La Tour et l’Eléphant

Midrach en ligne

Dans le Coran, les sourates sont rangées par longueur décroissante. Les dernières sont fort courtes. La sourate 105 « de l’Eléphant » (Al-Fil) n’a que cinq versets, dont le troisième est ainsi transcrit dans la revue en ligne « Le Champ du Midrash« .
3. Wa’arsala ‘alayhim tayran ababila
L’auteur donne trois traductions distinctes de cette sourate. En voici une quatrième, celle d’André Chouraqui :

Sourate 105.

L’ÉLÉPHANT
AL-FÎL

Au nom d’Allah,
le Matriciant, le Matriciel

1. Ne vois-tu pas comment ton Rabb
a traité les Compagnons des Éléphants ?
2. N’a-t-il pas fait de leur fourberie un fourvoiement ?
3. Il a envoyé contre eux les oiseaux Abâbîls
4. leur jeter des pierres empreintes,
5. qui les a mis en fauches fanées.

Cette traduction est accompagnée de ce commentaire explicatif :

La tradition historico-biographique donne pour contexte (de cette sourate) l’expédition, pour le compte d’un négus éthiopien, d’Abraha, vice-roi du Yémen, contre le Hidjaz en 570/571, l’année de la naissance du Nabi. Les assaillants, nantis d’éléphants, risquaient de détruire la Ka‘bat, mais une armée d’oiseaux lâcha sur eux une pluie de pierres qui les écrasa. Le sanctuaire fut sauvé et l’année fut baptisée l’année de l’Éléphant.

Le mot « ababila » du texte n’est pas traduit et reste « Abâbîls » dans la traduction. Il y a là une allusion à la Tour de Babel, confirmée par la présence de pierres. Voici la traduction, toujours par Chouraqui, du début du chapitre 11 de la Genèse

Tour de Babèl

1. Et c’est toute la terre, une seule lèvre, des paroles unies.
2. Et c’est à leur départ du Levant, ils trouvent une faille en terre de Shin‘ar et y habitent.
3. Ils disent, l’homme à son compagnon: « Offrons, briquetons des briques ! Flambons-les à la flambée ! » La brique est pour eux pierre, le bitume est pour eux argile.
4. Ils disent: « Offrons, bâtissons-nous une ville et une tour, sa tête aux ciels, faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur les faces de toute la terre. »
5. IHVH-Adonaï descend pour voir la ville et la tour qu’avaient bâties les fils du glébeux.
6. IHVH-Adonaï dit: « Voici, un seul peuple, une seule lèvre pour tous ! Cela, ils commencent à le faire. Maintenant rien n’empêchera pour eux tout ce qu’ils préméditeront de faire !
7. Offrons, descendons et mêlons là leur lèvre afin que l’homme n’entende plus la lèvre de son compagnon. »
8. IHVH-Adonaï les disperse de là sur les faces de toute la terre: ils cessent de bâtir la ville.
9. Sur quoi, il crie son nom: Babèl, oui, là, IHVH-Adonaï a mêlé la lèvre de toute la terre, et de là IHVH-Adonaï les a dispersés sur les faces de toute la terre.

Il y a mentions de « compagnon » (ROH, ré’éh) aux versets 3 et 7, qui évoquent les « Compagnons de l’Eléphant » de la sourate. Pour le reste, « la Tour de Babel est naturellement associée aux pierres (celles nécessaires à son édification). Notre sourate fait état d’une inversion: les pierres se retournent contre les révoltés et, du ciel, leur retombent dessus« . Apparemment le mot « pierre » n’apparaît qu’une seule fois dans cette traduction, au verset 3. Mais on repère plusieurs allitérations.
Au verset 3 « Briquetons des briques ! (NLBNH LBNYM Nilevenah levenym). La brique est pour eux pierre (HLBNH LABN, haLevenah leAven) », le bitume est pour eux argile ».
Au verset 5, l’Eternel descend voir la ville et la tour « que construisent les Enfants d’Homme », ASR BNW BNY HADM, « acher banou bené haAdame ».
« Pierre » en hébreu, c’est ABN, Even, AB-BN, « Père-Fils » : la métaphore construction/procréation/éducation, est consubstantielle à l’hébreu biblique.

Genèse 1 :
4. Elohîms voit la lumière: quel bien !
Elohîms sépare la lumière de la ténèbre.
% 5. Elohîms crie à la lumière: « Jour. »
À la ténèbre il avait crié: « Nuit. »
Et c’est un soir et c’est un matin: jour un (YWM AED, Yom E’had)

Pour créer le monde, Dieu extrait la lumière de la ténèbre et les distingue par leur nom (leur date). L’enfant doté d’une feuile de papier, d’un crayon et d’un « jeu de construction » ne crée pas : il rompt le silence de la page blanche bégaye des A, A, A, des « paroles uniques », Debarim A’hadim, DBRYM AEDYM, et empile des cubes identiques. Or LBN, c’est aussi le « blanc ». « Briquetons des briques » (Nilevenah levenym), c’est aussi « blanchissons la blancheur ». Entre LBN, leven, « blanc » et LABN, laEven, « pour pierre », la différence, c’est le A, Aleph, la première lettre de l’ »alphabet ». Répéter des A n’est pas plus parler qu’aligner des lettres n’est écrire ou qu’empiler des cubes n’est bâtir.  »Aleph » n’aurait-il pas donné « Eléphant », par hasard ?

Il y a des éléphants dans le Livre des Macchabées dans la bataille qui s’achève par la mort d’Eleazar, écrasé par un éléphant, au chapitre 1. Macchabées 6, 26-46. Or il y est bien question de tours (traduction de Chouraqui) :

37. De fortes tours de bois surmontent toutes les bêtes, pour les protéger, attachées à elles par des machines.

Il y a aussi des jeux de noir au blanc, de sombre à la clarté:

34. Ils font voir aux éléphants du sang de raisin et de mûres pour les dresser pour la guerre.
39. Quand le soleil brille sur les boucliers d’or et de bronze, les montagnes reluisent d’eux et flambloient comme des torches de feu.

La fin de l’histoire accumule les références à Babel.

43. Èl‘azar Horân voit une des bêtes cuirassée aux mailles du roi, elle est plus haute que toutes les bêtes (MGDL, Migdal, la Tour, c’est la « Grande » (Gadol) et il semble que le roi se trouve dessus (YHWH « descend pour voir la tour »). 44. Il s’offre pour sauver son peuple et se faire un nom en pérennité. (comme les constructeurs de Babel). 45. Il court vers lui héroïquement au milieu de la phalange, il tue à droite et à gauche, ils s’écartent de lui, ici et là. (dispersion) 46. Il se glisse sous l’éléphant, le frappe par en dessous et le tue. Il tombe à terre, sur lui, et il meurt là.

L’autre allitération dans Genèse 11, c’est celle de Chem, SM, Nom, qui se prononce aussi Cham, là, et est dans «  »Chema‘, SMO, écouter, entendre, et Chamaym, Cieux. Quant au Tétragramme, IHVH-Adonaï de Chouraqui, baroukh haChem », béni soit le Nom.

2. Et c’est à leur départ du Levant, ils trouvent une faille en terre de Shin‘ar et habitent là (Cham, SM)
4. Ils disent: « Offrons, bâtissons-nous une ville et une tour, sa tête aux ciels (baChamaym, BSMYM), faisons-nous un nom (Chem, SM) afin de ne pas être dispersés sur les faces de toute la terre. »
7. Offrons, descendons et mêlons là leur lèvre afin que l’homme n’entende (ychméou, YSMOW) plus la lèvre de son compagnon. »
9. Sur quoi, il crie son nom (Chemoh’, SMH): Babèl, oui, là (KY-SM, Ky Cham) IHVH-Adonaï a mêlé la lèvre de toute la terre, et de là (oumicham, WMSM) IHVH-Adonaï les a dispersés sur les faces de toute la terre ».

Ce « négus éthiopien », donc noir, qui se nomme Abraha, sans M, est une pure production de Midrach. De même « 570/571, l’année de la naissance du Nabi« , c’est-à-dire du Prophète, est dite « année de l’Eléphant », parce que c’est l’année Aleph, de l’origine des temps. Nabya, NBYA, Prophète, est, à un yod près (un iota), l’inverse de ABN, « pierre », comme MSH, Moché, Moïse, est l’inverse de haChem, le Nom. 570, c’est exactement cinq siècles après la chute, non de la Tour de Babel, mais du Temple de Jérusalem, en 70 après Jésus-Christ. Or MSH, Moché, assonne avec EMS, ‘hamech, cinq et MSYE, Machiah‘, Messie.

Bref, on a bien tort d’utiliser tant le Livre des Macchabées que les commentaires du Coran comme des sources historiques.

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