Les douze questions de Napoléon

Quelles questions poser aujourd’hui aux notables musulmans ?

Le 30 mai 1806, l’Empereur ordonna de réunir à Paris une Assemblée de notables, choisis par les préfets parmi « les Juifs les plus distingués de leur circonscription ». Etaient concernés tous les départements de l’Empire, tant ceux de l’Hexagone que les départements allemands du Rhin et ceux du nord de l’Italie. Le nombre des délégués était proportionnel à la population juive du département et les préfets devaient désigner aussi bien des rabbins que des laïcs. Ces derniers devaient, dans la pensée de Napoléon, contrebalancer l’intransigeance des Docteurs de la Loi et par conséquent être choisis de préférence parmi les Juifs « éclairés », ouverts au progrès.

Une commission fut chargée d’étudier et de proposer les réponses à donner au questionnaire qu’avait soumis à l’Assemblée le gouvernement. Parmi les douze questions, certaines traitaient de problèmes de doctrine et de hala’kha (loi juive) : mariage mixte ou prêts à intérêts, obligations religieuses du Juif appelé sous les drapeaux. D’autres concernaient l’attitude que le judaïsme adoptait face à l’État : droits et devoirs civiques, relations entre les Juifs et leurs concitoyens chrétiens. Il était aussi question de l’organisation des communautés, du rôle et du pouvoir des rabbins.

La réponse proposée à chacune des douze questions fut minutieusement élaborée, puis discutée par l’Assemblée plénière qui lui donna sa forme définitive.

Les douze questions et les réponses sont, en anglais, sur le site canadien
http://www.ucalgary.ca/~elsegal/363_Transp/Sanhedrin.html

Le texte original qui suit est extrait de
François DELPECH « Les Juifs en France et dans l’Empire et la genèse du Grand Sanhédrin » in Le Grand Sanhédrin de Napoléon, dir. Bernhardt Blumenkranz et Albert Soboul, Les Belles Lettres, 1979.

Voir aussi : Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme, « Bouquins » Cerf/Robert Laffont, 1996, p. 924.

et Napoléon et la question juive

1. Est-il licite aux Juifs d’épouser plusieurs femmes ?

2. Le divorce est-il permis par la loi juive? Le divorce est-il valable sans qu’il soit prononcé par les tribunaux et en vertu de lois contradictoires à celles du Code français ?

3. Une juive peut-elle se marier avec un chrétien, et chrétienne avec un un juif ? Ou la loi veut-elle que les Juifs ne se marient qu’entre eux ?

4. Aux yeux des Juifs, les Français sont-ils des frères ou sont-ils des étrangers ?

5. Dans l’un et l’autre cas, quels sont les rapports que leur loi avec les Français qui ne sont pas de leur religion ?

6. Les Juifs nés en France et traités par la loi comme citoyens français regardent-ils la France comme leur patrie ? Ont-ils l’obligation de la défendre? Sont-ils obligés d’obéir aux lois et de suivre toutes les dispositions du Code civil?

7. Qui nomme les rabbins ?

8. Quelle juridiction de police exercent les rabbins parmi les Juifs ? Quelle police judiciaire exercent-ils parmi eux ?

9. Ces formes d’élection, cette juridiction de police, sont-elles voulues par leur loi ou seulement consacrées par l’usage ?

10. Est-il des professions que la loi des Juifs leur défende ?

11. La loi des Juifs leur défend-elle de faire l’usure à leurs frères ?

12. Leur défend-elle ou leur permet-elle de faire l’usure aux étrangers ?


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