La France et la Bible (3)

L’invention de la semaine

L’enfant, en France comme ailleurs, pratique la Bible et la religion sans le savoir, dès qu’il est mis en présence de la date du jour. Or l’école laïque explique malaisément d’où viennent les pratiques du dimanche et de la semaine, du calendrier grégorien et de la datation « après Jésus-Christ ».

La Création du monde, puis le Quatrième commandement : « Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier » fondent la pratique juive du Shabbat. Ainsi scandée par un jour de repos ou de réunion, la semaine permet un repérage commode des six autres jours, numérotés de 1 à 6 en hébreu, et par exemple en portugais. Répandue par la chrétienté, elle est aujourd’hui devenue universelle, ce qui se dit en grec « catholique ». Une lettre apostolique de Jean-Paul II (1998) explique comment le Dimanche, jour de la Résurrection du Christ, c’est à dire de Pâques, dans le Nouveau Testament, a pour références, dans l’Ancien, le « lendemain du Shabbat », le « Premier et Huitième jour de la Création du Monde », le jour de la Circoncision, et le « jour de la Fête des Semaines (Pentecôte) » . De même que le Christ est, dans la foi chrétienne, annoncé par les Prophètes d’Israël, de même le Dimanche n’a de sens que jumelé au Shabbat.

Flavius Josèphe, vers l’an 100, parle du Shabbat, en plusieurs circonstances. L »adoption du Dimanche (« jour du Soleil », « Sunday ») comme jour de repos, est officialisée par un décret de l’empereur Constantin Ier en l’an 321. Et c’est en l’an 525 que Denys le Petit introduit l’usage de compter les années à partir de la naissance de Jésus-Christ, qu’il fixa en l’an 753 de Rome, d’où de nombreuses contestations, qui n’ont pas cessé. Mais mise à part la Révolution Française, personne n’a jamais proposé de porter la semaine à six, huit ou dix jours, ni de décaler le Samedi et le Dimanche.

Les textes pertinents de l’Ancien et du Nouveau Testament peuvent être présentés et commentés devant les élèves, et de la même façon ceux expliquant les rites de Pessah’ et Pâques, Chavouot et Pentecôte, Hanoukah (Dédicace, ou Inauguration du Temple) et Noël ainsi que leurs liens avec les solstices, équinoxes et Pleines lunes. S’il est assez facile de faire considérer les épisodes de l’Ancien Testament comme mythologiques, c’est plus délicat pour les récits évangéliques, compte tenu de la prégnance du calendrier grégorien. Il n’est que de voir les succès des « Da Vinci Code » et autres « Tombeau de Jésus« . Mais l’Église a toujours soigneusement distingué « Histoire sainte » et « Histoire » et n’a jamais fait de la datation de la Nativité et de la Résurrection des articles de foi. Et c’est à l’Université d’expliquer aux maîtres quelles étaient les pratiques calendaires des Égyptiens, des Grecs et des Romains, d’expliquer aussi ce qui est historique (la destruction du Temple de Jérusalem, par exemple), ce qui ne l’est pas, et ce qui fait débat.

A suivre

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