le Sauveur (Josué)<br />
20. Passage en revue (Paqad)<br />
21. Bâtisseurs du temps (Guilgal)<br />
22. La grâce et l&#8217;onction (&#8217;Hannah)</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>21. Bâtisseurs du Temps</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/03/09/21-batisseurs-du-temps/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Mar 2012 09:48:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous connaissez votre date de naissance, parce que vos parents vous l&#8217;ont dite et l&#8217;ont déclarée à l&#8217;administration. Quel jour de la semaine était-ce ? Et la date de votre conception ?
Le lieu du souvenir
Le deuxième verset du Livre des Nombres, cité au chapitre précédent, dispose : “Relevez la tête de toute la réunion des Enfants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous connaissez votre date de naissance, parce que vos parents vous l&#8217;ont dite et l&#8217;ont déclarée à l&#8217;administration. Quel jour de la semaine était-ce ? Et la date de votre conception ?</p>
<p><span id="more-722"></span><strong>Le lieu du souvenir</strong></p>
<p>Le deuxième verset du Livre des <em>Nombres</em>, cité au chapitre précédent, dispose : “<em>Relevez la tête de toute la réunion des Enfants d’Israël, par familles, par la maison de leurs pères, par le nombre des noms, tout mâle, par crâne</em>“. &#8220;Tout mâle&#8221;, c&#8217;est KL-ÇKR, <em>Kol-Zakhar</em>, et &#8220;par crâne&#8221;, c&#8217;est LGLGLTM, <em>LeGoulgalotam</em>. Nous avions déjà rencontré ÇKR, <em>Zakhar</em>, &#8220;souvenir&#8221;, au chapitre 19, à propos d&#8217;Amaleq. Mais c&#8217;est aussi &#8220;mâle&#8221;. Quand <em>Elohim</em> crée l&#8217;homme, il le crée &#8220;mâle et femelle&#8221;, ÇKR WNQBH, <em>Zakhar OuNeqévah</em> (<em>Genèse</em> 1, 28). Ce n&#8217;est qu&#8217;à la fin du Déluge que ÇKR prend aussi le sens de « se souvenir » (<em>Genèse</em> 8, 1) : &#8220;<em>Et Elohim se souvint (WYÇKR ALHYM, </em>VaYizkor Elohim<em>) de Noé et de tous les animaux et de tout le bétail qui étaient avec lui dans l’arche</em>&#8220;. L&#8217;arche, avons-nous vu (ch. 5, &#8220;l&#8217;Arche de Moïse&#8221;), est une métaphore de l&#8217;embryon devenant foetus et voguant dans le liquide amniotique. Pour l&#8217;hébreu, le propre du mâle est d&#8217;abord de conserver et transmettre le souvenir de l’espèce, disons l’information génétique. (Voir A 37 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2010/03/28/le-propre-du-male/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Le propre du mâle</a>). Mais aussi, comme nous l&#8217;avons également vu (ch. 9, &#8220;On rira&#8221;), à propos d&#8217;Abraham levant son couteau au dessus du cou d&#8217;Isaac, le père n’est pas tant celui qui féconde la mère, que celui qui « se souvient » avoir fécondé la mère.</p>
<p>Quant à LGLGLTM, <em>Legoulgalotam</em>, c&#8217;est un drôle de mot, à la sonorité remarquable ; Chouraqui le traduit par &#8220;par crâne&#8221;. Depuis la Septante, la traduction la plus courante est &#8220;(en comptant) par tête&#8221;, traduction qui se justifie par d&#8217;autres occurrences de GLGLT, <em>Goulgalèt</em>, dans l&#8217;<em>Exode</em> et les <em>Nombres</em>, d&#8217;une part, dans les livres des <em>Juges </em> et des Rois d&#8217;autre part. Mais le verset <em>Nombres</em> 1, 2 commence par &#8220;Relevez la tête&#8221;, SAW AT-RAS, <em>Seou Ète-Rosh</em>, expression dans laquelle &#8220;tête&#8221; est RAS, <em>Rosh</em> : il ne convient pas de traduire deux mots différents par &#8220;tête&#8221; (Voir A 38 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2009/05/19/tete-et-crane/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Tête et crâne</a>). </p>
<p>Surtout trois Évangiles sur quatre explicitent la traduction de l&#8217;hébreu  <em>Golgotha</em> par « lieu du crâne », le quatrième, celui de Luc, parlant de &#8220;lieu du crâne&#8221; sans nommer le Golgotha. Cela donne au recensement du Livre des Nombres, et à son LGLGLTM, <em>Legoulgalotam</em>, des allures de Jugement Dernier. Observons cependant que &#8220;Crâne&#8221; vient du grec &#8220;κρανίον, <em>Kranion</em>&#8220;, qui, comme &#8220;corne&#8221;, &#8220;couronne&#8221; et &#8220;Kyrène&#8221;, assonne avec l&#8217;hébreu QRN, <em>Qeren</em>, &#8220;rayonner&#8221;. Le crâne, la tête, est le lieu de la pensée qui rayonne, comme lorsque nous disons plaisamment qu&#8217;un penseur &#8220;phosphore&#8221;. C&#8217;est aussi le lieu du souvenir.</p>
<p><strong>L&#8217;agneau pascal</strong></p>
<p>Après tout, si le Golgotha est, le Vendredi saint,le lieu de la Crucifixion, il est aussi proche, le dimanche de Pâques, de celui de la Résurrection. Justement Guilgal, GLGL, au début du Livre de Josué, est le lieu où, après la mort de Moïse, les Enfants d&#8217;Israël traversent le Jourdain, entrent en Terre Promise et célèbrent la première Pâque, la première fête de <em>Pessa&#8217;h</em>, commémoration de la sortie d&#8217;Egypte par leurs pères, quarante ans plus tôt. La syllabe GL, <em>Gal</em>, évoque l&#8217;idée de tourner, ou de rouler, et est associée selon le cas à des pierres qui roulent (cf notre &#8220;galet&#8221;), à des astres qui tournent, ou à l&#8217;éternel retour du temps. D&#8217;ailleurs le mot « Calcul », proche de GLGL, <em>Guilgal</em>, vient du latin <em>calculus</em>, &#8220;petit caillou&#8221;. Les petits cailloux du Petit Poucet lui permettent de retrouver ses parents. Le début du Livre de Josué accumule pierres mémorielles et calculs de durées.</p>
<p>Déjà, Moïse, l&#8217;auteur, avait indiqué que Moïse, le personnage, &#8220;<em>était âgé de cent vingt ans lorsqu’il mourut</em>&#8221; et que &#8220;<em>les enfants d’Israël pleurèrent Moïse pendant trente jours</em>&#8221; (<em>Deutéronome</em> 34, 7-8). À la suite de quoi, un nouvel auteur (Samuel ?) fait dire à Josué : &#8220;<em>Préparez-vous des provisions, car <strong>dans trois jours</strong> vous passerez ce Jourdain pour aller conquérir le pays dont YHWH votre Dieu vous donne la possession</em>&#8221; (Josué 1, 11). Puis : &#8220;<em>Le peuple sortit du Jourdain <strong>le dixième jour du premier mois</strong>, et il campa à Guilgal, à l’extrémité orientale de Jéricho</em>&#8221; (<em>idem</em> 4, 19). Là Josué dresse <strong>douze pierres</strong>, une par tribu, et dit (<em>Josué</em> 4, 21-24) :  &#8220;<em>Lorsque vos enfants demanderont un jour à leurs pères: Que signifient ces pierres? vous en instruirez vos enfants, et vous direz: Israël a passé ce Jourdain à sec. Car YHWH votre Dieu a mis à sec devant vous les eaux du Jourdain jusqu&#8217;à ce que vous eussiez passé, comme YHWH votre Dieu, l&#8217;avait fait à la mer Rouge</em>&#8220;. Au chapitre suivant, Josué décide de circoncire tous les mâles, parce que &#8220;<em> de tout le peuple né dans le désert, en chemin, aucun n&#8217;avait été circoncis </em>&#8220;.  Puis, pour que la fonction mémorielle et éducative de <em>Pessa&#8217;h</em> soit bien claire : &#8220;<em>Les enfants d’Israël campèrent à Guilgal; et ils célébrèrent la Pâque (AT-HFXE, </em>Ète-HaPessa&#8217;h<em>) le quatorzième jour du mois, au soir, dans les plaines de Jéricho</em>&#8221; (<em>idem</em> 5, 5-6, puis 9-10). </p>
<p>À partir de là la tradition juive a fixé au 7 <em>Adar</em>, dernière lune de l&#8217;hiver, l&#8217;anniversaire de la mort de Moïse. Comme il avait exactement 120 ans, le 7 <em>Adar</em> est aussi l&#8217;anniversaire de sa naissance. Le deuil de 30 jours conduit au 7 <em>Nisan</em>, première lune du printemps, puis &#8220;dans 3 jours&#8221; fixe au 10 <em>Nisan</em> la traversée du Jourdain ; la célébration de Pessa&#8217;h se faist quatre jours plus tard, le soir du 14 <em>Nisan</em>, première Pleine Lune du printemps. Dans la <em>Genèse</em>, la Sortie d&#8217;Egypte a lieu dans la nuit du 14 au 15 et elle est précédée le 10 du mois du choix de l&#8217;agneau pascal. <em>Exode</em> 12, 3-6 - Parlez à toute la communauté d&#8217;Israël pour dire: <em>Le dix de cette lunaison, qu&#8217;ils prennent, chaque homme, un agneau par maison de pères, un agneau par maison (&#8230;) et vous le tiendrez en garde jusqu&#8217;au quatorzième jour de ce mois; et toute l&#8217;assemblée (QHL, </em>Qehal<em>) de la communauté d&#8217;Israël l&#8217;égorgera entre les deux soirs.</em> C&#8217;est le sang de cet agneau, mis sur les linteaux des portes, qui permet à l&#8217;Ange de la mort de &#8220;sauter par-dessus&#8221; (FXE, <em>Pessa&#8217;h</em>, &#8220;<em>Pass-Over</em>&#8220;) les maisons des Hébreux et d&#8217;épargner leurs premiers-nés. Il y a un agneau &#8220;par maison de pères&#8221;, et non pas &#8220;par tête&#8221;, ni &#8220;par crâne&#8221;. La célébration de <em>Pessa&#8217;h</em> se fera donc par famille, comme la traversée du Jourdain s&#8217;est faite par tribu, alors que celle de la Mer Rouge s&#8217;était faite d&#8217;une seule masse (<em>Exode</em> 14, 22).</p>
<p>Avec la syllabe GL, nous avons déjà vu GLŒD, <em><em>Gal&#8217;Ed</em></em>, la butte-témoin, élevée par Jacob et Laban pour marquer leur frontière. La Galilée, GLYL, avant d&#8217;être une région particulière, est une &#8220;région&#8221;, tout court, un &#8220;cercle&#8221;. (De même, notre Provence fut d&#8217;abord une simple &#8220;province&#8221; romaine). Quant à Goliath, GLYT, il reçoit en plein front la pierre tourbillonnante lancée par la fronde de David (<em>1Samuel</em> 17, 49). GLGL, dans la langue des Psaumes et des Prophètes, finira d&#8217;ailleurs par signifier &#8220;tourbillon&#8221;. Le tourbillon, c&#8217;est ce qui se passe dans la cellule initiale, quand fusionnent, au cours de la période menstruelle de la mère, une cellule du spermatozoïde paternel avec une de l&#8217;ovaire maternel. Quelques jours plus tard, c&#8217;est la &#8220;nidation&#8221;: la cellule devenue troupe demande asile, et met le siège devant Jéricho.</p>
<p><strong>Les trompettes de Jéricho</strong></p>
<p>Josué avait été ainsi nommé par Moïse, quand celui-ci l&#8217;avait envoyé explorer le pays de Canaan (voir ch. 19 &#8220;Le Salut et le Sauveur&#8221;). Devenu le chef des Enfants d&#8217;Israël, il envoie à son tour deux espions reconnaître Jéricho (YRYEW, <em>Yéri&#8217;ho</em>), la ville fortifiée, verrou de la Terre promise (<em>Josué</em> 2). Ceux-ci sont hébergés par une prostituée (ÇWNH, <em>Zonah</em>) nommée Rahab (REB, <em>Ra&#8217;hab</em>, « large», comme on dit qu’une femme est « grosse »). Le roi de Jéricho lui demande de les lui livrer.  Au contraire, elle les fait monter sur le toit et les cache sous des tiges de lin. Autrement dit, cette femme connaît, au sens biblique bien sûr, deux hommes la même nuit. </p>
<p>Toute femme ayant eu un rapport sexuel se demande s&#8217;il a été fécond, soit qu&#8217;elle le souhaite, soit qu&#8217;elle s&#8217;en effraye. Avant de savoir si elle est ou non enceinte, en état de « grossesse », elle reste dans l&#8217;expectative, dans les mains de la Providence. Comme toute prostituée, Rahab espère ne pas attendre d&#8217;enfant, pour ne pas avoir à se demander qui est le père. Elle compte donc avec angoisse les jours de retard de ses règles. Justement les sonneries des trompettes des Hébreux qui font le tour des murailles scandent les jours ; et Rahab habite dans la muraille. Un jour, deux, trois, quatre, cinq, six, sept : le septième jour, plus de doute : toujours pas de règles : Rahab comprend <strong>qu&#8217;elle tombe enceinte quand tombe l’enceinte !</strong>.  &#8220;<em>La muraille tomba sous elle-même, et le peuple monta dans la ville, chacun devant soi, et ils prirent la ville et la détruisirent entièrement (&#8230;) Et Josué dit aux deux hommes qui avaient exploré le pays: &#8220;Entrez dans la maison de la prostituée, et faites-là sortir, comme vous le lui avez juré&#8221;. Et les espions entrèrent et firent sortir Rahab, et son père, et sa mère, et ses frères, et tous ceux qui étaient à elle</em>&#8220;. (Josué 6, 20-23)</p>
<p>Lequel des deux espions est le père ? Dans le Livre de Josué, Rahab n&#8217;a pas explicitement d&#8217;enfant et les deux espions sont anonymes. Le sort des prostituées est un sujet délicat qu&#8217;on n&#8217;explique pas aux enfants et la question ne fut débattue qu&#8217;entre commentateurs autorisés, jusqu&#8217;à l&#8217;apparition de Rahab dans la lignée messianique. Dans la liste des ancêtres du Roi David qui clôt le Livre de Ruth (4, 18-22) figure Booz (BŒÇ, <em>Bo&#8217;az</em>), celui dont Victor Hugo chantera le sommeil :<br />
<em>Booz ne savait point qu’une femme était là,<br />
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d’elle</em>.<br />
Dans cette liste, Booz et Ruth engendrent Obed, grand-père de David; le père de Booz s&#8217;appelle Salmon (SLMWN) ; sa femme n&#8217;est pas nommée. Or dans la généalogie des trois fois quatorze générations qui ouvre l&#8217;Evangile de Matthieu, Rahab devient la mère de Booz : &#8220;<em>Salmon engendra Booz de Rahab ; Booz engendra Obed de Ruth</em>&#8221; (Matthieu 1, 5). Il faudra y revenir.</p>
<p><strong>Le soleil et la lune</strong></p>
<p>Le début du Livre de Josué parle donc de la première fête de Pessa&#8217;h, et de la première circoncision. Dans notre langage informatique, nous dirions que Josué &#8220;initialise&#8221; Pessa&#8217;h et la circoncision. Mais le Chabbat ? Moïse avait bien ordonné, par le Quatrième Commandement, de respecter le repos du septième jour, mais il n&#8217;avait pas précisé à partir de quand il fallait compter sept jours. Dans le désert, c&#8217;est la manne qui marque le rythme hebdomadaire : Exode 16, 21-23 : &#8220;<em>Tous les matins, chacun ramassait ce qu&#8217;il fallait pour sa nourriture; (&#8230;) Le sixième jour, ils ramassèrent une quantité double de nourriture (&#8230;) Et Moïse leur dit: C&#8217;est ce que l&#8217;Eternel a ordonné. Demain est le jour du repos, le Sabbat consacré à l&#8217;Eternel; (&#8230;) mettez en réserve jusqu&#8217;au matin tout ce qui restera</em>&#8221; (Voir A 39 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2010/01/26/la-manne-2/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">La manne</a>). Mais à peine le Jourdain traversé, la manne s&#8217;arrête de tomber :  <em>Josué</em> 5, 12 - <em>La manne cessa le lendemain de la Pâque, quand ils mangèrent du blé du pays; les enfants d&#8217;Israël n&#8217;eurent plus de manne, et ils mangèrent des produits du pays de Canaan cette année-là</em>. Nourri dans le ventre de sa mère, le fœtus perçoit l&#8217;intensité des activités maternelles. Sans en comprendre la signification, il est capable de distinguer le moment des préparatifs du Vendredi soir, mais une fois le cordon ombilical coupé, il perd ce repère.   </p>
<p>À la fin du <em>Tour du monde en quatre-vingt jours</em>, Phileas Fogg, de retour à Londres, croit avoir perdu. Mais Passepartout, allant organiser le mariage de son maître, s&#8217;aperçoit qu’il a en fait gagné vingt-quatre heures en accumulant les décalages horaires. Phileas Fogg se rend alors au <em>Reform Club</em>, il a gagné son pari ! La ficelle est un peu grosse ; Jules Verne s&#8217;est bien gardé de scander les jours de la semaine entre le mercredi 2 octobre et le dimanche 22 décembre 1872&#8230; Traversant l&#8217;Amérique de San-Francisco à Chicago et New-York, Phileas Fogg aurait bien dû s&#8217;apercevoir, à la date des journaux ou à la fréquentation des églises, quel jour &#8220;on était&#8221; ! </p>
<p>Vous êtes-vous jamais posé cette « colle » : quand a été initialisé le rythme hebdomadaire ? quand et où a été célébré le Premier Chabbat ? La réponse est au verset 12 du chapitre 10 du livre de Josué : &#8220;<em>Josué dit en présence d&#8217;Israël : &#8221; Soleil (SMS, <em>Shamash</em>), arrête-toi sur Gabaôn (BGBŒWN), et toi, lune (YRE, <em>Yiré&#8217;ah</em>, comparer avec YRYEW, Yeri&#8217;ho, Jéricho), sur la vallée d&#8217;Ayyalôn (AYLWN)!</em> &#8220;. Quand une troupe qui défile n&#8217;est pas au pas, on lui commande de &#8220;marquer le pas&#8221;, puis de repartir du bon pied. Il faut croire que les Amorrhéens, contre qui se battaient les Enfants d&#8217;Israël, respectaient le Chabbat, mais avec un jour de décalage ! Le verset 14 donne une preuve fondamentale de l&#8217;importance de cette bataille : &#8220;<em>Il n&#8217;y a pas eu de journée pareille, ni avant ni depuis, où YHWH ait obéi à la voix d&#8217;un homme</em>&#8220;. On ne peut pas initialiser deux fois le même cycle ! Aujourd&#8217;hui, il est universel. Personne n’a jamais modifié le rythme hebdomadaire inauguré par Josué. Non seulement toute l&#8217;humanité découpe le temps en semaines de sept jours, mais tout le monde est d&#8217;accord pour accepter le samedi des Juifs comme point de repère. Nous comptons les années depuis Jésus-Christ et les semaines depuis Josué. </p>
<p>&#8220;<em>Les 67 questions de Zapata</em>&#8220;, de Voltaire (1767), se trouvent aujourd&#8217;hui facilement sur Internet. Voici les questions 27 à 31 :</p>
<p><em>27° Que répondrai-je à ceux qui seront étonnés qu’il ait fallu un miracle pour faire passer le Jourdain, qui, dans sa plus grande largeur, n’a pas plus de quarante-cinq pieds, qu’on pouvait si aisément franchir avec le moindre radeau, et qui était guéable en tant d’endroits, témoin les quarante-deux mille Éphraïmites égorgés à un gué de ce fleuve par leurs frères?</p>
<p>28° Que répondrai-je à ceux qui demanderont comment les murs de Jéricho tombèrent au seul son des trompettes, et pourquoi les autres villes ne tombèrent pas de même?</p>
<p>29° Comment excuserai-je l’action de la courtisane Rahab, qui trahit Jéricho sa patrie? En quoi cette trahison était-elle nécessaire, puisqu’il suffisait de sonner de la trompette pour prendre la ville? Et comment sonderai-je la profondeur des décrets divins, qui ont voulu que notre divin Sauveur Jésus-Christ naquît de cette courtisane Rahab, aussi bien que de l’inceste que Thamar commit avec Juda son beau-père, et de l’adultère de David et de Bethzabée? Tant les voies de Dieu sont incompréhensibles.</p>
<p>30° Quelle approbation pourrai-je donner à Josué, qui fit pendre trente et un roitelets, dont il usurpa les petits États, c’est-à-dire les villages?</p>
<p>31° Comment parlerai-je de la bataille de Josué contre les Amorrhéens à Béthoron sur le chemin de Gabaon? Le Seigneur fait pleuvoir du ciel de grosses pierres (</em>tiens ! encore des pierres !<em>), depuis Béthoron jusqu’à Azéca; il y a cinq lieues de Béthoron à Azéca; ainsi les Amorrhéens furent exterminés par des rochers qui tombaient du ciel pendant l’espace de cinq lieues. L’Écriture dit qu’il était midi; pourquoi donc Josué commande-t-il au soleil et à la lune de s’arrêter au milieu du ciel pour donner le temps d’achever la défaite d’une petite troupe qui était déjà exterminée? pourquoi dit-il à la lune de s’arrêter à midi? comment le soleil et la lune restèrent-ils un jour à la même place? A quel commentateur aurai-je recours pour expliquer cette vérité extraordinaire?</em></p>
<p>En 1957 parut aux Éditions de Minuit un petit livre intitulé &#8220;<em>Les Bâtisseurs du Temps</em>&#8220;, par le rabbin, philosophe et poète Abraham Heschel (Varsovie 1907 - New York 1972). En voici les dernières lignes : </p>
<p>&#8220;<em>Il est peu d&#8217;idées au monde aussi chargées de force spirituelle que l&#8217;idée du Sabbat. Dans bien des siècles, lorsque de toutes nos théories ne subsisteront plus même les traces, la splendeur du Sabbat illuminera encore l&#8217;univers.</p>
<p>L&#8217;éternité donne naissance au Jour</em>&#8220;.</p>
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		<title>20. Passage en revue</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Feb 2012 17:29:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Le commandement du recensement, énoncé en Exode 30, 11-16, et appliqué tout au long du Livre des Nombres, est d&#8217;une importance capitale, largement méconnue.
&#8220;Quand tu feras le relevé des enfants d&#8217;Israël pour les recenser…&#8221;  , chaque recensé, &#8220;dès vingt ans et au dessus &#8220;, riche ou pauvre, devra s&#8217;acquitter d&#8217;un signe monétaire identique, le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le commandement du recensement, énoncé en <em>Exode</em> 30, 11-16, et appliqué tout au long du Livre des <em>Nombres</em>, est d&#8217;une importance capitale, largement méconnue.</p>
<p><span id="more-723"></span>&#8220;<em>Quand tu feras le relevé des enfants d&#8217;Israël pour les recenser…</em>&#8221;  , chaque recensé, &#8220;<em>dès vingt ans et au dessus</em> &#8220;, riche ou pauvre, devra s&#8217;acquitter d&#8217;un signe monétaire identique, le &#8220;<em>demi-shéqel</em>&#8221; (SQL)&#8221;, le demi-sicle. Cette règle induit une égalité absolue entre tous les individus recensés. Comme on ne peut additionner, décompter que des semblables et que tous les hommes sont différents, ce seront les piécettes qui seront comptées, et non les individus. Quand vient le décompte de la somme récoltée, au verset <em>Exode </em>38, 26, il est dit que 603 550 demi-sicles ont été déposés par le peuple, résultat du recensement du désert, répété exactement en <em>Nombres</em> 1,46 et 2, 32. Dans un recensement moderne, ce sont de même les formulaires remplis par les recensés qui sont comptés, formulaires dûment homologués par la loi. Se faire recenser n&#8217;est pas un acte passif, c&#8217;est un acte libre et volontaire. Nul ne peut être recensé à son insu. </p>
<p>C&#8217;est aussi un acte identitaire. Ne pas se faire recenser, ne pas verser le demi-sheqel, c&#8217;est renoncer à sa qualité d&#8217;Enfant d&#8217;Israël. Il y a là un des fondements de l&#8217;histoire juive. Le verset 16 précise que les sommes collectées sont destinées &#8220;au service de la tente du témoignage&#8221;, ŒBDT AHL MWŒD, <em>&#8216;Avodat Ohèl Mo&#8217;Ed</em>. Dans le désert, il s&#8217;agit du sanctuaire, mobile et portatif. Mais une fois le Temple construit à Jérusalem, puis reconstruit par Ezra et Néhémie, l&#8217;acheminement de redevances pour l&#8217;entretien du Temple, pour assurer la continuité des sacrifices qui y sont offerts, sera considéré par tout Juif, où qu&#8217;il réside, comme un devoir sacré. Ce qui aura pour redoutables conséquences d&#8217;accumuler des richesses à Jérusalem, donc d&#8217;y susciter d&#8217;inévitables convoitises, intérieures et extérieures, et aussi de faire des communautés juives des relais spécialisés dans la circulation des fonds (à vrai dire à sens unique), enfin d&#8217;enraciner un stéréotype inusable, associant le peuple juif au maniement de l&#8217;or et de l&#8217;argent.  </p>
<p><strong>Cicéron et le lobby juif</strong></p>
<p>En l&#8217;an 63 avant l&#8217;ère chrétienne, Cicéron étant consul, Pompée prend Jérusalem après un siège de trois mois ; il profane le Temple mais se garde de le piller, prenant parti pour le prince hasmonéen Hyrcan II contre son frère Aristobule. Quatre ans plus tard, le prêteur de la province d&#8217;Asie, Lucius Valerius Flaccus, est accusé de détournements et extorsions de fonds par plusieurs villes grecques ; les Juifs de Rome, saisis par ceux d&#8217;Alexandrie, se joignent à la plainte. L&#8217;avocat de Flaccus n&#8217;est autre que Cicéron. Dans son plaidoyer &#8220;<em>pro Flacco</em>&#8220;, il dénonce alors ce qu&#8217;il appellerait aujourd&#8217;hui le &#8220;lobby juif&#8221;, dirigé par un certain Lélius :<br />
 &#8220;<em>(&#8230;) Vient ensuite l&#8217;or des Juifs, et cette imputation si odieuse. Voilà, sans doute, pourquoi cette cause est plaidée auprès des degrés auréliens; c&#8217;est pour ce chef d&#8217;accusation, Lélius, que vous avez choisi ce lieu et cette foule de Juifs qui nous entourent. Vous savez quel est leur nombre, leur union, leur pouvoir dans nos assemblées. Je parlerai bas, de manière à n&#8217;être entendu que des juges. Comme il ne manque pas de gens qui animent contre moi et contre les meilleurs citoyens ceux que vous protégez, je ne veux pas fournir ici de nouvelles armes à leur malveillance.</p>
<p>C&#8217;était la coutume de transporter tous les ans de l&#8217;Italie, et de toutes les provinces, à Jérusalem, de l&#8217;or amassé par les Juifs; un édit de Flaccus défendit cette exportation aux Asiatiques. Qui pourrait, juges, ne pas approuver une telle mesure? Le Sénat, par les décrets les plus sévères, avant et sous mon consulat, défendit de transporter de l&#8217;or. Il y avait de la sagesse à rompre le cours d&#8217;une superstition barbare; de la fermeté à braver, pour le bien de la république, cette multitude de Juifs, qui troublent quelquefois nos assemblées. Mais, dit-on, Pompée, vainqueur et maître de Jérusalem, n&#8217;a touché à rien dans le temple. C&#8217;est de sa part, entre mille autres, un trait de prudence, de n&#8217;avoir point donné lieu aux discours de la calomnie dans une ville aussi soupçonneuse et aussi médisante. Car ce n&#8217;est pas, je crois, la religion des Juifs, d&#8217;un peuple ennemi, mais sa propre modération, qui a retenu cet illustre général. Où donc est ici le délit? Vous ne nous reprochez aucun vol; vous ne pouvez condamner l&#8217;ordonnance de Flaccus; vous convenez que le Sénat a prononcé, qu&#8217;un jugement a été rendu, que cet or a été recherché et produit au grand jour. (&#8230;) Enfin, on sait le compte de l&#8217;or; il a été versé dans le trésor public. On ne nous reproche pas de vol, on cherche à nous rendre odieux; on se tourne vers le peuple, on déclame avec affectation du côté de la multitude qui environne le tribunal. </p>
<p>Chaque ville a son culte, Lélius; nous avons le nôtre. Lorsque les Juifs étaient en paix avec nous, et Jérusalem florissante, nous trouvions cependant les cérémonies de leurs sacrifices trop peu dignes de la majesté de notre empire, de la splendeur de notre nom, des institutions de nos ancêtres: elles le sont encore plus à présent que cette nation a fait connaître, en nous faisant la guerre, ses sentiments pour la république; et que les dieux immortels, en permettant qu&#8217;elle fût vaincue et tributaire, ont montré leur sollicitude pour elle ! (&#8230;) </em>&#8220;.</p>
<p>Cinq ans après, en - 54, le troisième homme du triumvirat formé avec César et Pompée, Marcus Licinius Crassus, déjà riche à millions, partant en expédition contre les Parthes, n&#8217;a pas la prudence de Pompée et pille sans vergogne le trésor du Temple. Flavius Josèphe, qui en rend compte plus d&#8217;un siècle plus tard, après la destruction définitive du Second Temple par Titus, se sent obligé d&#8217;expliquer : &#8220; (&#8230;) <em>Il ne faut pas s&#8217;étonner qu&#8217;il y eût tant de richesse dans notre Temple ; tous les Juifs de la terre et tous ceux qui honorent notre Dieu, aussi bien en Asie qu&#8217;en Europe, contribuaient depuis longtemps à l&#8217;enrichir. Et les témoins ne manquent pas pour affirmer l&#8217;importance de ces richesses</em> (&#8230;)&#8221;.</p>
<p><strong>Taxer et mobiliser</strong></p>
<p>Revenons au texte d&#8217;<em>Exode</em> 30. Il précise : « <em>Chaque homme donnera le rachat de sa personne à YHWH quand Il les recensera. Il n’y aura pas contre eux de fléau quand Il les recensera.</em>  » Toute interpellation par l’autorité - Vos papiers ! - crée une inquiétude, « qu’est-ce que j’ai fait, qu’est-ce que je risque ? », inquiétude qui doit être apaisée. « Rachat », c&#8217;est en hébreu KFR, <em>Kophèr</em>, de la même racine que <em>Kippour</em> (le <em>Pé</em>, que nous transcrivons F, se prononce P ou F selon les cas). Le demi-sheqel est une sorte d’amende qui permet à chaque recensé « de se mettre en règle ». Toute taxation, qu&#8217;on le veuille ou non, est ressentie comme une punition.</p>
<p>L&#8217;application des prescriptions de <em>Exode</em> 30 se fait au Quatrième Livre de Moïse, qui s&#8217;appelle en grec &#8220;Livre des <em>Nombres</em>&#8220;, parce que les dénombrements des Enfants d’Israël y tiennent une place prépondérante. En hébreu, ce livre est nommé <em>Bemidbar</em>, d’après le cinquième mot du premier verset, BMDBR, « dans le désert », qui fait allitération avec le premier mot, WYDBR, « Et Il parla » : <em>VayeDabèr Adonaï El-Moché BeMidbar Sinaï</em>,  &#8220;Et Il parla, l’Eternel, à Moïse dans le désert de Sinaï&#8221;. MDBR, <em>Midbar</em>, désert, est formé avec le préfixe <em>Mi</em>, qui dénote l’origine, et DBR, <em>Daber</em>, parler : le désert, c’est le lieu d’où rayonne le Verbe, la Parole ; y sont recensés les Enfants d’Israël  - et personne d’autre - &#8220;par la parole&#8221;. Le recensement biblique est &#8220;déclaratif&#8221;, comme on dit aujourd&#8217;hui qu&#8217;un impôt est déclaratif, quand son assiette est évaluée selon la déclaration du contribuable.</p>
<p>Que dit l’Éternel ? Deuxième verset : &#8220;<em>Relevez la tête de toute la réunion des Enfants d’Israël, par familles, par la maison de leurs pères, par le nombre des noms, tous les mâles, par crâne, depuis l’âge de vingt ans et au-dessus, tous ceux d’Israël en état de porter les armes</em>&#8220;. Le dénombrement distingue les familles et les tribus, et fait explicitement référence à une armée. La suite du texte précise : &#8220;<em>vous en ferez le dénombrement selon leurs divisions, toi et Aaron. Il y aura avec vous un homme par tribu, chef de la maison de ses pères. Voici les noms des hommes qui se tiendront avec vous. Pour Ruben: Elitsur ben Schedéur; pour Siméon: Schlumiel ben Tsurischaddaï</em>&#8221; … et ainsi de suite. <em>Beney Israel</em>, les Fils d’Israël. L’identité inclut la tribu d’origine et la filiation paternelle. Les individus sont nommés sous la forme complète &#8220;X fils de Y&#8221;. La &#8220;conscription&#8221; des fils est le préalable nécessaire à leur éventuelle mobilisation. </p>
<p>L’expression traduite plus haut par « par le nombre des noms » est en en hébreu &#8220;<em>Bemispar Chemot</em>&#8220;, BMXFR SMWT. <em>Chemot</em>, ce sont « les noms », pluriel de <em>Chem</em>, Nom. <em> Bemispar</em> est formé sur la racine XFR, avec un « Samekh » transcrit ici par X. <em>Sefer</em>, par l’arabe interposé, a donné en français « chiffre », et donc « chiffrer » et « déchiffrer ». <em>Bemispar Chemot</em>, c’est « en dé-chiffrant, en &#8220;é-numérant&#8221; les noms » : les résultats contiennent d&#8217;interminables et fastidieuses listes nominatives. Les lévites, membres de la tribu de Lévi, chargés du service du sanctuaire, sont chargés de recenser les autres tribus, et sont recensés à part. </p>
<p>Recenser, dénombrer, énumérer, taxer, mobiliser&#8230; Quel est le verbe hébreu qui couvre tous ces sens ?</p>
<p><strong>Inspection ou visite</strong></p>
<p>Le verbe qu&#8217;on traduit dans les <em>Nombres</em> par « recenser » est en hébreu <em>paqad</em> FQD (Voir A 35 <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2010/10/18/intervention-divine/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Intervention divine</a>). À ce propos, les traducteurs de la Septante grecque () écrivent :<br />
« <em> La Bible évoque une notion religieuse bien spécifique, celle de l&#8217;intervention de Dieu auprès des hommes pour les secourir ou les châtier. Cette idée est rendue en hébreu par le verbe </em>paqad<em>, « inspecter, visiter », et le nom </em>peqouddah<em>, « inspection, visite » qui servent aussi dans le langage militaire pour l&#8217;inspection d&#8217;une armée : les interventions de Dieu sont assimilées à une inspection ; en tant qu&#8217;il est le Dieu d&#8217;Israël, il passe en revue son peuple ; de la même façon, il « inspecte » chaque homme - pour examiner son sort. (&#8230; Quant à la &#8220;visite&#8221;, c&#8217;est) un &#8220;biblisme&#8221; que l&#8217;on peut justifier, par exemple, par comparaison avec l&#8217;usage du mot &#8220;visite&#8221; pour parler d&#8217;un médecin qui vient examiner son malade </em>.</p>
<p>À tous les verbes cités s&#8217;ajoutent donc ceux d&#8217;&#8221;inspecter&#8221; et de &#8220;visiter&#8221; et celui plus général d&#8217;&#8221;intervenir&#8221;, l&#8217;important étant d&#8217;une part que le sujet de tous ces verbes est Dieu Lui-même, d&#8217;autre part que l&#8217;action décrite par le verbe comporte plusieurs phases, chacune impliquant le souvenir de la précédente.  Ainsi la première occurrence de FQD, <em>paqad</em>, est en <em>Genèse</em> 21, 1, et concerne la conception d’Isaac par sa mère Sarah : « <em>Et YHWH visita (</em>paqad<em>) Sarah comme il avait dit, et YHWH fit à Sarah comme il en avait parlé (</em>CaAchère Dibèr<em> KASR DBR). Et Sarah conçut, et enfanta à Abraham un fils dans sa vieillesse, au temps fixé dont Dieu lui avait parlé. (</em>Achère Dibèr<em>, ASR DBR) </em>». Il faut imaginer l’Éternel, Qui Se souvient d&#8217;abord de l&#8217;Annonciation à Abraham et Sarah, faite au chapitre 18, puis Qui descend dans le giron de Sarah, Qui « passe en revue » l’infinité de combinaisons possibles de chromosomes, et Qui choisit la seule, l’unique, qui formera l’embryon de l’enfant à naître et lui donnera son nom, en l’occurrence Isaac, &#8220;On rira&#8221;&#8230; Au passage, notons que Dieu, choisissant un seul enfant parmi tous les possibles, &#8220;massacre&#8221; tous les autres.</p>
<p>Une autre occurrence de <em>paqad</em>, redoublée, est en <em>Exode</em> 3, 16, dans la scène du &#8220;Buisson ardent&#8221;: &#8220;<em>Va, et assemble les anciens d’Israël, et dis-leur: YHWH, le Dieu (&#8217;ALHY, <em>Elohéy</em>) de vos pères, m’est apparu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob, disant: Je vous ai visités et j’ai vu (FQD FQDTY, </em>Paqod Paqadeti<em>) ce qu’on vous fait en Egypte</em>&#8220;. Traduction Chouraqui : &#8220;Je vous ai sanctionnés, sanctionnés, vous et ce qui se fait en Misraîm&#8221;. Voilà donc une autre signification : &#8220;sanctionner&#8221;. Une sanction, en français, est en général une punition, mais peut ne pas l&#8217;être : &#8220;Ses efforts ont été sanctionnés par un diplôme&#8221;. Une sanction est le résultat d&#8217;une action antérieure, ce que traduit aussi le redoublement de <em>paqod</em>, ici et dans plusieurs autres occurrences. </p>
<p>Et le grec ? Comment les traducteurs de la <em>Septante</em> ont-ils traduit ce verbe polysémique ? Relisons l&#8217;équipe de Marguerite Harl : &#8220;<em>Les traducteurs du Pentateuque n&#8217;ont eu aucun mal pour décalquer ce lexique hébreu en grec : ils ont développé une famille de mots (autour de) </em>épiskopos<em> (le gardien, <strong>celui qui surveille</strong>, attesté depuis Homère), </em>episkepsis<em> (inspection, enquête, passage en revue d&#8217;une armée, recensement d&#8217;un peuple), et </em>episkopé<em> de même sens, (&#8230;) utilisé notamment pour reproduire le tour intensif de l&#8217;hébreu « inspecter par une inspection »</em>. (&#8230;). Genèse 21, 1 : καὶ κύριος ἐπεσκέψατο τὴν σαρραν&#8230; <em>Episkopos</em>, d&#8217;où épiscopal ! L&#8217;autorité épiscopale, c&#8217;est celle qui &#8220;sur-veille&#8221;, qui &#8220;super-vise&#8221; (Voir A 36 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2012/02/26/visite-episcopale/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Visite épiscopale</a>). Qui super-visite ? Quand Dieu &#8220;visite Sarah&#8221;, celle-ci ne tombe pas seulement enceinte ; elle tombe enceinte d&#8217;un enfant légitime ! Ce va être la fonction de la hiérarchie &#8220;épiscopale&#8221; que de surveiller la légitimité des naissances, donc la moralité publique.  La même racine latine de &#8220;census&#8221;, comme le FQD <em>paqad</em> hébreu, couvre à la fois le &#8220;recensement&#8221;, le suffrage &#8220;censitaire&#8221; et le pouvoir de &#8220;censurer&#8221;. L&#8217;évêque, dans l&#8217;Empire romain en voie de christianisation, prendra progressivement la place du &#8220;censeur&#8221; de la république romaine (2).  </p>
<p><strong>Perversion de la parole</strong></p>
<p>Le pouvoir féodal tend à considérer ses sujets comme &#8220;taillables et corvéables à merci&#8221;, et a besoin de les compter pour estimer le revenu des impôts et le nombre des soldats. La Bible raconte comment (<em>2Samuel</em>, 24) l’Eternel tend un piège au Roi David en lui demandant de compter Israël et Juda. David y tombe à pieds joints. Il ne respecte aucune des formes prescrites à Moïse ; il délègue l’affaire au général en chef, Joab, qui proteste, puis s’exécute avec ses lieutenants, qui comptent les habitants comme ils le feraient d’un troupeau de bétail. Verset 8 : &#8220;<em>Et ils parcoururent tout le pays, et revinrent à Jérusalem au bout de neuf mois et vingt jours</em>&#8220;. Un temps un peu plus long que celui d’une grossesse de neuf mois et d’une circoncision au huitième jour. C&#8217;est la seule mention dans toute la Bible hébraïque de la durée de neuf mois. Joab et ses soldats parcourant Israël et Juda évoquent l&#8217;Éternel examinant tout au long de la grossesse les caractéristiques de l&#8217;enfant à naître, en l&#8217;occurrence son lieu de naissance.</p>
<p>Le résultat tient dans le demi-verset 9 : &#8220;<em>Il y a en Israël huit cent mille hommes de guerre tirant le glaive, et en Juda cinq cent mille hommes</em>&#8220;. Cette formulation &#8220;à la louche&#8221; n&#8217;a aucun sens. Comment distinguer la population d’Israël de celle de Juda ? Aucune frontière n’a jamais été dressée, le schisme politique sera postérieur à Salomon, fils de David. La distinction est-elle entre les 800 000 hommes de guerre tirant le glaive, c’est à dire les militaires, et les 500 000 civils, entre 800 000 Israéliens réservistes de <em>Tsahal</em> et 500 000 Juifs ? On voit l’absurdité : les militaires sont des civils en armes, et aucun Juif mobilisé, dans <em>Tsahal</em> comme dans toute autre armée, n’a cessé d’être juif. Juda, <em>Yehoudah</em>, d’où vient <em>Yehoudi</em>, juif, s’écrit YHWDH, formé sur le Tétragramme YHWH. Le nom d’Israël renvoie à <em>Elohim</em>. Distinguer <em>Adonaï</em>ï et <em>Elohim</em>, c’est blasphématoire, <em>Adonaï</em> et <em>Elohim</em> ne font qu’Un. </p>
<p>David comprend qu&#8217;il est en train de tout mélanger. Verset 10 &#8220;<em>Et il dit à l’Eternel: J’ai commis un grand péché en faisant cela! Maintenant, ô Eternel, daigne pardonner l’iniquité de ton serviteur, car j’ai complètement agi en &#8220;insensé&#8221;"</em>. Mais l’Éternel n’excuse rien. David encourt un châtiment, au choix : &#8220;<em>Veux-tu sept années de famine dans ton pays, ou trois mois de fuite devant tes ennemis qui te poursuivront, ou trois jours de peste dans ton pays ?</em>&#8220;. Une nation qui pratique des discriminations religieuses s’expose à des désastres économiques, militaires, sanitaires. David choisit le fléau le plus court, précisément la peste : les résultats du recensement deviennent faux : le fléau retranche, “<em>de Dan à Beershéba, 70 000 hommes</em>“. On ne connaît évidemment pas le détail, la peste ne fait pas de distinction entre Israël et Juda. En hébreu, le mot « peste » est <em>Dévèr</em>, qui s’écrit DBR, comme la Parole. Cette peste-là est une perversion de la parole, comme lorsqu’on qualifie de « peste brune » le nazisme, qui a emporté six millions de victimes qualifiées de <em>Jud</em>, leurs six millions de mémoires soient six millions de bénédictions.</p>
<p>Mais la Miséricorde divine s’en mêle. Verset 16 : <em>Comme l’ange étendait la main sur Jérusalem pour la détruire, l’Eternel se repentit de ce mal, et il dit à l’ange exterminateur : « Assez! Retire maintenant ta main »</em>. A cet endroit, là où le fléau s’arrête, David achète un emplacement et y place un autel. C’est là où, selon <em>2Chroniques</em>, 3, 1, Salomon, fils de David, construira le Temple. Et c’est là aussi où Abraham avait failli sacrifier Isaac, avant que précisément l’ange n’interpelle Abraham en des termes semblables : « Abraham ! ne lance pas ta main sur le jeune homme » (<em>Genèse</em> 22, 11-12). Autre lien avec Abraham : David achète l’emplacement de l’autel, comme Abraham avait acheté la grotte de Makhpéla pour y enterrer Sarah.</p>
<p>David a cru possible de ne pas demander leur identité à ses sujets, et voilà qu’il installe l’embryon de l’institution fondamentale de tout État : une capitale, où siègeront ceux qui assureront l’unité d’Israël et de Juda, les Juges, les Prêtres, les Militaires. Se justifie ainsi la comparaison d&#8217;Abraham allant sacrifier son fils à un père allant déclarer son fils à l’état-civil, et acceptant ainsi – sacrifice virtuel - qu’il puisse un jour « mourir pour la patrie ». Quand l&#8217;Eternel a déterminé votre identité, qui inclut celles de votre père et de votre mère, ainsi que vos date et lieu de naissance, Il l&#8217;a fait en éliminant systématiquement toutes les autres possibilités, tout comme Pharaon l&#8217;a fait en exterminant les petits garçons hébreux, sauf Moïse, et Hérode en exterminant les Innocents de moins de deux ans, sauf Jésus-Christ. Ce sera une longue histoire avant que l&#8217;État de droit n&#8217;hérite de ces privilèges, recensement, fiscalité, conscription, état civil&#8230; toutes institutions dont il détient aujourd&#8217;hui le monopole légitime. </p>
<p>(1) “<em>ouvrage cité</em>” Glossaire, “Visite”, p. 860</p>
<p>(2) Les dictionnaires étymologiques ne sont pas clairs sur le passage de <em>episkopos</em> à &#8220;évêque&#8221;. Il semble que <em>episcopus</em>, passé en latin, ait été raccourci en <em>episcu</em>, sans doute prononcé <em>efiscou</em>puis devenu <em>evesque</em>. Il n&#8217;est pas exclu qu&#8217;il y ait eu une attraction par <em>fiscus</em>, &#8220;petit panier&#8221; en latin, qui a pris dès l&#8217;Empire Romain le sens de &#8220;Trésor impérial&#8221;, et a donné <em>fisc</em> et <em>fiscalité</em>.</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/03/09/21-batisseurs-du-temps/">À suivre</a></p>
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		<title>19. Le Salut et le Sauveur</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 21:14:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Il vient un moment pour tout auteur, et Moïse en était un, où l&#8217;œuvre étant jugée satisfaisante, il convient de la garder en l&#8217;état et de la soumettre à des tiers. Cela s’appelle aujourd’hui «sauvegarder un fichier, to save a file». 
Il ne s’agit pas seulement de conserver un travail achevé - texte, programme, image&#8230; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il vient un moment pour tout auteur, et Moïse en était un, où l&#8217;œuvre étant jugée satisfaisante, il convient de la garder en l&#8217;état et de la soumettre à des tiers. Cela s’appelle aujourd’hui «sauvegarder un fichier, <em>to save a file</em>». </p>
<p><span id="more-721"></span>Il ne s’agit pas seulement de conserver un travail achevé - texte, programme, image&#8230; - il s’agit aussi de le privilégier entre tous les brouillons, essais, tentatives et tâtonnements qui n’ont pas été retenus, en espérant qu’au moins un lecteur, utilisateur ou spectateur en prendra connaissance. Il ne suffit pas d’avoir écrit un message. Et l’avoir envoyé, “bouteille à la mer”. Encore faut-il qu’il soit ouvert et lu. Élu.</p>
<p><strong>Salut individuel et collectif</strong></p>
<p>Notre première cellule contient un assortiment des gènes de notre père et de notre mère, sauvegardé par le Hasard, béni soit-Il, à la suite d’une course folle de milliers de spermatozoïdes, dont le plus rapide gagne le privilège de féconder l&#8217;ovule maternel. Après les Frères Jacques (<em>Les trois cents millions</em>) et Woody Allen (<em>Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander</em>), Jean-Jacques Goldman a chanté cette course dans &#8220;<em>Bonne idée</em>&#8221; :<br />
<em>Qu&#8217;importe si j&#8217;ai gagné la course, et parmi des milliers<br />
Nous avons tous été vainqueurs même le dernier des derniers<br />
Une fois au moins les meilleurs, nous qui sommes nés.</em></p>
<p>À peine sortis d&#8217;Egypte, les Enfants d&#8217;Israël se retrouvent coincés, face à la Mer, avec la cavalerie de Pharaon à leurs trousses. Ils se plaignent à Moïse avec véhémence   : &#8220;<em>Pourquoi nous as-tu fait sortir ? Nous aurions préféré servir les Egyptiens plutôt que mourir au désert ! </em> À quoi Moïse répond : &#8220;<em>Ne craignez rien, restez en place, et regardez le salut (AT-YSWŒT </em>Ète-Yeshou&#8217;at<em>) que YHWH va vous accorder en ce jour</em> (<em>Exode</em> 14, 12-13). Là-dessus, Moïse lève son bâton, la Mer s&#8217;ouvre, Israël passe à pied sec, la Mer se referme, l&#8217;armée de Pharaon est engloutie. &#8220;<em>Alors Moïse et les enfants d&#8217;Israël chantèrent ce cantique à YHWH. Ils dirent: Je chanterai à YHWH, (&#8230;) Il est pour moi le salut (WYHY-LY LYSWŒH, </em>Vayehi-Ly LiYeshou&#8217;a)&#8221; (<em>Exode</em> 15, 1-2). </p>
<p>Le &#8220;salut&#8221;, c&#8217;est en français le fait d&#8217;être sauvé. Ici, le salut, YSWŒ, <em>Yeshu&#8217;a</em>, est à la fois individuel (Il est &#8220;pour moi&#8221; le salut) et collectif : tous les Enfants d&#8217;Israël entonnent le cantique. On retrouve cette signification de &#8220;<em>to save</em>&#8221; dans le &#8220;<em>God save the King (Queen)</em>&#8221; britannique. Un membre d&#8217;une entité transcendante sait que non seulement son existence personnelle, mais aussi la trace qu&#8217;il laissera, dépendent de la sauvegarde de cette entité. Quand nous nous exclamons &#8220;Vive la République !&#8221;, c&#8217;est que non seulement la stabilité de notre existence actuelle, mais aussi la bonne administration de notre parentèle et de nos biens après notre mort dépendent de la pérennité des institutions de la Républque. </p>
<p>Au passage, notons que &#8220;chanter le cantique&#8221;, YSYR AT-HSYRH, <em>Yashir Ète-HaShirah</em>, assonne avec YSRAL, Israël. Comme déjà vu, Israël, ce n&#8217;est pas seulement celui qui lutte avec Dieu, c&#8217;est aussi celui qui chante avec, ou pour, Dieu.</p>
<p><strong>La guerre contre Amaleq</strong></p>
<p>Un peu plus loin, en <em>Exode</em> 17, alors qu&#8217;Israël chemine vers le Sinaï, Amaleq (ŒMLQ) l&#8217;attaque sans aucune raison.  Apparaît alors le personnage de Josué, YHWSŒ, <em>Yehochou&#8217;a</em> : &#8220;<em>Alors Moïse dit à Josué: Choisis-nous des hommes, sors, et combats &#8216;Amaleq; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main. Josué fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amaleq. Et Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline. Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort; et lorsqu&#8217;il baissait sa main, Amaleq était le plus fort. Les mains de Moïse étant fatiguées, ils prirent une pierre qu&#8217;ils placèrent sous lui, et il s&#8217;assit dessus. Aaron et Hur soutenaient ses mains, l&#8217;un d&#8217;un côté, l&#8217;autre de l&#8217;autre; et ses mains restèrent fermes jusqu&#8217;au coucher du soleil. Et Josué vainquit Amaleq et son peuple, au tranchant de l&#8217;épée</em>&#8221; (<em>Exode</em> 17, 9-13). </p>
<p>Contre l&#8217;hostilité des forces naturelles, le salut vient à celui, individu ou peuple, qui ne renonce pas, qui ne baisse pas les bras. Face aux multiples dangers qui assaillent l&#8217;embryon puis le foetus, beaucoup succombent. Si vous êtes là, c&#8217;est que vous y avez échappé. &#8220;<em>L&#8217;Eternel dit à Moïse: &#8220;Ecris cela pour t&#8217;en souvenir (ÇKRWN, <em>Zikharone</em>) dans le livre (BXFR, <em>BaSefer</em>), et déclare à Josué que j&#8217;effacerai le souvenir (ÇKR, <em>Zékhèr</em>)  d&#8217;Amaleq de dessous les cieux. Moïse (&#8230;) dit: Parce que la main a été levée sur le trône de YHWH, il y aura guerre de YHWH contre Amaleq, de génération en génération</em>&#8221; (MDR DR, <em>MiDor Dor</em>)&#8221;. Chaque nouvelle conception humaine est soumise aux mêmes dangers, mais chaque naissance vivante témoigne de la victoire d&#8217;une force transcendante. C&#8217;est le mérite d&#8217;Israël de répandre l&#8217;habitude de la noter dans un livre, de l&#8217;&#8221;enregistrer&#8221;.</p>
<p>Dans la version grecque de la Septante, Josué est transcrit ἰησοῦς, comme Jésus. Dans l’édition dirigée par Cécile Dogniez et Marguerite Harl (1), deux notes p. 731-732 précisent : « <em>Il n’y a pas de raison de distinguer en français ce qui est dit de la même manière dans la Septante et dans le Nouveau Testament, puisque c’est le même nom pour les deux personnages. Les Pères ne manqueront pas d’utiliser cette homonymie: c’est « Jésus [Christ]&#8221; qui assurera la victoire finale sur Amaleq. (&#8230;) Le geste de Moïse illustre pour la tradition juive le pouvoir de la prière et, pour les chrétiens, la puissance de la croix figurée par l&#8217;extension des bras de Moïse</em>&#8220;.</p>
<p><strong>Les explorateurs</strong></p>
<p>Au chapitre 13 du livre des <em>Nombres</em>, Moïse choisit douze explorateurs, un par tribu, chargés de reconnaître le pays de Canaan. Au verset 16, il ajoute un <em>Yod</em> initial au nom de HWSŒ, <em>Hoché&#8217;a</em>, fils de <em>Noun</em>, transcrit en général par &#8220;Osée&#8221;, et qui signifie « Sauvé » ; le nom devient alors YHWSŒ, <em>Yehochou&#8217;a</em>, Josué, « il sauvera », ce qui transforme ce &#8220;Sauvé&#8221; en un possible Sauveur. Abram et Saraï étaient devenus Abraham et Sarah en devenant de futurs parents, Jacob était devenu Israël en passant du statut de fils à celui d&#8217;ancêtre, Osée devient Josué en partant découvrir le pays dont il fera la conquête. Tout fils a vocation à devenir père, tout lieutenant commandant, tout donataire donateur. </p>
<p><em>Noun</em>, ce fut d&#8217;abord &#8220;l’Océan primordial&#8221;, la &#8220;soupe primitive&#8221;, dans le panthéon de l’Égypte antique. C&#8217;est devenu la quatorzième lettre de l’alphabet hébreu (N est toujours la quatorzième lettre de notre alphabet). Or quatorze, c&#8217;est le nombre de morceaux du corps d&#8217;Osiris, que disperse le méchant Seth, son frère, et que recherche Isis, leur sœur ; elle les retrouve un par un et reconstitue son frère qui renaît à la vie…  Quatorze, la double semaine, c&#8217;est le nombre de jours qui séparent la Nouvelle Lune de la Pleine Lune ; quatorze jours et quatorze morceaux pour former un dieu à l’image de l’homme, et non à tête de babouin, de crocodile ou de faucon.  Moïse s&#8217;en souvient en décidant que  &#8220;<em>le premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir</em>&#8221; (<em>Exode</em> 12, 18), était le jour de <em>Pessa&#8217;h</em>, de la Sortie d&#8217;Egypte des Enfants d&#8217;Israël. Et en décidant que Josué était &#8220;fils de <em>Noun</em>&#8220;, il le faisait présider à ce mystère suprême, à ce miracle de l&#8221;Incarnation&#8221;, dont chacun de nous est issu, la fécondation de chaque mère par chaque père. Josué devenait ainsi symétrique de <em>Efrone</em>, ŒFRWN, le fils de <em>&#8216;Het</em>, qui préside à l&#8217;Inhumation, <em>Noun</em>, quatorzième lettre, et <em>&#8216;Het</em>, huitième, étant les deux lettres qui, dans un sens, composent le nom de Noé, NE, <em>Noa&#8217;h</em>, et, dans l&#8217;autre, celui de EN, <em>&#8216;Hen</em>, la Grâce. </p>
<p>Les douze explorateurs font un récit enthousiaste, ce pays &#8220;ruisselle de lait et de miel&#8221;. Mais dix d’entre eux ne croient pas possible d’en faire la conquête, tant sont redoutables ses habitants. Il n’y en a que deux à avoir confiance en la Providence, bénie soit-Elle : <em>Caleb</em>, fils de <em>Yefouné</em>, et <em>Josué</em> fils de <em>Noun</em>, les seuls à échapper au châtiment divin, à survivre aux quarante ans de désert et à entrer en Terre promise. Ces deux finalistes de la course évoquent la célèbre boutade de Mark Twain, qui expliquait son pseudonyme (<em>Twain</em> est une prononciation américaine de <em>Twin</em>, jumeau) par le fait qu’à sa naissance sa mère attendait des jumeaux. « <em>Oui, disait-il, je me demande qui, de mon frère jumeau ou de moi, est mort à la naissance, nous nous ressemblions tellement.</em> ».  En l&#8217;occurrence, c&#8217;est à Josué, fils de Noun, que Moïse confie la sauvegarde du Livre et du Peuple. Après Josué, une fois la Terre d&#8217;Israël conquise, le Peuple sera chargé de sa propre sauvegarde et de celle du Livre, assurées &#8220;de génération en génération&#8221;, DR WDR, <em>Dor vaDor</em>, à ses risques et périls. </p>
<p><strong>Rites d&#8217;automne et de printemps</strong></p>
<p>YSWŒ, <em>Yeshou&#8217;a</em>, le Salut, est un concept souvent manié par les Prophètes, en particulier Isaïe, YSŒYHW, <em>Yeschayahou</em>. Dans les invocations des Psaumes, il apparaît conjointement avec le verbe HWSYŒ, <em>Hoshy&#8217;a</em>, par exemple sous la forme HWSYŒNY, <em>Hoshy’ény</em>, « Sauvegarde-moi ! » (Voir A 34 : <em><a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/10/17/hosanna/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Hosanna !</a></em>).  Dans le psaume 118, verset 25, figure l’invocation ANA YHWH HWSYŒH NA ! <em>Ana Adonaï Hoshy’ah-Na !</em> Ah Adonaï sauvegarde donc ! </p>
<p>Durant les six premiers jours de <em>Soukkot</em>, la fête des Cabanes, les fidèles en procession font le tour de l’estrade où est lue la Torah, les palmes en main, au rythme d’hymnes dont le refrain est &#8220; <em>Hosha‘-na !</em>  ». Le septième jour, dit <em>Hosha‘na Rabba</em>, le « grand Hosha’na », on fait sept fois le tour de la Torah. Or c’est par l’acclamation « Hosanna ! » du Psaume 118 que la foule accueille Jésus à Jérusalem le jour des Rameaux :<br />
« <em>Les foules le précédaient et le suivaient en criant : Hosanna pour le Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! </em>» (<em>Matthieu</em> 21,9)</p>
<p>Comment le rite de Soukkot, fête d&#8217;automne, est devenu celui des Rameaux, fête de printemps, n&#8217;est pas expliqué dans les livres d&#8217;histoire, encore moins dans ceux d&#8217;histoire sainte.  De même, on n&#8217;explique pas que la généalogie messianique qui ouvre l’Évangile de Matthieu fait discrètement référence à <em>Josué</em>, fils de <em>Noun</em> : <em>Matthieu</em>, 1, 17-21 : &#8220;<em>Il y a donc en tout <strong>quatorze</strong> générations d&#8217;Abraham jusqu’à David, <strong>quatorze</strong> générations de David jusqu’à la déportation à Babylone, et <strong>quatorze</strong> générations de la déportation à Babylone jusqu’au Christ (&#8230;) Un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : &#8220;( &#8230; Marie, ta femme, &#8230;) enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de <strong>Jésus</strong> ; c’est lui qui <strong>sauvera</strong> son peuple de ses péchés.</em>.</p>
<p>« Saluer » quelqu’un, c’est lui souhaiter le « Salut », la survie. Dieu vous garde !</p>
<p>(1) <em>Le Pentateuque. La Bible d’Alexandrie</em>« , Gallimard, Folio-Essais, 2001.</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/02/24/20-passage-en-revue/">À suivre</a></p>
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		<title>18. Les cornes de Moïse</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/24/18-les-cornes-de-moise/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 21:30:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la célèbre statue de Michel-Ange, Moïse porte deux petites cornes, souvent attribuées à une erreur qu&#8217;aurait commise Jérôme de Stridon, auteur vers l&#8217;an 400 de la &#8220;Vulgate&#8221;, traduction de la Bible hébraïque en latin.
Rayonnement
La dite erreur concernerait Exode 34, 29 et 30, puis 35 : “Lorsque Moïse redescendit de la montagne du Sinaï, les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la célèbre statue de Michel-Ange, Moïse porte deux petites cornes, souvent attribuées à une erreur qu&#8217;aurait commise Jérôme de Stridon, auteur vers l&#8217;an 400 de la &#8220;Vulgate&#8221;, traduction de la Bible hébraïque en latin.</p>
<p><span id="more-720"></span><strong>Rayonnement</strong></p>
<p>La dite erreur concernerait <em>Exode</em> 34, 29 et 30, puis 35 : “<em>Lorsque Moïse redescendit de la montagne du Sinaï, les deux tables du Témoignage étaient dans la main de Moïse ; quand il descendit de la montagne, Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait (QRN, </em>Qarane<em>) parce qu’il avait parlé avec Lui. Aaron et tous les Enfants d&#8217;Israël virent Moïse, et voici que la peau de son visage rayonnait (QRN, </em>Qarane<em>), et ils avaient peur de l’approcher (…) et les Enfants d&#8217;Israël voyaient le visage de Moïse rayonner (QRN, </em>Qarane<em>)</em>”.</p>
<p>Pour rendre ce triple QRN <em>Qarane</em>, la Vulgate porte &#8220;<em>cornuta</em>&#8220;, ce qui donne à Moïse un visage (<em>facies</em>) &#8220;cornu&#8221;. Il ne s&#8217;agit pas là d&#8217;une simple assonnance (QoRNu ?). QRN, vocalisé <em>Qérène</em>, signifie bel et bien “corne”. La première occurrence de QRN dans la Torah est celle de <em>Genèse</em> 22, 13 dans laquelle QRN désigne les cornes du bélier substitué à Isaac ligoté : « Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson &#8220;par les cornes&#8221; (BQRNYW, <em>Beqarnayiv</em>) ». Ensuite une occurrence fréquente est celle des « cornes de l’autel » (QRNT HMÇBE, <em>Qarenot’ HaMizbéa’h</em>) du Désert. Celles-ci évoquent les quatre pointes d’une &#8220;couronne&#8221; (<em>QouRoNne</em> ?). &#8220;<em>L&#8217;interprétation des Pères de l&#8217;Eglise fera de ces cornes une allégorie de la croix du Christ, de sa puissance et de la diffusion du salut aux quatre coins de l&#8217;Univers</em>&#8221; (1). Remarquons au passage que ces quatre cornes sont aux quatre coins de l&#8217;autel, et qu&#8217;en anglais &#8220;coin&#8221; se dit <em>corner</em>. </p>
<p>Le rayonnement de Moïse se retrouvera dans l’épisode évangélique de la “Transfiguration” (<em>Matthieu</em> 17:1-9; <em>Marc</em> 9:2-10; <em>Luc </em>9: 28-36), Moïse, symbole de la Loi, qui descend du Sinaï, et Elie, symbole des Prophètes, qui monte au Ciel, fusionnent en Jésus, le Salut, qui rayonne seul : (<em>Matthieu</em>, 17, 2) &#8221; <em>Il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière</em>&#8220;. Il y a là l&#8217;origine de l’iconographie chrétienne, dans laquelle le « rayonnement » des Saints est figuré par une « auréole ». Précisément, c’est la peau, ŒWR, <em>‘Or</em>, du visage de Moïse qui rayonne : QRN ŒWR FNY, <em>Qarane ‘Or Peney</em> : &#8220;la peau de son visage rayonnait&#8221;. ŒWR, <em>‘Or</em>, peau, avec un <em>‘Ayin</em>, est très proche de AWR, <em>Or,</em> Lumière, avec un <em>Alef</em> : YHY AWR, Yehi <em>Or</em>, &#8220;Que la Lumière soit&#8221;. Si Michel-Ange avait mis une auréole à Moïse, il l&#8217;aurait abusivement christianisé, et son chef d&#8217;œuvre n&#8217;en serait pas un&#8230;</p>
<p>Dans cet épisode, les &#8220;cornes&#8221; ont disparu. Le grec a trouvé d&#8217;autres mots pour &#8220;rayonner&#8221; ou &#8220;resplendir&#8221;. Mais la racine QRN réapparaît de façon inattendue dans les Évangiles. &#8220;<em>Lorsque Jésus porte narrativement sa croix durant la Passion, il bénéficie, chez Matthieu, Marc et Luc, de l&#8217;aide de Simon &#8220;de Cyrène&#8221;. Pourquoi &#8220;de Cyrène&#8221; ? - parce que &#8220;Cyrène&#8221; est, en hébreu, le jumeau de la racine QRN, que QRN y est &#8220;la corne, la force&#8221;, et que QRN, dans la Bible, s&#8217;accouple très volontiers avec la racine YSŒ/&#8221;sauver&#8221; (racine de Jésus YSWŒ, </em>Yeshou&#8217;a<em>, et de Josué, YHWSŒ, </em>Yehoshu&#8217;a<em>) pour y désigner &#8220;la force - la corne - du Salut&#8221; (cf. </em>2Samuel<em> 22, 3, </em>Psaume<em> 18, 3). De sorte que la Cyrène d&#8217;où est soi-disant originaire (ce Simon) n&#8217;est, en réalité, qu&#8217;un lieu obtenu par midrash</em>&#8221; (2). </p>
<p><strong>Elaborations midrashiques</strong></p>
<p>Rappelons que “Cyrène”, capitale de la Cyrénaïque, sur la côte libyenne, à mi-chemin entre Alexandrie et Carthage, fut un comptoir phénicien (= punique) avant d&#8217;être colonie grecque puis romaine. Son nom est en grec <em>Kurênê</em>, avec un <em>Kappa</em>. La thèse de Bernard Dubourg est que les évènements rapportés dans le Nouveau Testament n&#8217;ont rien d&#8217;&#8221;historique&#8221; (ni, en l&#8217;occurrence, de &#8220;géographique&#8221;) mais résultent d&#8217;élaborations sur le texte hébraïque de l&#8217;Ancien par les procédés connus sous le nom générique de &#8220;<em>midrash</em>&#8220;.</p>
<p>Le soleil a de nombreux rayons, l&#8217;autel a quatre cornes, le cerf a des cornes emmélées, le bélier a deux cornes. Mais la corne à laquelle fait allusion Dubourg est unique, comme celle du rhinocéros (du grec <em>rhinos</em>, nez, et <em>keras</em>, corne). Elle est non seulement associée à l&#8217;idée de Salut, donc au nom de Jésus, mais aussi à l&#8217;onction, donc au mot &#8220;Messie&#8221; (MSYE, <em>Mashya&#8217;h</em>, &#8220;Oint&#8221;) et à l&#8217;huile, SMN, <em>Shémèn</em> en hébreu, qui assonne avec &#8230; Simon (Voir A 32 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/02/25/la-corne-de-cyrene/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">La corne de Kyrène</a>), avec SMWNY, <em>Chemoné</em>, &#8220;huit&#8221; et &#8230; en français, avec &#8220;semence&#8221; et &#8220;séminal&#8221;. (Voir A 33 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/02/08/lonction-du-grand-pretre/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">L&#8217;onction du Grand-Prêtre</a> et <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2012/01/23/de-lhuile-a-la-semence/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">De l&#8217;huile à la semence</a>). C&#8217;est avec une &#8220;corne d&#8217;huile&#8221; que Samuel oint David : <em>1.Samuel</em>, 16, 1 : <em>YHWH dit à Samuel : ” (&#8230;) Emplis ta corne d’huile (QRNK SMN, </em>Qarénekha Shèmèn<em>) et va ! Je t’envoie chez Jessé de Bethléem, car je me suis choisi un roi parmi ses fils.</em>” Et au verset 13 : “<em>Samuel prit la corne d&#8217;huile (AT-QRN HSMN, <em>Ète-Qérène haShèmèn</em>) et oignit (WYMSE, <em>Vayimecha’h</em>) (David) au milieu de ses frères</em>”.</p>
<p>Ces rapprochements expliquent, selon Dubourg, pourquoi un &#8220;Simon de Cyrène&#8221; intervient dans l&#8217;histoire du &#8220;Messie&#8221; et de &#8220;Jésus&#8221;. Mais pourquoi ce personnage aide-t-il précisément Jésus à porter sa croix ? C&#8217;est que la montée au Golgotha contient elle-même une élaboration midrashique sur l&#8217;épisode du &#8220;sacrifice d&#8217;Abraham&#8221;, dit par la tradition juive &#8220;ligature d&#8217;Isaac&#8221;. Or en Genèse 22, 6 &#8220;<em>Abraham prit le bois pour l&#8217;holocauste, le chargea sur son fils Isaac &#8230;</em>&#8220;, c&#8217;est Isaac qui &#8220;porte le bois&#8221;. Simon de Cyrène, qui porte la croix, serait donc une image d&#8217;Isaac. Cette hypothèse est confirmée par les détails donnés par Marc 15, 21 : <em>Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs.</em>. Isaac est le père de Jacob et d’Esaü. Celui-ci est autrement appelé <em>Edom</em>, le roux, <em>Rufus</em> en latin. Le lien entre &#8220;Jacob&#8221; et &#8220;Alexandre&#8221; est moins clair, il semble que l&#8217;étymologie d&#8217;&#8221;Alex-andros&#8221;, &#8220;l&#8217;homme qui défend, qui protège&#8221; fasse allusion à la vaillance de Jacob dans son combat avec l&#8217;ange. Quant au détail &#8220;revenant des champs&#8221; (présent aussi chez Luc 23,26), il fait aussi une claire allusion à Isaac (procédé typique du <em>midrash</em>) ; en <em>Genèse</em> 24, 63-65, Rebecca, choisie pour épouse et ramenée de Mésopotamie par le serviteur Eliezer, découvre son futur époux :  &#8220;<em>Un soir qu’Isaac était sorti pour méditer dans les champs, il leva les yeux, et regarda ; et voici, des chameaux arrivaient. Rebecca leva aussi les yeux, vit Isaac, et descendit de son chameau. Elle dit au serviteur : Qui est cet homme, qui vient dans les champs à notre rencontre ?</em>&#8221;</p>
<p>Le parallèle entre le Sacrifice d&#8217;Abraham et la Passion du Christ n&#8217;est pas complètement ignoré des exégètes chrétiens. Mais il est réservé aux études érudites, pour lesquelles c&#8217;est une de ces concordances entre les événements et les figures de l’Ancien et du Nouveau Testament qui sont censées annoncer l’incarnation, la mort et la résurrection du Christ, sous couvert de &#8220;l&#8217;accomplissement des Ecritures&#8221;. La faible minorité de Chrétiens qui connaissent et étudient les subtilités du midrash juif sont considérés comme aux bornes de l&#8217;hérésie. Pour tout dire, &#8220;c&#8217;est de l&#8217;hébreu&#8221;. </p>
<p>Quand Philippe Sollers édita en 1987 <em>L’invention de Jésus</em>, de Bernard Dubourg, il croyait susciter une grande curiosité publique :  « <em>Ses livres mettent en évidence une découverte révolutionnaire … Il s’agit d’un événement considérable…</em> »… Mais le peu de retentissement qu’eut cette publication le fit déchanter : « <em>La découverte de Dubourg a tout de suite fait l’objet d’un enfouissement absolu. Personne ne voulait en entendre parler. En tant qu’éditeur, je me rappelle cette surdité générale. (&#8230;) Enfouissement chrétien, enfouissement scientiste, enfouissement juif. Les obscurantismes chrétiens, juifs et scientistes se soutiennent mutuellement »</em> » (3). </p>
<p>Il n&#8217;y a aucune chance que les érudits juifs ou chrétiens se saisissent de ces questions, pourtant fondamentale : comment furent écrits les textes &#8220;révélés&#8221; ? Quels liens entretiennent-ils entre eux ?  Le seul espoir ne peut venir que de l&#8217;Université &#8220;laïque&#8221;, si elle veut bien donner au mot de laïcité un sens plus proche de la curiosité intellectuelle de Jean-Jacques Rousseau que dela méchanceté ironique de Voltaire.</p>
<p>(1) &#8220;Le Pentateuque&#8221;, op. cit. note sur <em>Genèse</em> 30, 2, p. 742<br />
(2) Bernard Dubourg, &#8220;<em>L&#8217;invention de Jésus</em>&#8221; t. 2 p. 261-2<br />
(3) Philippe Sollers, <em>Ligne de risque</em> n° 23, novembre 2007, “Il faut parler dans toutes les langues (entretien)“.</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/02/04/19-le-salut-et-le-sauveur/">À suivre</a></p>
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		<title>17. Le Nom imprononçable</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/11/17-le-nom-imprononcable/</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2012 11:49:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme vu au chapitre 3, &#8220;Que la Lumière soit&#8221;, Moïse calcula, à côté du nom commun AL, El, &#8220;dieu&#8221;, un Nom du Dieu Unique de quatre lettres, le &#8220;Tétragramme&#8221;, YHWH, béni soit le Nom.
Le Troisième Commandement
Les deux moitiés de ce Nom sont aujourd&#8217;hui des marques d&#8217;affirmation en allemand, &#8220;Ja !&#8221;, et en français, &#8220;Oui !&#8221;, mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme vu au chapitre 3, &#8220;Que la Lumière soit&#8221;, Moïse calcula, à côté du nom commun AL, <em>El</em>, &#8220;dieu&#8221;, un Nom du Dieu Unique de quatre lettres, le &#8220;Tétragramme&#8221;, YHWH, béni soit le Nom.</p>
<p><span id="more-719"></span><strong>Le Troisième Commandement</strong></p>
<p>Les deux moitiés de ce Nom sont aujourd&#8217;hui des marques d&#8217;affirmation en allemand, &#8220;Ja !&#8221;, et en français, &#8220;Oui !&#8221;, mais il faut les imaginer dites d&#8217;un seul souffle, comme deux fiancés répondant simultanément en ces deux langues au célébrant de leur mariage. Imaginer seulement, car personne ne sait comment ce Nom se prononce, si même il se prononce. Moïse tira en effet une conséquence prodigieuse de l&#8217;Unicité de Dieu, l&#8217;interdiction absolue de prononcer Son Nom. Ce n&#8217;est pas une superstition : si les hommes se mettaient à prononcer le Nom de Dieu, ils adoreraient autant de dieux qu&#8217;il y aurait de prononciations. </p>
<p>Cette affaire est si importante que Moïse en fit le troisième pilier du monothéisme, à savoir le Troisième des Dix Commandements. Le premier est l&#8217;affirmation &#8220;<em>Je suis YHWH ton <em>Elohim</em> (&#8230;)</em>&#8220;, le second est une longue négation de tout autre dieu : &#8220;<em>Tu n&#8217;auras pas d&#8217;autres <em>Elohim</em> devant Ma face (&#8230;)</em>&#8220;. Vient le Troisième (Exode 20, 7) : &#8220;<em>Tu ne prononceras pas en vain le Nom de YHWH ton </em>Elohim<em> (AT-SM-YHWH ALHYK, </em>Ète-Chem-Adonaï Elohéykha<em>); car YHWH ne laisse pas impuni celui qui prononce son Nom en vain</em>&#8220;.</p>
<p>Bien sûr, les traductions de l&#8217;hébreu LA TSA, <em>Lo Tissa</em> divergent (Voir A 30 : &#8220;<a href="http://www.judeopedia.org/blog/2008/07/23/le-troisieme-commandement/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">le Troisième Commandement</a>&#8220;). D&#8217;aucuns disent &#8220;Tu ne porteras pas&#8230; &#8220;, d&#8217;autres &#8220;Tu n&#8217;invoqueras pas&#8230;&#8221; Toujours est-il que la pratique juive est de ne jamais prononcer &#8220;Yahvé&#8221; ni &#8220;Jehovah&#8221; et de toujours prononcer autrement, souvent <em>Adon-Aï</em>, &#8220;Mon Seigneur&#8221;, proche du dieu égyptien <em>Aton</em> et du dieu grec <em>Adonis</em>, mais aussi <em>HaQadosh</em>, &#8220;le Saint&#8221;, ou encore AL-SDY, <em>El-Shadday</em>, &#8220;Dieu Tout-puissant&#8221;. <em>Adonaï</em> est surtout en usage à la synagogue et dans les prières et bénédictions quotidiennes. Dans l&#8217;usage courant contemporain, en Israël et en Diaspora, YHWH se prononce aussi <em>HaChem</em>, &#8220;le Nom&#8221;. On fait souvent suivre la prononciation choisie d&#8217;une formule de révérence, comme &#8220;<em>Baroukh Hou</em>&#8220;, béni soit-Il, d&#8217;où l&#8217;appellation fréquente de YHWH, <em>HaQadosh-Baroukh-Hou</em>, &#8220;le Saint-béni-soit-Il&#8221;. </p>
<p>Une fois ces précautions élémentaires prises, reste à comprendre que le Troisième Commandement vise le blasphème, l&#8217;injure faite au Nom de YHWH, prononcé &#8220;en vain&#8221;, &#8220;pour le mensonge&#8221; dit la traduction du Rabbinat. Cette injure consiste en quelque sorte à &#8220;dé-finir&#8221; Dieu, c&#8217;est-à-dire à en faire un concept fini, résumé en un nom, alors que Sa caractéristique fondamentale est d&#8217;être &#8220;in-fini&#8221;, et même transcendant à toute &#8220;dé-finition&#8221;. La formule &#8220;YHWH ne laisse pas impuni (celui qui blasphème)&#8221; indique à la fois que le blasphème contient sa propre punition, et qu&#8217;il est impossible de s&#8217;en repentir. Le blasphémateur s&#8217;isole, par le fait même, de toutes les autres créatures. Il reste un blasphémateur, quoi qu&#8217;il dise ou fasse pour s&#8217;en affranchir, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il voit &#8220;le sol s&#8217;ouvrir sous ses pas&#8221;, comme le rebelle Coré, QRE, <em>Qora&#8217;h</em>, qui se rebelle contre l&#8217;autorité de Moïse au chapitre 16 du Livre des Nombres et qui est finalement englouti par la terre. </p>
<p>Un cas particulier est celui de l&#8217;antisémite (anti-<em>Chem</em>-ite) qui, au lieu de s&#8217;en prendre au Nom, au <em>Chem</em>, YHWH, s&#8217;en prend à son dérivé YHWDY, <em>Yehudi</em>, &#8220;Jéhovien&#8221;, dont la langue allemande a fait  &#8221;<em>Jud</em>&#8220;, et la langue française &#8220;Juif&#8221;. Tout jugement enfermant les Juifs dans un qualificatif, fût-il élogieux, risque le blasphême, <em>a fortiori</em> s&#8217;il est péjoratif. La qualité de Juif n&#8217;empêche rien, comme le montre le cas récent de l&#8217;historien israélien Shlomo Sand, auteur de &#8220;<em>Comment le peuple juif fut inventé</em>&#8221; (traduit de l&#8217;hébreu, Fayard, 2008). Le processus habituel est que le blasphémateur antisémite, immédiatement dénoncé comme tel, voit dans les mesures d&#8217;isolement prises contre lui une justification de ses injures, et les réitère &#8220;indéfiniment&#8221;, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il résolve à &#8230; changer de nom, possibilité interdite à YHWH, béni-soit-Il.</p>
<p><strong>Personnes morales</strong></p>
<p>Parallèlement à YHWH, Moïse utilise le nom ALHYM, <em>Elohim</em>, parfaitement prononçable, lui. Quoique de forme plurielle - le suffixe YM est la marque du pluriel masculin en hébreu, - c&#8217;est un singulier, qu&#8217;on peut rendre par &#8220;La Totalité des dieux&#8221;. Il est vraisemblable que <em>Elohim</em> ait donné le &#8220;<em>Allah</em>&#8221; arabe, mais aussi le &#8220;<em>Ille</em>&#8221; latin, d&#8217;où vient notre pronom personnel &#8220;Il&#8221;. On peut donc rendre <em>Elohim</em> par &#8220;Il&#8221;, comme dans l&#8217;expression &#8220;Béni-soit-Il&#8221;, ou mieux, par &#8220;Ils&#8221;, comme quand on fait familièrement allusion à des forces qui nous dépassent : &#8220;Qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils ont encore manigancé ?&#8221;  </p>
<p>C’est <em>Elohim</em> qui crée le monde dans le premier chapitre de la Genèse. Pour la Création de l&#8217;Homme apparaît le Nom double, YHWH-ALHYM (<em>Genèse</em> 2, 4). Ensuite les deux Noms sont utilisés alternativement, mais non pas indifféremment. C&#8217;est faire injure au fondateur du monothéisme que de parler, comme le fait l&#8217;&#8221;hypothèse documentaire&#8221;, d&#8217;un &#8220;document yahviste&#8221; et d&#8217;un &#8220;document élohiste&#8221;. Comme si Edmond Dantès et le Comte de Monte-Cristo avaient été imaginés par deux auteurs différents ! De même, s&#8217;il y a deux récits de la Création, c&#8217;est que la conception d&#8217;un enfant peut être décrite du point de vue des parents ou de celui de l&#8217;enfant conçu, bien que ce soit la même conception. </p>
<p>Le recours à la notion de personne morale, qui nous est familière, permet d&#8217;approcher la différence entre <em>Elohim</em> et YHWH. Une personne morale, des entreprises de toutes tailles jusqu&#8217;aux États souverains, peut notamment &#8220;ester en justice&#8221;. Elle représente à la fois des gens décédés et des gens qui ne sont pas encore nés, puisqu&#8217;elle est censée survivre à ceux qui la composent aujourd&#8217;hui. <em>Elohim</em> est la &#8220;personne morale&#8221; représentative de la totalité du genre humain, de la totalité des humains déjà nés, non compris soi-même. <em>Elohim</em> nous est extérieur. Tandis que YHWH, au Nom imprononçable, représente tous les hommes déjà nés et à naître, y compris soi-même. YHWH nous inclut. &#8220;Écoute Israël, YHWH et <em>Elohim</em> ne font qu&#8217;UN&#8221;.</p>
<p>Le mot ETAT, en français, a quatre lettres, comme le Tétragramme <em>Yod Hé Vav Hé</em>, et ses deuxième et quatrième lettres sont identiques, le T pour Etat, le <em>Hé</em> pour YHWH. Au delà de cette analogie formelle, l’essentiel est que le mot Etat et le Tétragramme imprononçable sont chacun, dans leurs langues respectives, de la famille du verbe « Être ». YHWH est souvent traduit par « Celui Qui était, Qui est et Qui sera » avec force majuscules, et l’Etat, avec une majuscule, est en effet une personne morale qui non seulement préexistait à notre naissance et survivra à notre mort, mais dont une des fonctions est précisément d’enregistrer notre naissance et notre décès, et de développer toutes sortes de conséquences de notre venue au monde puis de notre présence dans notre famille et dans la société, et aussi tard que possible, de la gestion de nos restes, de notre héritage et de la trace, aussi ténue soit-elle, que nous laissons derrière nous.</p>
<p>Dans l’épisode du ”Buisson ardent” (<em>Exode</em> 3, 13-14), &#8220;<em>Moïse dit à l&#8217;Elohim : “Or, je vais trouver les enfants d’Israël et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m’envoie vers vous… S’ils me disent: &#8220;Quel est son nom?&#8221; (MH SMW, </em>Mah Chemo?<em>) que leur dirai-je ?”. </em>Elohim<em> dit à Moïse: “Je suis Celui Qui suis (AHYH ASR AHYH </em>Ehyé Acher Ehyé<em>), ” Et il ajouta: “Ainsi diras-tu aux enfants d’Israël: &#8220;Je suis&#8221; (AHYH, </em>Ehyé<em>) m’a envoyé vers vous.” </em> (Voir A 31 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2007/12/26/le-buisson-ardent/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Le Buisson Ardent</a>)</p>
<p><em>Genèse</em> 1, 27 : &#8220;<em>Elohim</em> crée l&#8217;<em>Adam</em> à son image, il le crée à l&#8217;image d&#8217;<em>Elohim</em>, il le crée mâle et femelle&#8221;.<br />
René Descartes (1637) : &#8220;Je pense, donc je suis&#8221;. &#8220;<em>Cogito ergo sum</em>&#8220;.</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/24/18-les-cornes-de-moise/">À suivre</a></p>
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		<title>16. La bavure</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/10/16-la-bavure/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 09:49:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous n&#8217;en avons pas fini avec les fils de Jacob. Deux d&#8217;entre eux se conduisent très mal. 
En Genèse 34, Sichem (SKM, Chekhèm), fils de Hamor, s&#8217;éprend de Dinah, DYNH, fille de Jacob, et couche avec elle. Très amoureux, il propose de l&#8217;épouser, prêt à payer sa dot, aussi élevée soit-elle. Les frères de Dinah [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous n&#8217;en avons pas fini avec les fils de Jacob. Deux d&#8217;entre eux se conduisent très mal. </p>
<p><span id="more-718"></span>En <em>Genèse</em> 34, Sichem (SKM, <em>Chekhèm</em>), fils de Hamor, s&#8217;éprend de Dinah, DYNH, fille de Jacob, et couche avec elle. Très amoureux, il propose de l&#8217;épouser, prêt à payer sa dot, aussi élevée soit-elle. Les frères de Dinah objectent qu&#8217;elle ne saurait épouser un incirconcis et demandent à leurs voisins de se faire circoncire : ainsi &#8220;<em>nous serons un seul peuple</em> (WHYYNW LŒM AED, <em>VeHayénou Le&#8217;Èm E&#8217;had</em>&#8220;). Marché conclu, mais c&#8217;était un traquenard : Versets 24-25 : <em>Tous les mâles se firent circoncire (&#8230;). Le troisième jour, pendant que ceux-ci étaient souffrants, deux fils de Jacob, Siméon et Lévi, frères de Dina, prirent chacun leur épée, tombèrent sur la ville qui se croyait en sécurité, et tuèrent tous les mâles. Ils passèrent aussi au fil de l&#8217;épée Hamor et Sichem, son fils</em>. Ce n&#8217;est pas tout : Versets 27-29 : &#8220;<em>Les fils de Jacob se jetèrent sur les morts, et pillèrent la ville, parce qu&#8217;on avait déshonoré leur sœur. Ils prirent leurs troupeaux, leurs bœufs et leurs ânes, ce qui était dans la ville et ce qui était dans les champs; ils emmenèrent comme butin toutes leurs richesses, leurs enfants et leurs femmes, et tout ce qui se trouvait dans les maisons</em>&#8220;.</p>
<p>Le lecteur, horrifié (il ne faut pas oublier que le premier lecteur de la Torah est Moïse, qui, comme tout auteur inspiré, valide le Texte par le raisonnement et le calcul), s&#8217;attend qu&#8217;au moins Siméon et Lévi soient châtiés; ils sont responsables de ces cruelles représailles, qui visent non seulement l&#8217;auteur du viol, mais des sujets poussant la bonne volonté jusqu&#8217;à se faire circoncire. Or Jacob se montre indulgent ; il ne punit pas ses deux fils, et craint seulement la ruine de sa réputation. Versets 30-31 :  &#8220;&#8221;<em>Alors Jacob dit à Siméon et à Lévi: &#8220;Vous me rendez odieux aux habitants du pays (&#8230;) ils se rassembleront contre moi, ils me frapperont, et je serai détruit, moi et ma maison&#8221;</em>. À quoi ils répondent seulement : &#8220;<em>Traitera-t-on notre sœur comme une prostituée ?</em> &#8220;. </p>
<p>Violer une jeune fille est un crime, passible du tribunal (le nom de Dina, DYNH, renvoie au juge, DYN, <em>Dayan</em> et au Palais de justice, BT-DYN, <em>Bet-Din&#8217;</em>). Or un peuple sans tribunal ne saurait subsister, ce qui voue Sichem au sort de Sodome. Croire, par ailleurs, que la circoncision suffit pour faire partie de la famille et du peuple d&#8217;Israël (Jacob a reçu ce nom deux chapitres auparavant), c&#8217;est n&#8217;avoir rien compris à l&#8217;histoire d&#8217;Abraham, de l&#8217;annonciation à la ligature d&#8217;Isaac : la circoncision est un &#8220;signe&#8221; de l&#8217;alliance conclue avec YHWH, ce n&#8217;est pas l&#8217;alliance. Entrer dans un peuple, et ceci ne vaut pas seulement pour celui d&#8217;Israël, suppose en assumer l&#8217;histoire et en partager le destin, ce qui n&#8217;est pas impossible mais exige des formalités autrement plus complexes qu&#8217;une simple opération chirurgicale, aussi douloureuse soit-elle.</p>
<p>Mais Jacob n&#8217;en reste pas là. La violence dont ont fait preuve ses deuxième et troisième fils lui reste en travers de la gorge. Sur son lit de mort, au moment de bénir ses enfants, il s’écrie (Genèse 49, 5-7) : &#8220;<em>Siméon et Lévi sont frères; leurs glaives sont des instruments de violence. (&#8230;) Maudite soit leur colère, car elle est violente, Et leur fureur, car elle est cruelle! Je les disséminerai dans Jacob, Et je les disperserai dans Israël</em>&#8220;.</p>
<p>Aux termes de cette dernière prophétie, la tribu de Lévi n&#8217;aura pas de territoire propre ; en raison de leur fonction sacerdotale, ses membres seront répartis sur l’ensemble du pays d&#8217;Israël. Quant à la tribu de Siméon, elle sera enclavée dans le territoire de celle de Juda (Voir A30 : <a href="http://" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/');">Le châtiment de Siméon</a>). « Ainsi neutralisée, la menace représentée par les mœurs violentes des deux frères se trouvera écartée, et leur dispersion parmi les tribus d’Israël aura un effet salutaire sur la nation. Car ils apporteront à leurs frères, et notamment aux époques de persécution et de défaite, leur courage, leur force, leur flamme sacrée et un noble sentiment de fierté. » (1)</p>
<p>L&#8217;État, transcendant aux mortels qui le constituent à chaque instant, est détenteur de la violence légitime : il peut déclarer la guerre à d&#8217;autres États et contraindre par la force les individus qui ne respectent pas la loi, mais la violence a des limites. Le bombardement de Dresde ou la bombe atomique de Nagasaki furent de trop, mais ces excès n&#8217;ont pas mis en cause la légitimité du combat que menaient alors le Royaume-Uni contre l&#8217;Allemagne et les Etats-Unis contre le Japon. Il appartient à chaque État en guerre de proportionner les moyens employés aux buts poursuivis et de sanctionner l&#8217;usage excessif de la force, sous peine de voir la ruine de sa réputation servir d&#8217;arme à ses ennemis. Quant aux fanatiques, il y a lieu de punir leurs transgressions, mais pour le reste, il importe d&#8217;en canaliser la violence et d&#8217;encadrer leur ardeur. </p>
<p>(1) D&#8217;après Elie Munk, <em>La voix de la Torah</em>, commentaire sur <em>Genèse</em> 34, 7</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/11/17-le-nom-imprononcable/">À suivre</a></p>
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		<title>15. Le nom de famille</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/02/15-le-nom-de-famille/</link>
		<comments>http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/02/15-le-nom-de-famille/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 Jan 2012 22:15:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Révélation]]></category>

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		<description><![CDATA[Le parfum des mandragores a des effets puissants. 
Il donne non seulement à Léa ses deux derniers garçons et sa fille, Dina (Voir A 25 : Les Mandragores), mais il obtient l&#8217;impossible : Rachel met enfin au monde un fils. 
Belles-familles
Genèse 30, 22-24 : Et Elohim se souvint de Rachel; et Elohim l&#8217;écouta et ouvrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le parfum des mandragores a des effets puissants. </p>
<p><span id="more-715"></span>Il donne non seulement à Léa ses deux derniers garçons et sa fille, Dina (Voir A 25 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/11/11/les-mandragores/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Les Mandragores</a>), mais il obtient l&#8217;impossible : Rachel met enfin au monde un fils. </p>
<p><strong>Belles-familles</strong></p>
<p><em>Genèse</em> 30, 22-24 : <em>Et Elohim se souvint de Rachel; et Elohim l&#8217;écouta et ouvrit sa matrice. Et elle conçut, et enfanta un fils, et dit: Elohim a ôté (AXF, </em>Assaf<em>) mon opprobre. Et elle appela son nom Joseph (YWXF, </em>Yossef<em>) en disant: Que YHWH m&#8217;ajoute (YXF, </em>Yossef<em>) un autre fils </em>. La racine XF, <em>Samek Pé</em>, signifie à la fois &#8220;ôter&#8221; et &#8220;ajouter&#8221; ; une composante bien connue du &#8220;blues de l&#8217;accouchée&#8221; est que l&#8217;enfant né n&#8217;est pas l&#8217;enfant rêvé ; toute naissance est pour la mère un don de Dieu, mais c&#8217;est aussi un renoncement à toutes sortes de rêves, ne serait-ce que parce que l&#8217;enfant est garçon ou fille. Or Joseph sera un spécialiste des rêves.</p>
<p>Pour Jacob, le compte est bon : de Léa, il a six fils et une fille, des servantes quatre fils, dix au total ; et même Rachel a un nouveau-né, le onzième fils, que son père chérit. Il est temps pour lui de rentrer à la maison. <em>Genèse</em> 30, 25-26 &#8220;<em>Lorsque Rachel eut enfanté Joseph, Jacob dit à Laban: Laisse-moi partir, pour que je m&#8217;en aille chez moi, dans mon pays. Donne-moi mes femmes et mes enfants, pour lesquels je t&#8217;ai servi, et je m&#8217;en irai; car tu sais quel service j&#8217;ai fait pour toi.</em>&#8221; </p>
<p>Ça n&#8217;est pas si simple. Laban proteste : ces femmes, ces enfants, ces troupeaux, sont tout autant à lui qu&#8217;à Jacob. Comment les partager ? On essaye un critère génétique, les pelages tachetés. C&#8217;est mêler l&#8217;Eternel à l&#8217;affaire, ce qui favorise Jacob, et ne laisse rien à son beau-père. Les deux sœurs, filles de Laban et épouses de Jacob, s&#8217;inclinent : <em>Genèse</em> 31 14-16 &#8220;<em>Rachel et Léa répondirent, et dirent à Jacob : Avons-nous encore une part et un héritage dans la maison de notre père? Ne sommes-nous pas regardées par lui comme des étrangères, puisqu’il nous a vendues, et qu’il a mangé notre argent? Toute la richesse qu&#8217;Elohim a enlevée à notre père, elle est à nous et à nos fils. Fais maintenant tout ce que Elohim t’a dit.</em>&#8221;</p>
<p>Jacob part donc, avec ses gens et ses troupeaux, Rachel dérobant de plus les idoles domestiques, les TRFYM, <em>Térafim</em> qu&#8217;elle cache sous son séant. Mais Laban rattrape les fugitifs et cherche les idoles. Au verset 35, Rachel dit à son père : “<em>Que mon seigneur ne se fâche point si je ne puis me lever devant toi, car j’ai ce qui est ordinaire aux femmes</em>“, c’est-à-dire ses règles. Finalement, au verset 43, Laban propose de traiter :  <em>&#8220;Maintenant, viens, nous ferons une alliance, moi et toi; et elle sera en témoignage entre moi et toi.&#8221;</em> Une borne (en hébreu GL, <em>Gal</em>) matérialise cette alliance, marquant une frontière linguistique, floue, source de malentendus : le verset 47 en donne le nom pour les deux parties : GL-ŒD, <em>Galed</em>, &#8220;Borne-témoin&#8221;, dans la langue de Jacob, l&#8217;hébreu, YGR SHDWTA, <em>Yegar Sahadouta</em>, dans la langue de Laban, l&#8217;araméen. Au moins, cette affaire se termine sans violence ni sang, sauf celui des règles féminines. On aurait cependant tort d&#8217;y voir une médiocre rupture entre belles-familles ; il s&#8217;agit de l&#8217;identité d&#8217;une famille. </p>
<p><strong>Ascendants </strong></p>
<p>Jacob, avec ses femmes et leurs règles, avec les idoles domestiques de sa belle-famille, part avec son patrimoine génétique “araméen”, venu de Laban, que Léa, Rachel et leur descendance, vont désormais transmettre, de génération en génération, et dans lequel vont piocher, silencieusement, les descendants de Jacob. Ce nom d&#8217;Aram, ARM, renvoie aux origines géographiques et généalogiques de la famille d&#8217;Abram, AB-RM (Voir A 26 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/11/17/laban-larameen/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Laban l&#8217;Araméen</a>). Lorsqu&#8217;il s&#8217;était agi de trouver une épouse à Isaac, Abraham avait demandé à son serviteur Eliezer de partir la lui choisir  : &#8220;<em>Tu iras dans mon pays et dans mon lieu natal </em>&#8221; (<em>Genèse</em> 24, 4) ; il est bien entendu que l&#8217;élue devra donner son consentement. Eliezer prévoit de désigner, une fois arrivé, celle qui lui donnera à boire, à lui d&#8217;abord, puis à ses chameaux ; celle qui satisfait à ces exigences se trouve être Rébecca, RBQH,<em>Rivqah</em>, une cousine d&#8217;Isaac, <em>fille de Bethuel l&#8217;Araméen, de Paddan-Aram, sœur de Laban l&#8217;Araméen</em>. (<em>Genèse</em> 25, 20). Sa famille habite un lieu vague, plutôt toute une contrée, Paddan-Aram, FDN-ARM, la &#8220;plaine d&#8217;Aram&#8221;, quelque chose comme &#8220;le Haut-Plateau&#8221;. La longueur du récit de la mission d&#8217;Eliézer, aux détails répétés, témoigne de l&#8217;importance que les parents doivent accorder au choix et à la généalogie des conjoints de leurs enfants. </p>
<p>Le nom de Laban peut se lire L-BN, &#8220;pour fils&#8221;, Pour que naisse un fils, il faut un père et une mère, il faut deux grands-pères. Chacun de nous a deux parents, quatre grands-parents dont deux grands-pères&#8230; et ainsi de suite. Sauf mariages entre cousins, nous avons, à la septième génération, 128 ancêtres des deux sexes, et à la huitième 128 ancêtres masculins. Mais un seul de ces ancêtres est notre AB-RM, notre père &#8220;en haut&#8221; de l&#8217;arbre généalogique, le père du père du père &#8230; en lignée &#8220;agnatique&#8221;, dont nous portons le nom. Les 127 autres, à la même génération, sont aussi nos ancêtres &#8220;d&#8217;en haut&#8221; de l&#8217;arbre, nos ancêtres &#8220;araméens&#8221;, mais entre eux et nous, il y a une ou plusieurs femmes, une ou plusieurs mères. De cette foule, de cette multitude d&#8217;ancêtres, nous reçevons une part de patrimoine génétique, mais nous perdons leurs noms. Jacob, après son corps-à-corps avec l&#8217;ange, reçoit le nom d&#8217;Israël. Il demande alors le sien à son adversaire et ne reçoit pas de réponse : &#8220;<em> Pourquoi demandes-tu mon nom? Et il le bénit là.</em> (<em>Genèse</em> 32, 30)&#8221;. Quand un père marie son fils, il espère perpétuer son nom avec la naissance de petit-fils. Le père de la mariée, lui, espère seulement une descendance, au nom indifférent.</p>
<p><strong>Descendants</strong></p>
<p>Jacob est un descendant, Israël sera un ancêtre. <em>Genèse</em> 35, 9-12 <em>Elohim apparut encore à Jacob, à son retour de Paddan-Aram, et le bénit; et Elohim lui dit: Ton nom est Jacob; ton nom ne sera plus appelé Jacob, mais Israël sera ton nom. Et il appela son nom Israël. Et Elohim lui dit: Je suis le Tout-puissant; fructifie et multiplie; une nation, et une assemblée de nations seront de toi; et des rois sortiront de tes reins. </em> </p>
<p>Alors que la prophétie faite à Abraham parlait d&#8217;engendrer des nations (GWYM, <em>Goyim</em>), celle faite à Jacob dit &#8220;<em>une nation et une assemblée de nations</em>&#8221; (GWY WQHL GWYM, <em>Goy OuQehal Goyim</em>) ! Le piquant est que ce mot QHL, <em>Qehal</em>, &#8220;assemblée&#8221;, va donner QHLH, <em>Qehilah</em>, &#8220;communauté&#8221; ou plutôt &#8220;congrégation&#8221;, au sens protestant du terme, et <em>Qohelet</em>, traduit par &#8220;Ecclésiaste&#8221;.  QHL, c&#8217;est <em>ecclésia</em> en grec puis en latin, d&#8217;où &#8220;église&#8221; ; d&#8217;aucuns disent que <em>Ecclésia</em> et <em>Qehilah</em> sont phonétiquement apparentés. Toujours est-il que dans la Septante grecque, dans ce verset de la Genèse, QHL est traduit par &#8230; synagogue ! Une synagogue de Goyim ! (Voir A 27  &#8220;<a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/12/21/une-assemblee-de-peuples/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Une assemblée de peuples</a>&#8220;). Il fut un temps où une synagogue et une église, c&#8217;était la même chose, une assemblée de fidèles lisant la Bible en grec ! comment ces fidèles pouvaient-ils imaginer que le 29 novembre 1947, après quelques péripéties dramatiques, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies déciderait la création d&#8217;un État juif en Palestine ? et que cet État juif prendrait le nom d&#8217;Israël ? </p>
<p>Rachel, elle, ne voit pas se constituer sa descendance. <em>Genèse</em> 35, 16-20. &#8220;<em>Ils partirent de Béthel. Il restait un bout de chemin pour arriver à Éphrata quand Rachel accoucha. Ses couches furent pénibles. Et, comme elle accouchait difficilement, la sage-femme lui dit : &#8220;Rassure-toi, c&#8217;est encore un fils que tu as !&#8221; Au moment de rendre l&#8217;âme, car elle se mourait, elle le nomma Ben-Oni, BNAWNY, mais son père l&#8217;appela Benjamin, BNYMYN, </em>Binyamine<em>. Rachel mourut et fut enterrée sur le chemin d&#8217;Éphrata - C&#8217;est Bethléem. Jacob dressa une stèle sur son tombeau; c&#8217;est la stèle du tombeau de Rachel, qui existe encore aujourd&#8217;hui</em>.&#8221; La mort de Rachel marque profondément Jacob, au point que sur son lit de mort, en Egypte, il la rappelle à Joseph : <em>Genèse</em> 48, 7 &#8220;<em>A mon retour de Paddan, Rachel mourut en route auprès de moi, dans le pays de Canaan, à quelque distance d&#8217;Ephrata; et c&#8217;est là que je l&#8217;ai enterrée, sur le chemin d&#8217;Ephrata, qui est Bethléem.</em>&#8220;. </p>
<p>Rachel, mère de Joseph, à qui l&#8217;Eternel &#8220;ôte&#8221; la vie en lui &#8220;ajoutant&#8221; un deuxième fils, symbolise toutes les douleurs de la maternité. Se reconnaissent en elle les femmes dont l&#8217;enfant tarde à venir, les mères dont l&#8217;enfantement est douloureux et celles dont l&#8217;enfant vit sous un autre nom que celui qu&#8217;elle leur aurait donné, tel Ben-Oni, et par extension celles qui perdent un enfant avant le terme, ou prématurément avant qu&#8217;il reçoive un nom&#8230;  Le chemin d&#8217;Ephrata, AFRTH, nom formé (comme celui d&#8217;Ephraïm, AFRYM, nom d&#8217;un petit-fils de Rachel) sur AFR, &#8220;cendre&#8221; et FRT, FeRTile (Voir A 28, &#8220;<a href="http://www.judeopedia.org/blog/2007/07/15/cendre-et-poussiere/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Cendre et poussière</a>&#8220;, <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2007/07/22/bethleem/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Bethléem sur l&#8217;Euphrate</a>), lieu inaccessible et ambigu, mène là &#8220;où l&#8217;on renaît de ses cendres&#8221;. Le tombeau de Rachel, à la porte de Bethléem côté Jérusalem, devient dès lors un lieu de pélerinage féminin.</p>
<p><strong>Nés quelque part</strong>  </p>
<p>Une seule fois Moïse réutilisera le mot ARMY, <em>arami</em>, &#8220;araméen&#8221;. Peu avant sa mort, faisant ses dernières recommandations aux Enfants d’Israël au seuil de la Terre Promise, il leur prescrit, en <em>Deutéronome</em> 26,5, le rite de la fête de <em>Pessa&#8217;h</em>, FXE, qui consiste à commémorer chaque année en famille la Sortie d&#8217;Egypte. Le récit qu&#8217;il en fait commence par trois mots énigmatiques :  ARMY ABD ABY, <em>Arami Oved Avi</em>, généralement traduits par “Mon père (était) un Araméen perdu” (ou “errant”, ou “nomade”, ou &#8220;qui périssait&#8221;&#8230; )&#8230;  &#8220;Il venait de la haute&#8221;, en somme&#8230; D&#8217;ailleurs la suite du verset dit : &#8220;Il descendit en Egypte &#8230;&#8221;. Le retour des exilés en Terre d&#8217;Israël sera appelé <em>Alyah</em>, &#8220;montée&#8221;.</p>
<p>Mais le Targoum (traduction commentée de la Torah en&#8230; araméen) comprend : « l’Araméen voulait tuer mon père. » Les démêlés avec &#8220;Roma&#8221;, autre &#8220;Ville haute&#8221; (aux sept collines), sont passés par là. &#8220;Araméen&#8221; devient un nom codé pour &#8220;Romain&#8221; : le Romain, ce &#8220;hautain&#8221;, veut tuer mon père, il veut me priver de mon identité. La <em>Haggadah</em> lue chaque année pendant le <em>Seder</em> de <em>Pessa’h</em> applique logiquement le verset à Laban dans un parallèle saisissant avec Pharaon : “<em>Considérons ce que Laban l’Araméen méditait de faire à Jacob, notre père : Pharaon, dans ses ordres cruels, ne visait que les enfants mâles, tandis que Laban voulait tout détruire, comme il est dit : ARMY ABD ABY</em>, <em>Arami Oved Avi</em>.&#8221; En voulant accaparer la descendance de Jacob, Laban &#8220;tue dans l&#8217;œuf&#8221; toute idée de &#8220;peuple d&#8217;Israël&#8221;.  Laban n&#8217;est pas méchant, il est simplement &#8220;négationniste&#8221; : pour lui, une descendance ne forme pas un peuple.</p>
<p>Le nom &#8220;Israël&#8221;, et ceux de Jacob et de ses fils, ouvrent le Livre de l&#8217;Exode, le deuxième livre de Moïse, qu&#8217;on appelle en hébreu précisément SMOT, <em>Chemot&#8217;</em>, &#8220;Noms&#8221;. Ces noms font ainsi le lien, l&#8217;interface, avec le premier livre, <em>Bereshit</em>, BRASYT, &#8220;Au commencement&#8221;. <em>Exode</em> 1, 1-9 : &#8220;<em>Voici les noms des Enfants d&#8217;Israël (SMWT BNY YSRAL, </em>Chemot&#8217; Bnéy Israël<em>) venus en Egypte avec Jacob et la famille de chacun d&#8217;eux: Ruben, Siméon, Lévi, <strong>Juda, Issacar</strong>, Zabulon, Benjamin, Dan, Nephthali, Gad et Aser. Les personnes issues de Jacob étaient soixante-dix ; <strong>or Joseph était en Egypte</strong>. Et Joseph mourut, et tous ses frères, et toute cette génération-là. Et les fils d&#8217;Israël fructifièrent et foisonnèrent, et multiplièrent, et devinrent très très forts; et le pays en fut rempli. Et un nouveau roi (MLK EDS, <em>Melèkh &#8216;Hadash</em>) se leva sur l&#8217;Egypte, qui n&#8217;avait point connu Joseph. Et il dit à son peuple: Voici, le peuple des fils d&#8217;Israël (ŒM BNY YSRAL, <em>&#8216;Am Benéy Israël</em>) est nombreux et plus fort que nous</em>&#8220;. </p>
<p>Un peuple distinct du peuple d&#8217;Egypte est donc né, dont Pharaon s&#8217;efforce d&#8217;interrompre la multiplication. Au verset 22, après avoir constaté le privilège du sexe féminin, celui de mettre au monde, &#8220;<em>Pharaon commanda à tout son peuple, disant: Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve; mais toute fille, laissez-la vivre !</em>. Au chapitre 2, pour échapper au décret de Pharaon, une femme de la tribu de Lévi fait flotter un petit garçon sur le Fleuve. Moïse, &#8220;sauvé des eaux&#8221;, désigné comme &#8220;hébreu&#8221; puis nommé par la fille de Pharaon qui le recueille, s&#8217;identifie en grandissant avec les Hébreux persécutés, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;Elohim, au chapitre 3 (6-11) lui révèle le nom d&#8217;Israël, et celui de ses ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob, lors de la scène du &#8220;Buisson Ardent&#8221; .</p>
<p><strong>Être ou ne pas être</strong></p>
<p>Nous sommes tous &#8220;nés quelque part&#8221;, comme dit la chanson de Maxime Leforestier, nous ne choisissons ni notre sexe, ni nos parents, ni notre lieu de naissance. Nos parents choisissent notre prénom, mais ils ne choisissent pas notre nom de famille. Chacun de nous a vogué comme embryon puis foetus dans sa &#8220;<em>Tebah</em>&#8220;, TBH, arche et corbeille, puis a été &#8220;sauvé des eaux&#8221; quand la sage-femme nous a présenté à notre mère. Une fois adulte, chaque fils se demande : &#8220;Pourquoi suis-je moi, et pas un autre ?&#8221;. Moïse répond : &#8220;Parce que le Hasard, béni soit-Il, a d&#8217;abord choisi mon sexe, puis a éliminé tous les autres petits garçons que mes parents auraient pu avoir&#8221;. </p>
<p>La métaphore de Moïse va loin, si loin que l&#8217;Évangile de Matthieu &#8220;accomplit&#8221; le récit de l&#8217;Exode, en couplant la naissance de Jésus avec le &#8220;massacre des Innocents&#8221;, par lequel le roi Hérode élimine, non plus les seuls bébés mâles, mais les petits enfants des deux sexes, de moins de deux ans. Jésus, comme Moïse, échappe à ce massacre. Lui, c&#8217;est parce que Joseph, le mari de sa mère, dûment averti en songe, fuit en Egypte avec sa famille. Dans son récit, Matthieu accumule les allusions à Joseph, fils de Jacob et de Rachel. Et il se réfère aussi à un verset du prophète Jérémie, où il est question de Rachel.<br />
<em>Matthieu</em> 2, 13-21 : &#8220;<em>Lorsqu’ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut <strong>en songe</strong> à Joseph, et dit : &#8220;Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, <strong>fuis en Égypte</strong>, et restes-y jusqu’à ce que je te parle ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr&#8221;. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et <strong>se retira en Égypte</strong>. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : &#8220;<strong>J’ai appelé mon fils hors d’Égypte</strong>&#8220;. Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète : &#8220;On a entendu des cris à Rama, des pleurs et de grandes lamentations : Rachel pleure ses enfants, et n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont plus&#8221;. <strong>Quand Hérode fut mort</strong>, voici, un ange du Seigneur <strong>apparut en songe à Joseph, en Égypte</strong>, et dit : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et <strong>va dans le pays d’Israël</strong>, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts. Joseph se leva, prit le petit enfant et sa mère, et alla dans le pays d’Israël. </em>&#8220;.</p>
<p>Le prophète Jérémie, dont le nom YRMYHW, <em>Yirmeyahou</em>, &#8220;Dieu élèvera&#8221;, contient la syllabe RM, connaît la Torah de Moïse, il sait que le peuple élu s&#8217;est établi en <em>Erets Israel</em>, il connaît <em>Ramah</em>, RMH, la Haute, résidence du prophète Samuel, celui qui a sacré (&#8221;oint&#8221; disent les spécialistes) les deux premiers Rois d&#8217;Israël, Saül et David ; il sait que David a transféré l&#8217;Arche sainte à Jérusalem, où son fils Salomon a bâti le Temple. Or, contemporain de la prise de Jérusalem par les Assyriens, il est témoin de l&#8217;exil forcé des Enfants d&#8217;Israël. La question est donc de savoir si le peuple peut subsister ailleurs que sur sa terre. La réponse du Prophète est &#8220;Pourquoi pas ?&#8221; Resté à Jérusalem, il invente la Diaspora. Il écrit à ses compatriotes exilés à Babylone, de la part de l’Éternel : &#8220;<em>Bâtissez des maisons et habitez-y ; plantez des jardins et mangez-en les fruits; prenez des femmes pour vos fils et donnez vos filles à des maris et qu&#8217;elles enfantent des fils et des filles ; et multipliez-vous là et ne diminuez pas. Et cherchez la paix de la ville où Je vous ai transportés et priez YHWH pour elle; car dans sa paix sera votre paix</em> &#8221; (<em>Jérémie</em> 29, 5-7). Ce n&#8217;est pas parce que vous êtes dispersés que vous n&#8217;êtes plus un peuple, dès lors que vous gardez la Torah, et que vous avez les yeux tournés vers Jérusalem.<br />
Vient le chapitre 31, qui commence ainsi : &#8220;<em>En ce temps, dit YHWH, je serai un Elohim pour toutes les familles d’Israël, et elles me seront un peuple</em>&#8220;. Et de décrire en termes lyriques le rassemblement des dispersés et des exilés. Mais au milieu de l&#8217;exultation, au verset 15, une note discordante : <em>On a entendu des cris à Ramah (BRMH, </em>BeRamah<em>), des pleurs et de grandes lamentations : Rachel pleure ses enfants, et n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont pas (AYNNW, </em>Eynénou). &#8220;Ils ne sont pas&#8221; ? ou &#8220;Ils ne sont plus&#8221; ?</p>
<p>Dans la Genèse, la première occurrence de AYNNW, <em>Eynénou</em>, concerne précisément &#8230; Laban. Genèse 31, 2 : <em>Jacob regarda le visage de Laban; certes il n&#8217;était pas (AYNNW, </em>Eynénou<em>) envers lui comme avant.</em>. Les occurrences suivantes visent les allers-retours des frères de Joseph entre Canaan et l&#8217;Egypte. A chaque fois, il en manque un : Benjamin, retenu par Jacob, Siméon, otage de Joseph &#8230; A chaque fois, AYNNW, <em>Eynénou</em>, &#8220;il n&#8217;est pas là&#8221;.  AYN, <em>Eyn</em> c’est le « Non-Être » absolu, « Il n’y a pas ». AYNNW, <em>Eynènou</em>, « Il n’y a pas « pour nous » est relatif. (Voir A 29 : <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/12/19/realite-et-apparence/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Réalité et apparence</a>, <a href="http://www.judeopedia.org/blog/2011/12/20/etre-ou-ne-pas-etre/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Être ou ne pas être</a>). Dans le texte de Jérémie, Rachel, de là-haut, ne pleure pas des morts, elle pleure des absents, les exilés qui ne rentrent pas d&#8217;exil, &#8220;assimilés&#8221; qu&#8217;ils sont à la civilisation environnante. Rachel de Ramah, l’Araméenne.</p>
<p>Pharaon fait noyer les petits garçons hébreux de la génération de Moïse, sauf Moïse. Hérode fait massacrer les petits enfants nés à Bethléem les deux années précédentes, l&#8217;an Zéro avant Jésus-Christ et l&#8217;an Zéro après Jésus-Christ. Sauf Jésus-Christ.</p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2012/01/10/16-la-bavure/">À suivre</a></p>
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		<title>Proximité de Hanouka et de Noël</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/12/20/proximite-de-hanouka-et-de-noel/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 12:25:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Concordances]]></category>

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		<description><![CDATA[Hanouka et Noël sont cette année, très proches. Voici quelques articles ou billets sur les dates de Hanouka, du solstice d&#8217;hiver et de Noël.
Jésus est-il né au solstice d&#8217;hiver ?
Le méridien de Jérusalem 
Du 25 Kislev au 25 décembre
Questions sur les Macchabées
Inauguration et Dédicace
Hanouka, fête de l&#8217;Inauguration
Les encénies
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hanouka et Noël sont cette année, très proches. Voici quelques articles ou billets sur les dates de Hanouka, du solstice d&#8217;hiver et de Noël.</p>
<p><span id="more-717"></span><a href="http://www.cdweb.com/mll/Textes/baer.htm" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.cdweb.com');">Jésus est-il né au solstice d&#8217;hiver ?</a><br />
<a href="http://www.cdweb.com/mll/Textes/meridien.htm" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.cdweb.com');">Le méridien de Jérusalem</a> </p>
<p><a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2006/12/18/du-25-kislev-au-25-decembre/">Du 25 Kislev au 25 décembre</a><br />
<a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2009/01/07/questions-sur-les-maccabees/">Questions sur les Macchabées</a><br />
<a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2009/05/22/inauguration-et-dedicace/">Inauguration et Dédicace</a></p>
<p><a href="http://www.judeopedia.org/blog/2010/11/28/hanouka-fete-de-linauguration-2/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">Hanouka, fête de l&#8217;Inauguration</a><br />
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		<title>Sur le cumul des mandats</title>
		<link>http://www.hemmelel.fr/blog/2011/12/16/sur-le-cumul-des-mandats/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 22:48:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Louis Levy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>

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		<description><![CDATA[La condamnation de Jacques Chirac donne l&#8217;occasion de republier ce billet, écrit lors du décès de Philippe Seguin.
Je peux témoigner que le principal grief que Philippe Séguin avait contre Jacques Chirac et Alain Juppé, du temps de la première cohabitation, tenait à leurs cumuls de mandats, inconcevables en tous pays démocratiques.
Jacques Chirac, nommé Premier Ministre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La condamnation de Jacques Chirac donne l&#8217;occasion de republier ce billet, écrit lors du décès de Philippe Seguin.</p>
<p><span id="more-716"></span>Je peux <a href="http://www.hemmelel.fr/blog/2010/01/07/pleurons-philippe-seguin/">témoigner</a> que le principal grief que Philippe Séguin avait contre Jacques Chirac et Alain Juppé, du temps de la première cohabitation, tenait à leurs cumuls de mandats, inconcevables en tous pays démocratiques.</p>
<p>Jacques Chirac, nommé Premier Ministre en 1986, était resté Maire de Paris, Alain Juppé, ministre délégué au Budget, était resté Maire-adjoint, chargé des finances. Une des célèbres colères de Philippe Séguin se produisit un jour, en ma présence, lorsque saisi, en tant que Ministre des Affaires Sociales, d&#8217;une plainte d&#8217;un employé de la Ville de Paris contre celle-ci, Philippe Séguin s&#8217;écria furibard  : &#8221; Vous me voyez condamner la Ville de Paris à payer une indemnité à ce brave homme, et être désavoué par le ministère des Finances et Alain Juppé ??? &#8221; </p>
<p>Il était de notoriété publique que ce cumul de mandats servait la future candidature de Jacques Chirac à l&#8217;Elysée, contre François Mitterrand. L&#8217;électorat ne fut pas dupe, et réélut François Mitterrand. Sans doute pouvait-on chicaner Philippe Seguin d&#8217;être resté Maire d&#8217;Epinal, et d&#8217;employer son épouse à son cabinet. Mais il n&#8217;y a aucune commune mesure entre ces péchés véniels et cet énorme scandale qu&#8217;aurait dû dénoncer la France entière, que le Maire de Paris soit aussi Premier Ministre, etaccessoirement Président du RPR  ?!!! Imaginez-vous le Maire de Londres Premier Ministre de Sa Majesté, ou le Maire de New-York Secrétaire d&#8217;État ? </p>
<p>Tous les ennuis judiciaires ultérieurs de Jacques Chirac et d&#8217;Alain Juppé découlent de ce &#8220;péché originel&#8221;. Il n&#8217;est pas indifférent que Philippe Séguin soit finalement devenu Premier Président de la Cour des Comptes, ce rôle de &#8220;redresseur de torts&#8221; lui allait comme un gant. La République en a-t-elle d&#8217;autres de sa carrure ? </p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p><em>La Bible hébraïque présentée, traduite (8 versions) sur <strong><a href="http://www.judeopedia.org/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">JUDÉOPÉDIA</a></strong><br />
et commentée <a href="http://www.judeopedia.org/blog/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview ('/outbound/www.judeopedia.org');">sur son blog</a></em></p>
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