Questions sur les Maccabées

L’historicité des Livres des Maccabées et de leur résumé par Flavius Josèphe pose problème.

Selon leur version la plus courante, les Juifs, soumis à la domination grecque depuis la conquête d’Alexandre, se trouvent confrontés vers 168 à la volonté d’Antiochos IV Épiphane d’helléniser son royaume. Il réprime les coutumes religieuses juives, dont la circoncision, et profane le Temple de Jérusalem. Mattathias donne alors le signal de la révolte, égorge un agent royal, ses cinq fils organisent la résistance et conduisent la Judée à la souveraineté politique et au rétablissement du culte à Jérusalem.

1. Le livre des Macchabées débouche sur la réinauguration du Temple, source de la fête de Hanoukah, dite de la « Dédicace » dans les textes chrétiens. Or le nom de Hanoukah, ENWKH, fête de l’”inauguration” du Temple, est formé sur la racine ENK, qui signifie « inaugurer », « initier ». Ce mot est utilisé pour diverses inaugurations dans le texte biblique, Tabernacle du Désert (Nombres 7, 10 puis 84 et 88), Temple de Salomon (Premier Livre des Rois, 8, 63), Temple d’Ezra (6, 16 et 17), muraille de Néhémie (12, 27). Cette racine est aussi celle du nom du patriarche Hénoch, ENWK, l’Initié, héros d’importants livres « intertestamentaires », les Livres d’Hénoch et le Livre des Jubilés. Sa traduction en grec a donné la célébration des « encénies ».

2. Le nom de Modiin, le village de Mattatias, est proche de celui de « Madian« , où s’enfuit Moïse au début de l’Exode (et de celui de « Médine », où, selon le Coran, s’enfuit Mahomet chassé de La Mecque). De même, l’assassinat perpétré par Mattatias, qui déclenche la révolte, évoque celui perpétré par Pin’has, qui déclenche l’extermination des Madianites par Moïse (Nombres 25, 6-7).

3. Le nom de la dynastie « hasmonéenne », issue des Maccabées, vient d’un hypothétique ancêtre de Mattatias nommé Hasmonaï, ignoré du livre des Maccabées mais connu de Flavius Josèphe. Or la racine de ce nom, SMN, est aussi celle des mots hébreux « Huit », Chemoné, et « Huile », Chemen. Précisément le miracle de la Fiole d’huile qui a brûlé huit jours (ce qui évoque la circoncision au huitième jour) justifie l’allumage des huit lumières du chandelier de ‘Hanoukah. Cette durée de huit jours est celle des deux autres fêtes de pélerinage, Pessa’h et Soukkot, et passe dans l’Église primitive sous le forme des « octaves », de Pâques, de Noël et d’autres fêtes. Quand Luc précise (2, 1) : “Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité »”, il sait que « César Auguste », avant d’être César, s’appelait Octave, et qu’il a donné ce nom d’Auguste au huitième mois !

4. La montée et la descente de Beit ‘Horon, où Juda Maccabée livre bataille (1.Maccabées, 3 :
16. Il arrive à la montée de Beit ‘Horon.
 Iehouda sort à sa rencontre avec un petit nombre d’hommes.
(…) 

24. Il les poursuit dans la descente de Beit ‘Horon jusqu’à la plaine.
)
renvoie à la bataille plus célèbre de Josué 10 où Josué arrête le soleil et la lune
(10 Israël leur infligea une grande défaite près de Gabaon, et les poursuivit par le chemin de la montée de Beit-‘Horon (BYT-EWRN) et les battit jusqu’à Azéka et jusqu’à Makkéda.
11. Et il arriva que comme ils fuyaient devant Israël – ils étaient à la descente de Beit-‘Horon – l’Eternel jeta des cieux de grosses pierres (ABNYM, Evanim) sur eux, jusqu’à Azéka, et ils moururent
),
voisinage qui fait de Beit ‘Horon le symbole de l’aurore et du crépuscule, phases intermédiaires entre le jour et la nuit. Il serait intéressant de savoir ce que les batailles de Beit ‘Horon ont à voir avec le Rouleau de Qumran dit « de la guerre des Fils de Lumière contre les Fils des Ténèbres »…

5. L’épisode spectaculaire de la mort d’Eléazar, écrasé par un éléphant, (1. Maccabées 6, 26 à 46), semble bien être un midrash sur l’épisode de la Tour de Babel (Genèse 11, 1-9) et sur le voisinage du mot “éléphant” avec ALF, Aleph, nom de la première lettre, qui signifie également « mille » :
35. Ils répartissent les bêtes entre les phalanges et placent mille hommes auprès de chaque éléphant, (…)
37. De fortes tours de bois surmontent toutes les bêtes, pour les protéger, attachées à elles par des machines. (…)
39. Quand le soleil brille sur les boucliers d’or et de bronze, les montagnes reluisent d’eux et flambloient comme des torches de feu. (…)
43. Èléazar Horân voit une des bêtes cuirassée aux mailles du roi, elle est plus haute que toutes les bêtes et il semble que le roi se trouve dessus.
44. Il s’offre pour sauver son peuple et se faire un nom en pérennité.
45. Il court vers lui héroïquement au milieu de la phalange, il tue à droite et à gauche, ils s’écartent de lui, ici et là.
46. Il se glisse sous l’éléphant, le frappe par en dessous et le tue. Il tombe à terre, sur lui, et il meurt là.

Ce soupçon, que les livres des Maccabées soient largement midrashiques, les travaux de Bernard Barc (Les arpenteurs du temps. Éditions du Zèbre, Lausanne, 2000) et d’Olivier-Pierre Thébault (Alchimie du Verbe I et II, Éditions OT, 2008-9) l’ont étendu à la Lettre d’Aristée, qui a répandu la légende de la traduction de la Bible des Septante par soixante-dix rabbins produisant miraculeusement le même texte.

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